Préserver la qualité des tubercules
Afin d’éviter les éraflures lors de l’arrachage, la maturité des pommes de terre doit être suffisante. - © S. Leitenberger
La production de toute une saison peut être compromise lors des opérations de récolte. En effet, au moment de l’arrachage et de l’entreposage des pommes de terre, les tubercules peuvent subir des blessures qui deviennent des portes d’entrée pour les micro-organismes causant des pourritures lors du stockage.
Il est facile de diminuer ces problèmes en suivant quelques règles simples au cours des opérations de récolte.
Des tubercules sains au stockage
Dans un premier temps, il est nécessaire de vérifier l’état sanitaire des parcelles pour isoler les zones à risques (fourrières, zones inondées, passages de pulvérisateurs...) et éviter ainsi de stocker des tubercules instables à la conservation.
Les différents types de blessures
Il faut ensuite se prémunir des endommagements mécaniques. On peut classer ces blessures en 3 types.
- Les éraflures : ce sont des détériorations superficielles correspondant à des disparitions partielles de la peau.
- Les fractures : elles correspondent à des fissures, des éclatements ou des écrasements internes. Ces blessures constituent souvent des voies de pénétration des pathogènes responsables de pourritures en conservation. La sensibilité des tubercules aux fractures dépend principalement de la variété (Bintje est peu sensible, Franceline moyennement sensible alors que Charlotte est plutôt sensible*).
- Le noircissement interne ou « coups bleus » : il est caractérisé par des tâches gris-bleu juste sous la peau qui apparaissent 1 à 3 jours après la lésion. La sensibilité des tubercules à ce type d’endommagement est liée à la teneur en matière sèche (plus elle est élevée, plus les tubercules sont sensibles).
Des causes de blessures multiples
Plusieurs facteurs peuvent influencer l’apparition de blessures à la récolte. Les principaux sont le type de sol, le degré de turgescence des tubercules, la température, la maturité du tubercule et la conduite de la récolte :
- Dans les sols argileux, il est plus difficile d’éliminer les mottes qui, en circulation sur l’arracheuse, peuvent blesser les tubercules.
- Un tubercule gorgé d’eau éclate facilement suite à un choc. Par contre, il est plus résistant au noircissement interne. L’inverse se produit pour un tubercule déshydraté.
- D’une façon générale, à basse température, le tubercule est plus sensible aux blessures mécaniques. Il faut éviter des températures inférieures à 6 °C. Les températures trop élevées (supérieures à 25 °C) sont également à éviter lors de l’arrachage.
- Le manque de maturité des tubercules et le matériel d’arrachage mal préparé sont aussi deux causes essentielles dans l’apparition de blessures.
Quelles précautions prendre pour éviter d’endommager les tubercules à la récolte
Afin d’éviter les éraflures, la maturité des tubercules doit être suffisante. En effet, pour que l’épiderme durcisse, il est nécessaire de respecter un délai de 3 semaines entre le défanage et l’arrachage. Vous pouvez vérifier si l’adhérence de la peau au tubercule est suffisante en plaçant quelques pommes de terre dans un filet que vous remuez.
Contre les autres types de blessures (fissures ou noircissements internes), tous les dispositifs cherchant à limiter les impacts sont à privilégier tout au long du circuit de récolte :
- Réviser le matériel : en plus de s’assurer de la propreté du matériel et de son bon fonctionnement, il faut vérifier que les parties métalliques qui viennent en contact avec les tubercules soient bien recouvertes de caoutchouc,
- Ajuster les réglages selon les conditions : la vitesse de rotation des chaînes doit être cohérente par rapport à la vitesse d’avancement,
- Régler les hauteurs de chute : elles ne doivent pas dépasser 25 cm et équiper les remorques d’amortisseurs de chute.
Le séchage des tubercules
Il est important de démarrer la période de séchage et de cicatrisation dès la rentrée des premières bennes. Il faut donc être en mesure de ventiler dès le début de la récolte une partie des bâtiments en fermant les caillebotis. Plus d’informations concernant la mise en conservation dans le prochain article à paraître.
Céline Olivier
Conseillère Pomme de Terre
Chambre d’Agriculture
de Région Nord-Pas de Calais
Comité technique
pommes de terre
* Source Arvalis.
Zoom sur... Le Broyeur de fanes
Pour faciliter la récolte de certaines variétés à forte végétation comme Markies, il peut être intéressant d’équiper le tracteur d’un broyeur de fanes à l’avant afin de garder une vitesse de travail optimale, même dans les parcelles très encombrées. De plus, en cas d’implantation de céréales après la pomme de terre, les fanes n’occasionnent plus de gêne lors du semis.
Les nouvelles générations de broyeurs permettent une meilleure coupe des fanes et un entretien plus aisé.
Il existe deux types de broyeurs : les premiers redéposent les fanes coupées entre les buttes, tandis que les deuxièmes évacuent les fanes par un tapis, ce sont les plus performants.
L’investissement pour un broyeur deux rangs est compris entre 7 000 € et 9 500 €, selon les modèles et les équipements.
Il faut également noter qu’un tel équipement nécessite une puissante supplémentaire de 15 à 20 ch, soit une augmentation de 15 à 20 % de la consommation de fioul pour un tracteur de 110 ch. Il est donc préférable de relever le broyeur lors de l’arrachage de parcelles qui ne requièrent pas son utilisation.
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