Concilier qualité et productivité
Les orges de printemps sont principalement cultivées pour satisfaire le débouché brassicole. Il est recommandé de cultiver les variétés pour lesquelles les organismes stockeurs ont un marché. - © DR
Les orges de printemps sont principalement cultivées pour satisfaire le débouché brassicole. Le choix variétal est imposé par les malteries, et donc orienté fortement par les organismes stockeurs locaux. Il est recommandé de cultiver les variétés pour lesquelles ces organismes ont un marché.
Pour être valorisées en brasserie, les orges de printemps doivent répondre à des critères de qualité stricts nécessaires aux process industriels de transformation : un calibrage sur tamis supérieur à 2,5 mm et une teneur en protéines comprise entre 9 et 11,5 %. Le non respect de ces critères entraîne le déclassement de l’orge en mouture, avec un différentiel de prix souvent important.
À ces caractéristiques technologiques, indispensables pour une bonne valorisation, s’ajoutent les critères de productivité et de résistance aux maladies.
Une liste de variétés des malteurs de France est éditée chaque année. On y retrouve pour la récolte 2012 les variétés brassicoles confirmées dites « variétés préférées ». Ce sont des variétés bien adaptées à la plupart des cahiers des charges des différents brasseurs.
Sebastian, la variété de référence
Cette orge domine le marché depuis quelques années, mais est en retrait depuis 2 ans. Élaborant son rendement sur un grand nombre d’épis et une taille de grain modeste, cette variété a souffert durant 2 années de la sécheresse du printemps de 2010 et 2011. Ses teneurs en protéines sont faibles, ses calibrages corrects bien que n’étant pas des plus élevés. Sebastian est moyennement sensible à la verse et assez sensible aux maladies foliaires.
Prestige, la plus ancienne variété préférée
Il s’agit d’une variété précoce dont le potentiel de rendement est en retrait depuis quelques années. À la différence de Sebastian, son potentiel de rendement est réalisé avec un nombre d’épis/m2 réduit et un gros PMG. Ses teneurs en protéines sont parfois élevées, à mettre en relation avec son rendement plus modéré. Ses calibrages sont bons. Cette variété ne présente pas de défauts agronomiques marqués, que ce soit en termes de tenue de tige ou de sensibilité aux maladies.
Henley, un profil adapté aux sols superficiels
Variété précoce à assez gros grains, elle présente un profil adapté aux sols superficiels, avec un rendement proche de la moyenne. Ses calibrages sont élevés et ses teneurs en protéines correctes. Sa tenue de tige est moyenne. Cette variété est assez sensible aux maladies foliaires, essentiellement à la rouille naine et à la rhynchosporiose.
Beatrix, la plus productive en moyenne sur 4 ans
Cette variété, plus récente, affiche de très bons rendements sur 2011 et apparaît comme l’orge de printemps la plus productive en moyenne sur 4 ans. Elle présente un peuplement épis assez élevé et peut, de ce fait, être pénalisée sur son calibrage dans des situations difficiles de remplissage. Ses teneurs en protéines sont assez faibles également. Sa tenue de tige est moyenne. Cette variété est assez sensible à l’oïdium et la rhynchosporiose, mais présente un bon niveau de résistance à la rouille naine et l’helminthosporiose, ce qui n’est pas négligeable dans notre région.
Concerto, la petite nouvelle
C’est une nouveauté inscrite cette année dans la liste des variétés préférées des malteurs de France. Elle est pressentie en remplacement de Pewter, variété toujours inscrite sur la liste des malteurs de France, mais en déclin ces dernières années. Sa productivité est proche de Sebastian et elle affiche une bonne régularité depuis 4 ans. Ses calibrages la placent en tête et ses teneurs en protéines sont correctes. Elle présente cependant un gros défaut de tenue de tige, et donc de verse. Concernant les maladies, elle est peu sensible à l’helminthosporiose et à la rouille naine, mais assez sensible à la rhynchosporiose.
Si le choix variétal est fortement dépendant de l’organisme stockeur afin de respecter les critères de qualité pour les malteurs, il n’en demeure pas moins que chaque variété dispose d’un profil type que l’agriculteur devra prendre en compte dans l’itinéraire cultural. L’orge de printemps doit être semée tôt pour assurer une bonne productivité. Une protection bien adaptée contre la verse et les maladies permettront ensuite d’assurer sa rentabilité.
Isabelle JEAN, Conseillère en productions végétales
Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais
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