Reliquat azoté : pourquoi, comment, quand les faire ?
Les prélèvements céréales et betteraves peuvent être effectués de fin janvier à mi-février février. Pour le maïs et la pomme de terre, on sera plutôt sur un créneau allant de la mi-février à la mi-mars. - © le syndicat agricole
L’azote contenu dans le sol à la sortie de l’hiver provient de la minéralisation automnale (minéralisation des résidus de culture, des éventuels apports organiques et de l’humus du sol).
Pourquoi réaliser un prélèvement de terre ?
De toutes les fournitures du sol qui vont contribuer à l’alimentation azotée des cultures, la valeur du reliquat azoté est la seule fourniture mesurable par analyse.
Estimer sa valeur n’est pas chose facile, puisqu’elle peut varier de 20 à 150 kg/ha en fonction du climat et du contexte parcellaire (nature de la culture précédente, nature et fréquence des apports organiques, caractéristiques du sol).
Seule une mesure d’analyse à la parcelle permet donc de quantifier avec précision le niveau d’azote disponible.
Pour autant, il n’est pas nécessaire de passer en revue toutes les parcelles de l’exploitation… 4 à 5 analyses judicieusement effectuées (choix des parcelles en fonction de la culture précédente, croisé avec d’éventuels apports organiques) suffisent la plupart du temps à avoir un très bon aperçu de la situation.
Comment procéder ?
Le reliquat d’azote minéral correspond à la quantité d’azote sous forme ammoniacale et nitrique, c’est-à-dire utilisable par les plantes, présente dans les sols. On le mesure sur la profondeur d’enracinement des cultures :
- 3 horizons (tranches de sol) de 30 cm pour céréales, betterave sucrière, chicorée, endive ;
- 2 horizons de 30 cm pour maïs et lin ;
- 1 horizon de 45 cm pour pomme de terre, oignon, haricot et diverses cultures légumières.
Le coût d’un horizon est de l’ordre de 10 €.
En cas de prélèvement par Quad, il faut rajouter environ 25 € par parcelle.
À noter que lorsque le prélèvement est réalisé par un prestataire de service, il est important de signaler lors de la prise de commande le passage de canalisation enterrée dans la parcelle (eau, gaz, électricité, air liquide…)
Quelques consignes simples sont à respecter pour que la mesure soit fiable
- L’échantillon de sol doit être constitué d’au moins 8 prises (12 prises en cas d’apport organique).
- La répartition géographique des prises peut être aléatoire (prélèvement en croix ou en diagonale dans la parcelle), ou plus localisée (prélèvement en périphérie d’un cercle de 15 m de rayon dans une zone représentative et homogène de la parcelle).
- Lors du prélèvement, veillez à éviter les retombées de terre vers le fond du trou (avant chaque prise, bien tasser la zone du prélèvement avec les pieds).
- L’idéal est de disposer d’un seau propre pour chaque horizon (tranche de 30 cm de sol). On veillera à bien mélanger la terre contenue dans les seaux avant le transfert dans les sachets.
- Sitôt prélevé, sitôt congelé !
- Ne jamais faire de reliquat si un apport d’azote minéral a déjà été réalisé sur la parcelle (premier apport d’azote sur blé), ou si un apport d’azote organique a été effectué moins de 6 semaines avant le prélèvement. En cas d’apport organique à la sortie de l’hiver, il est toujours préférable d’effectuer le reliquat avant l’apport.
Quand prélever ?
La date de réalisation du reliquat est un compromis à trouver entre le risque de lessivage lié à un prélèvement trop précoce et le risque de confusion avec une minéralisation déjà enclenchée en cas de prélèvement tardif.
En pratique, les prélèvements céréales et betteraves peuvent être effectués de fin janvier au 15 février. Pour les cultures comme le maïs et surtout la pomme de terre, on sera plutôt sur un créneau allant de la mi-février à la mi-mars.
Du reliquat au conseil de fertilisation
Le conseil de fertilisation va se bâtir autour du reliquat à partir d’informations agronomiques et climatiques permettant d’estimer l’ensemble des fournitures d’azote du sol.
À noter que l’interprétation délivrée par le laboratoire peut servir à construire votre plan prévisionnel de fertilisation azotée dont la réalisation est obligatoire au titre de la directive nitrate et de la conditionnalité PAC.
La dose d’apport d’azote calculée par la méthode dite du « bilan azoté » vient en complément des fournitures du sol pour atteindre le niveau de besoin de la culture.
La précision du calcul dépend à la fois du soin apporté au remplissage de la fiche de renseignements jointe à l’échantillon de terre, et de la qualité du prélèvement du reliquat.
À vos tarières !
S. Bueche, P. Mortreux - Chambre d’Agriculture du Nord-Pas de Calais
Vos réactions
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est-ce que vous pouvez m'expliquer comment faire le bilan azoté? merci.
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