Dernier recours : les achats extérieurs
Dans tous les cas, les ajouts à l’ensilage et la modification de la ration doivent se faire en douceur. Prévoir un temps d’adaptation de 3 semaines. - © B. Griffoul
Lorsque la somme des différentes actions, proposées dans l’article de la page 14, ne permet pas de couvrir entièrement le déficit. Il est alors nécessaire de se tourner vers des solutions de rattrapage par l’achat de fourrages.
Maïs sur pied
Le maïs sur pied est la solution la moins bouleversante quand on travaille déjà avec du maïs. Or la difficulté est de trouver localement, à un prix raisonnable, en qualité et quantité des surfaces disponibles en période de manque de fourrages.
Pulpes
Les pulpes surpressées (24 à 30 % MS) sont appétissantes et de bonnes valeurs énergétiques. Elles permettent une bonne production laitière. Pour avoir une bonne conservation du produit et éviter les problèmes de qualité du lait (spores butyriques), une attention particulière doit être faite au moment de son ensilage et de la confection du silo. Son utilisation doit être rationnée au maximum à 1,5 kg MS/100 kg de poids vif de l’animal en cas extrême de pénurie de mais. Le plus souvent, les apports recommandés seront de 3 à 4 kg MS/VL/jour.
Les pulpes sèches sont plus facilement stockables que les pulpes surpressées. Elles offrent des qualités nutritionnelles comparables avec une teneur supérieure à 85 % de MS.
Pommes de terre
Les pommes de terre sont disponibles sous différentes formes, l’offre et la qualité seront connues à l’approche de la nouvelle récolte. La pomme de terre est très énergétique, attention donc à rationner ses apports. Crue, la quantité apportée sera limitée au maximum à 2,5 kg brut/100 kg de poids vifs. Sa conservation entière est difficile. Mais en la broyant ou ensilant, sa conservation pourra être plus longue (attention aux jus). Par contre, sous forme de purée ou pulpe, ces déchets de production seront ensilés. En concordant la livraison aux dates d’ensilage de maïs, ces produits peuvent servir de couverture au silo. Attention toutefois à la teneur en matière sèche. Des produits trop liquides seront difficilement stockables. Ses apports doivent être complétés avec des fibres longues. La quantité sera limitée à 20/25 kg brut/VL/jour. Encore plus que pour les autres aliments, il faut assurer une transition (5 kg fin de semaine 1 puis 10 kg en fin de semaine 2 pour atteindre 15 kg au bout de 20 jours) car l’amidon de pomme de terre est vite fermentescible.
Racines d’endives
Les racines d’endives sont un produit également énergétique. Leur incorporation dans la ration sera à associer à des fourrages fibreux pour éviter les acidoses. Les racines doivent être rationnées à un maximum de 25 kg brut/jour/VL distribués en deux fois par jour. L’utilisation doit être progressive avec une transition sur 3 semaines.
Déchets de conserverie
Les déchets de conserverie offrent une bonne valeur énergétique et azotée. Par contre, ceux sont des produits avec une MS faible (20 %). En frais, les apports sont à limiter à 25 kg brut/jour/VL. L’ensilage est possible mais difficile à réaliser contenu de la MS. Sous cette forme, la quantité à apporter est réduite à 20 kg/jour/VL.
Drèches de brasserie
Les drèches de brasserie sont un aliment riche en azote. Leur conservation (20 à 24 % MS) peut se faire en l’état ou en silo (drêches chaudes). L’utilisation permet également de remplacer une partie du correcteur azoté. Ce sous-produit s’utilise le plus souvent entre 6 à 10 kg brut/jour/VL, soit l’équivalent de 1 à 1,5 kg de soja en moins (maximum 12 kg brut/VL).
Corn gluten feed
Déshydraté ou humide, le corn gluten feed est issu des amidonneries. Il est riche en énergie avec des valeurs intéressantes en azote.
Luzerne déshydratée
La luzerne déshydratée peut être apportée soit sous forme de brins longs (type rumiluz) soit sous forme de bouchons. Dans le premier cas, la manipulation et le stockage sont plus délicats.
J-B. D.
Comparer la valeur énergétique, la qualité et le coût des sous-produits
Le plus simple pour comparer deux aliments est de ramener le coût rendu au kg de MS ou à l’UF lorsque les produits ont des valeurs azotées proches. Autrement, une correction sera à effectuer.
Dans un contexte instable et de fluctuation des prix, notamment des céréales, il est difficile au jour d’aujourd’hui de fixer des repères et des parités. Pour autant, si vous envisagez de recourir à l’achat d’un sous-produit, vérifiez bien l’origine, la valeur alimentaire, l’innocuité, la qualité sanitaire de chaque livraison. Des disparités existent pour un même produit, n’hésitez pas à demander un maximum d’information à la commande.
Enfin, pour réduire le temps d’utilisation de ces achats, penser à intégrer dans le prochain assolement des cultures fourragères qui seront disponibles « tôt » en plus des cultures en dérobées. Ainsi, le méteil, semé à l’automne, sera disponible dès la fin juin - début juillet pour permettre de tenir la jonction jusque l’été 2011.
3 semaines pour tout changement de ration
Pour éviter des troubles métaboliques et digestifs :
- respecter bien une période de transition de 3 semaines minimum à chaque changement d’aliments ;
- assurer une fibrosité suffisante notamment en cas d’apports de co-produits ;
- éviter l’association d’aliments vite dégradés (ex : betterave et pomme de terre) ;
- éviter les changements fréquents d’aliments dans la ration, être régulier.
Pièces jointes :
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal Le Syndicat Agricole.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
Le Syndicat Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.




