Le Syndicat Agricole 23 février 2017 à 16h00 | Par Le Syndicat Agricole

Weenat implante ses capteurs à l’international

Créé à Lille il y a trois ans, Weenat, concepteur de solutions agro­nomiques, présente aujourd’hui un réseau de 1 000 capteurs à travers le monde.

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Jérôme Le Roy, cofondateur de Weenat, et Pierre Giquel, ingénieur agronome de l’entreprise. © DR  © DR  © DR

Des capteurs connectés dans les parcelles pour accompagner les agriculteurs dans le suivi et le pilotage de leur itinéraire cultural ; pluviomètres, anémomètres, thermomètres et tensiomètres, tous reliés à une application mobile... C’est que propose l’équipe de Weenat. À la veille du Salon international de l’agriculture (Sia) et du Salon international du machinisme agricole (Sima), l’entreprise régionale a présenté ses derniers outils et organisé une démonstration dans le Pas-de-Calais, le 15 février.

Une multitude d’outils pour « conduire au mieux le parcellaire »
Via un ensemble de solutions complémentaires, Weenat développe des OAD visant à optimiser les cultures végétales. « Notre credo est de fournir aux agriculteurs des informations utiles en temps réel afin de conduire au mieux leur parcellaire », résume Jérôme Le Roy, cofondateur. Les capteurs permettent par exemple de suivre à distance les conditions météorologiques pour ajuster les interventions (conditions de ressuyage, température du sol, gestion des traitements). Les capteurs visent aussi à anticiper les risques liés aux pressions maladies ou aux ravageurs sur les cultures, à calculer les sommes de températures quotidiennement pour définir les stades et ajuster les interventions (apport d’azote, raccourcisseur...), ou encore d’irriguer en fonction des besoins de la plante et des réserves en eau du sol. « Nos outils se sont rendus compatibles avec de nombreux autres outils d’aide à la décision existants élaborés par des instituts techniques et organismes reconnus par la profession, comme Miléos sur pommes de terre », indique le dirigeant. « Chaque agriculteur a des besoins spécifiques selon son exploitation, ses activités et son microterroir, complète Pierre Giquel, ingénieur agronome chez Weenat. Notre objectif est d’assurer des réponses aux problématiques en installant le bon capteur avec la bonne fonction au bon endroit ». Sur le terrain, une équipe commerciale est en charge d’orienter chaque client vers une solution adaptée à ses besoins.

Des Hauts-de-France à la Russie en passant par les Pays-Bas
Après trois années d’existence, le réseau des utilisateurs de Weenat s’étend peu à peu. « Nous enregistrons à ce jour plus de 250 clients et 1 000 capteurs installés, annonce Jérôme Le Roy. Un tiers se situe dans les Hauts-de-France, le reste se répartit entre l’ouest et le centre du pays ». La majorité des outils sont implantés sur des exploitations de type grandes cultures, mais les services techniques reçoivent des demandes de maraîchers, d’agriculteurs bio, d’arboriculteurs, de jardiniers et même d’éleveurs. L’entreprise de 15 salariés, qui possède désormais un bureau à Nantes (44) et réfléchit à l’ouverture d’une nouvelle base, s’est également fait une réputation au-delà des frontières françaises. « Nous avons des marchés avec les Pays-Bas et la Russie, souligne Jérôme Le Roy. Notre ambition est de nous développer à l’international dans les mois à venir. Nous allons recruter trois à cinq nouveaux salariés en 2017 ». Weenat compte poursuivre l’amélioration de ses outils en développant notamment d’autres sources d’information. Les ingénieurs travaillent actuellement à la création d’une caméra embarquée sur les capteurs.

Simon Playoult

À savoir... Un programme de recherche sur la gestion de l’eau en maraîchage

Aux côtés de cinq partenaires régionaux, Weenat est engagé dans le projet SFIM (Smart farming for input mitigation). Il a pour objectif de développer un système de capteurs destinés à fournir des informations sur le besoin en eau des plantes. Ce dispositif sera intégré à un robot déjà existant, utilisé pour le désherbage en maraîchage : Anatis (Carré). Les informations ainsi recueillies seront disponibles sur une plateforme web et offriront au producteur un outil d’aide à la décision en matière d’apports en eau sur ses parcelles. L’utilisation de ce dispositif permettra donc une réduction progressive de l’utilisation de l’eau et, à terme, d’autres intrants dans les cultures maraîchères.
L’objectif du SFIM est donc de mettre au point puis de commercialiser une solution respectant les critères de l’agroécologie tout en diminuant les coûts liés à l’utilisation de l’eau et des intrants pour le producteur.
Financé par le Programme d’investissements d’avenir (PIA) à hauteur de 200 000 € (pour un montant total de 444 000 €), le projet de recherche a démarré il y a tout juste un an avec les entreprises Carré, Bonduelle, Weenat, ainsi que le Pôle légumes région Nord, l’ISA Lille et le CTIFL (centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) pour une durée de 18 mois.

Zoom sur... Alexandre Rivenet, producteur de plants 100 % connectés

À une dizaine de kilomètres de Calais, Alexandre Rivenet est agriculteur à Les Attaques (62), sur une exploitation de 400 hectares. Il y cultive essentiellement des plants de pommes de terre (110 ha), des céréales et des betteraves. Le relief étant très plat, l’eau s’écoule parfois difficilement et la zone littorale est fortement exposée au vent. Par ailleurs, ses parcelles sont éclatées avec des natures de sols très différentes et une météo variable. Alexandre Rivenet est l’un des premiers utilisateurs des capteurs Weenat dans la région. Il entame sa troisième campagne « connectée » cette année.
« La pluviométrie peut aller du simple au double, d’une parcelle à l’autre », a remarqué l’agriculteur. Pour lui, l’enjeu est de pouvoir suivre la météo et l’irrigation de manière très précise, à distance, pour mieux gérer ses ressources et anticiper ses interventions. « Je consulte l’application tous les matins, souligne-t-il. Quand il y a de l’orage et de la pluie, j’en connais l’impact instantanément et cela m’aide à décider des actions à mener sur l’exploitation. Je peux également piloter mon irrigation en ajustant la quantité nécessaire en fonction des besoins de la plante et adapter ma fréquence de passage. » Le cumul de pluviométrie détermine si un second traitement est nécessaire contre le mildiou en prenant en compte la rémanence du produit par exemple. Avec des seuils paramétrables en fonction de la culture en place, de son stade de développement et des conditions pédoclimatiques, des alertes sont reçues pour déclencher l’irrigation.

S. PL

Weenat en chiffres

- 6 types de capteurs adaptables.
- 1 000 capteurs installés en France et dans le monde.
- 15 collaborateurs à Lille et à Nantes.
- 98 % de réabonnement.
- Plus de 10 partenariats avec des instituts techniques, organismes de recherche agricole, laboratoires, groupements de producteurs et agro-industriels.

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