Structure des sols
Compaction : « Ne pas hésiter à creuser la question »
Le tassement, notamment le tassement du sous-sol, est souvent peu visible et difficile à diagnostiquer.
25 novembre 2011 MDS Vu 1039 fois
L’interprétation d’un profil cultural peut être parfois délicate ou subjective, notamment lorsque les sols sont secs ou trop humides. Cette méthode demande donc un peu d’expérience et reste plutôt réservée à un public d’initiés. - © LE SYNDICAT AGRICOLE
Dans le cadre du projet Interreg IV « Prosensols », une journée technique sur le compactage des sols s’est tenue vendredi dernier en Belgique à Arc-Wattripont près de Tournai. Pierre Mortreux, conseiller de la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais, y a présenté quelques pratiques afin d’évaluer l’état de la structure du sol.
Les méthodes de diagnostic empiriques
Il existe différents moyens pour évaluer simplement et de façon pertinente la structure d’un sol. L’agriculteur doit, dans un premier temps, intégrer l’ensemble des éléments liés à la connaissance du terrain pour établir un diagnostic. « L’historique de la parcelle est une donnée qui doit alerter l’agriculteur sur l’état structurel des sols », indique Pierre Mortreux. En clair, la succession des cultures, les conditions lors des interventions (récolte, charrois, épandages, travail du sol…), la profondeur d’ornières éventuelles, la portance des sols, la présence de flaques persistantes après une pluie, le ressuyage en surface sont autant d’éléments qui doivent être couplés avec l’observation des cultures. « L’observation visuelle apparaît aussi comme un bon indice, souligne-t-il. Elle apporte des informations intéressantes, surtout pour des cultures sensibles au tassement des structures comme le lin et la moutarde. »
Les méthodes de diagnostic objectives
Si l’expérience du cultivateur, l’habitude de travailler ses terres, de voir comment elles réagissent, peuvent lui permettre de déceler des signes probants de tassement, des outils plus « objectifs » (mesures de résistance, drop-test et profil cultural) sont également à sa disposition pour affiner le diagnostic et adapter son intervention.
• Mesurer la résistance à la pénétration :
L’enfoncement d’une tige métallique dans le sol permet d’intégrer davantage le comportement du sol en profondeur, en renseignant sur ses différents horizons de travail, et la présence de semelles. Seul bémol : les résultats sont très dépendants de l’humidité des sols, avec un risque d’interprétations erronées. « C’est toute la difficulté de juger uniquement sur les sensations d’enfoncement de la tige, admet Pierre Mortreux. Cette technique reste néanmoins utile pour comparer des itinéraires différents sur une même parcelle, aux mêmes humidités. » Cela peut aussi être un moyen de repérer la variabilité de comportement du sol au sein d’une même parcelle, pour ensuite décider du positionnement de profils à la bêche. « Cette technique est surtout adaptée pour contrôler la profondeur d’un outil au travail, sans sortir la bêche », précise-t-il.
• Les drop-tests :
Le drop-test repose sur l’observation d’une bêchée, qu’on laisse tomber au sol. Il existe actuellement 2 méthodes fiables, basées sur des principes de scoring (classer les mottes obtenues selon leur taille ou leur porosité, puis attribuer une note), elles s’avèrent moins lourdes et moins destructives que le profil cultural.
• Le profil cultural :
« Si cette technique demeure l’outil de prédilection de nombreux agronomes et chercheurs, explique Pierre Mortreux, elle est lourde en termes de mise en œuvre, destructrice, et demande une grande technicité pour l’interprétation. Cette dernière peut être parfois délicate ou subjective, notamment lorsque les sols sont secs ou trop humides. » Son principe est néanmoins assez simple : creuser une fosse de 50 cm de profondeur, perpendiculairement au sens de travail du sol, pour observer le sol verticalement (horizons de travail du sol) et latéralement (traces de roues, dents…). Les informations révélées par un profil sont très détaillées : texture, humidité, couleur, porosité, structure, racines, évolution des résidus, vie biologique. « Bien souvent, le profil permet de mettre à jour des différences de structure et d’enracinement. Il ne faut pas se contenter de regarder la surface et la végétation, conseille le technicien. Surtout en matière de tassement, il ne faut pas hésiter à creuser la question, afin de mieux appréhender ce qui se passe en dessous. »
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