Le Syndicat Agricole 21 juin 2013 à 09h27 | Par Le Syndicat Agricole

Volailles - « Rater son démarrage, c’est rater son lot »

Le démarrage d’un lot de poulet de chair est une étape cruciale, comme l’explique Richard Weatherler de la société Cobb.

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La température du bâtiment doit être homogène pour éviter les écarts de croissance entre les poussins.
La température du bâtiment doit être homogène pour éviter les écarts de croissance entre les poussins. - © Le Syndicat Agricole

Température, eau, alimentation, oxygène, densité, lumière... les paramètres à maîtriser lors des premières semaines de vie du poussin sont très nombreux. Richard Weatherler, de la société Cobb, est intervenu sur la gestion des lots de poussins en élevage de poulets de chair, lors de l’Assemblée générale du groupement de producteurs Aviplus, le 6 juin. « Le but est de faire arriver le poussin au poids le plus élevé possible à 7 jours, afin de permettre un développement correct du squelette, de l’appareil digestif et du système cardiopulmonaire », explique le technicien.
Dans les années 1970, les poulets atteignaient 2 kg en 63 jours ; aujourd’hui, ce poids est atteint en 34 jours. « À cette époque, la 1re semaine de vie du poulet représentait 11 % de sa vie, en 2012, c’est 21 %. » La période de démarrage est d’autant plus critique. « Rater son démarrage, c’est rater son lot », affirme Richard Weatherler.

La température
La température est le premier élément à surveiller : de la température du bâtiment dépend la température interne du poussin. Un poussin de 3-4 jours a une température comprise entre 40 et 41 °C, après 4 jours, entre 41 et 42 °C. « Si durant les premiers jours, la température du bâtiment n’est pas suffisante, le poussin devra utiliser de l’énergie pour compenser, ce qui va ralentir la croissance, notamment de son appareil digestif », explique le technicien. La longueur de l’appareil digestif est déterminante : elle joue sur l’assimilation des aliments par l’animal. Lors de la mise en place du lot, il est donc conseillé d’avoir une température au sol de 30 °C et une température ambiante de 33 °C afin que celle du poussin ne descende pas en dessous de 40 °C. Pour parvenir à une température correcte pour le poussin, il convient, d’après Richard Weatherler, de préchauffer le bâtiment 48 heures avant la mise en place du lot, et ce, quelle que soit la période de l’année. « Il ne faut pas regarder uniquement la capacité du chauffage par rapport au nombre de poussins, mais aussi le volume du bâtiment en m3 », précise le spécialiste. Il conseille de compter 0,05 kW/m3.
Pour lui, rien de tel que l’observation de l’éleveur pour évaluer si la température est la bonne. « Chaque poussin est un capteur, considère-t-il, l’éleveur doit les contrôler individuellement pour vérifier que leur activité est normale, qu’ils boivent, mangent, jouent, crient ou se reposent. » Et d’ajouter : « Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il y a un problème dans le bâtiment ». Pour lui, un signe ne trompe pas : « Si l’agriculteur se sent bien dans le bâtiment, c’est probablement que la température n’est pas encore assez élevée ».

L’eau et la nourriture
Autre paramètre à prendre en compte, l’apport en eau et en nourriture du poussin. Un des conseils de Richard Weatherler est de poser la nourriture sur des bandes de papier, qui doivent recouvrir environ 50 % du sol du bâtiment. « L’aliment et l’eau doivent être proches », ajoute-t-il. Pour lui, un des éléments à vérifier est la présentation du jabot : « 95 % du lot doit avoir un beau jabot, bien rempli dans les 24 h après l’installation du lot ». Il conseille une dose de nourriture de 65 g par poussin.
L’un des aspects importants de la croissance du poussin est le développement de son appareil digestif, très petit à la naissance. « Un poussin correctement nourri connaît un développement de son système digestif de 600 % en 7 jours ! », explique Richard Weatherler Le technicien rappelle l’importante corrélation entre le démarrage et les performances finales.
Concernant l’eau, l’apport conseillé est de 24 g/poussin/jour, soit 1 ml/h. Le débit des pipettes doit être adapté tout au long de la croissance du lot :
- semaine 1 : 40 ml/min ;
- semaine 2 : 50 ml/min ;
- semaine 3 : 60 ml/min ;
- semaine 4 : 70 ml/min ;
- semaine 5 : 90 ml/min.

La lumière
Le programme lumineux peut générer du stress dans le lot. Le technicien de Cobb conseille d’éteindre la lumière 6 h d’un seul bloc.

Virginie Charpenet

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