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Maïs

Semer tôt : la stratégie gagnante

La mise en place de la culture est essentielle pour le rendement et la qualité du fourrage récolté.

02 avril 2009 Arvalis Institut du végétal Vu 1851 fois
Pour assurer rendement et qualité, il faut semer tôt, dès la seconde quinzaine du mois d’avril, 
dès que les conditions de sol le permettent.

Pour assurer rendement et qualité, il faut semer tôt, dès la seconde quinzaine du mois d’avril, dès que les conditions de sol le permettent. - © Le Syndicat Agricole

Les différentes opérations de travail du sol ont pour objectif de créer une structure favorable à l’enracinement et à la levée. Un bon enracinement permettra une meilleure valorisation des éléments fertilisants et de l’eau. Cette année, les sols à la sortie de l’hiver sont en bon état. Attention à ne pas gâcher le bénéfice de l’hiver par des interventions inutiles ou mal placées !
Il est indispensable d’intervenir sur des sols ressuyés avec un minimum de passages d’outils. Le but est d’obtenir une terre ameublie en profondeur, rassise sans être trop tassée, et suffisamment affinée en surface. Les préparations creuses et soufflées doivent impérativement être proscrites. Il ne faut pas créer de rupture de compacité du sol.
Choisir une ou deux variétés confirmées et de précocité adaptée qui ont fait régulièrement leurs preuves est une sécurité pour le maïsiculteur. Cependant, le progrès génétique est tel (+ 1 % par an en rendement) qu’il est judicieux de tester sur de petites surfaces 2 à 3 variétés prometteuses.


Semer tôt…
Semer tôt est souvent la stratégie gagnante pour plus de rendement et une qualité maîtrisée. Selon les zones géographiques de notre région, le type de sol et l’exposition de la parcelle, il faut être prêt entre le 10 avril et le 20 avril.
En zone grain, on peut semer dès le 10-15 avril. Il vaut mieux attendre quelques jours en zone fourrage. Cependant, la date de semis ne se décide pas que sur le calendrier. Ce sont les conditions agronomiques qui comptent plus qu’une question de date. Si les conditions ne sont pas réunies, il ne faut pas hésiter à différer le semis de quelques jours. Avant le 10 mai, il n’y a pas d’urgence à semer…

…mais pas trop
Mais il ne faut pas semer trop tôt. Semer trop tôt augmente les risques de levée lente, de pertes de
pieds et de démarrage difficile en végétation. Le maïs n’aime pas les à-coups climatiques du début de printemps et préfère pousser de manière régulière quand les conditions sont plus favorables. Le risque d’un semis trop précoce, c’est aussi le gel. Jusqu’au stade 5 feuilles, le risque existe, mais il est limité du fait que le bourgeon terminal est sous la surface du sol, et donc protégé. À partir de 6 feuilles, si la gelée atteint le cœur du pied, l’apex est détruit et la plante meurt.

La fumure starter, un coup de pouce pour les semis précoce
La fumure starter est souvent utile, car elle apporte un supplément de vigueur au départ de la culture, surtout dans les sols à réchauffement lent. L’objectif est de mettre à proximité des jeunes racines l’azote et surtout le phosphore nécessaires à la plantule pour un démarrage rapide.
Les granulés solides appliqués à 120-150 kg/ha ne doivent pas être positionnés trop près de la graine (risque d’intoxication ammoniacale) ni trop loin. La solution idéale est d’enfouir l’engrais à 3-5 cm du rang de semis et à 5 cm au-dessous de la semence. La distribution de l’engrais doit être régulière pour éviter les levées hétérogènes (ex : effet de vague sur le rang).
Il existe aujourd’hui des micro-granulés starter, appliqués dans la raie de semis à la dose de 15 à 20 kg avec le micro-granulateur insecticide. Efficacité au mieux égale à 120 kg/ha de 18-46.

Protéger la graine et la jeune plantule pour préserver le potentiel
Depuis début décembre 2008, la situation a changé. Plusieurs solutions insecticides sont aujourd’hui disponibles pour protéger la graine et la jeune plante.
- L’autorisation du Cruiser (traitement de semences, thiametoxam, Syngenta) a été renouvelée. Avec des restrictions d’emploi dont semis avant le 15 mai, densité maximale de semis 110 000 graines/ha. Voir la liste des restrictions auprès de Syngenta (www.syngenta-agro.fr). Il y a obligation d’équiper le semoir de déflecteur : voir l’encadré ci-dessous.
- Le Force 1,5 g (téfluthrine 1,5 %, Syngenta) a reçu une autorisation de mise sur le marché. Homologué à la dose de 12,2 kg/ha. Application avec un diffuseur pour répartition des micro-granulés dans l’épaisseur de la raie de semis. Application limitée à une année sur trois.
- Le Belem (cyperméthrine 0,8 %, Certis) vient d’obtenir une dérogation contre taupins. 12 kg/ha. Micro-granulés appliqués dans la raie de semis avec diffuseur pour répartir le produit dans l’épaisseur de la raie de semis. Contact : www.certiseurope.fr
- Nouveau : Oncol® S (contenant 8,6 % de benfuracarbe) a reçu le 20 mars une dérogation d’utilisation pour les prochains semis de maïs contre taupins et scutigerelle. 7 kg/ha. Cette dérogation est accordée suivant l’article R253-50 du code rural et conduit à une autorisation de mise sur le marché de Oncol® S et à une utilisation pour une durée de 120 jours (soit jusqu’au 20 juillet 2009). Avant toute utilisation, lire l’étiquette.

 

Ceux qui utiliseront Cruiser doivent s’équiper d’un déflecteur


Cette année, les semis de maïs protégé Cruiser nécessitent l’équipement du semoir avec un déflecteur. Conformément à l’article 10 de l’arrêté du 13 janvier 2009 publié au JO du 5 mars, l’utilisation de semences de maïs traitées avec un insecticide « est subordonnée à l’utilisation d’un déflecteur à la sortie de la tuyère du semoir ».
L’installation d’un déflecteur a pour objectif d’orienter l’air de la sortie de la turbine vers le sol. En respectant ce principe, le dispositif n’altère pas la précision du semis. Les agriculteurs qui sèmeront du maïs protégé Cruiser devront respecter cette réglementation dès les prochains semis. Il ne reste donc plus que quelques jours pour équiper les semoirs à maïs.
Pour ce faire, différentes solutions sont envisageables :
- Se procurer le matériel nécessaire auprès du fabricant ou du concessionnaire du semoir. À ce jour, les principales marques présentes sur le marché français proposent des solutions adaptées à leurs modèles et à la réglementation française.
- Se procurer le matériel nécessaire auprès d’un tiers (distributeurs agricoles…). Attention : le déflecteur doit être adapté au modèle de semoir.
- Mettre en place soi-même les adaptations nécessaires. Syngenta propose des plans de déflecteur adaptés à la majorité des modèles de semoirs présents en France.

 

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