Savoir bien manipuler ses ovins
Un parc de contention bien conçu interdit aux moutons de voir sur les côtés, de faire demi-tour, et surtout de reculer. - © S. Leitenberger
Depuis plusieurs années, les éleveurs ovins spécialisés augmentent significativement leurs effectifs pour se moderniser et maintenir leur revenu. Il en résulte une meilleure productivité du travail, avec pour conséquence des risques sur la santé. En effet, des études de la Mutualité Sociale Agricole prouvent une fréquence élevée de blessures au niveau des mains et des genoux lors de l’attrapage des animaux, et des douleurs lombaires en raison des nombreux gestes liés au suivi des animaux (parage, déparasitage, tonte, échographies...). Aujourd’hui, beaucoup d’éleveurs ont pour priorité de réduire la pénibilité de toutes ces tâches répétitives.
Savoir approcher ses animaux
Au préalable, le plus important est d’avoir une relation de confiance avec ses animaux. Le mouton est un animal craintif ; quand on l’approche, il faut anticiper sa réaction de fuite. Les ovins sont d’autant plus faciles à manipuler quand ils n’ont pas peur de l’homme. L’idéal est de les habituer au contact en les nourrissant ou en les paillant.
Lorsque vous voulez intervenir sur un animal du troupeau, vous avez intérêt à vous signaler par un petit sifflement afin de limiter l’affolement et les moments de panique. Les animaux vous reconnaissent à la voix et leurs réactions sont moins brusques.
Finalement, un bon éleveur réussit naturellement à domestiquer son troupeau, il reconnaît ses brebis et surtout il est reconnu par elles.
Apprendre à manipuler correctement
Les équipements spécifiques de contention sont importants (cage de retournement, parc de contention...) et vous soulagent lors des interventions groupées (déparasitage, parage, prophylaxies). Cependant, il est fréquent de saisir un animal dans un lot. Dans ce cas, il convient de saisir la brebis au jarret, le dos doit rester droit et les jambes en flexion.
Asseoir une brebis est un geste répété des dizaines de fois et qui se révèle épuisant dans sa répétition. Le plus important est d’éviter le soulèvement de la brebis pour limiter les douleurs dorsales.
Le chien de troupeau : une aide précieuse
Grâce à son agilité et à sa vitesse d’exécution, le chien de troupeau est important pour gagner du temps dans les prairies. Il garantit plus de sécurité et de calme dans le troupeau. Pour faciliter les interventions, le couple chien-maître doit travailler en harmonie. Il est préférable d’acheter un chiot dont on connaît l’aptitude au travail des parents. Il faut pratiquement trois ans pour obtenir un chien autonome, qui réponde efficacement aux besoins quotidiens de l’élevage. Dans notre région, les races les plus courantes sont le Border Collie, le Beauceron (Bas-rouge) ou le Berger Picard...
Dresser un chien pour travailler sur une troupe de moutons commence par un apprentissage du maître à l’éducation de son chien. Cette phase débute de l’arrivée du chiot jusqu’à l’âge de 1 à 2 ans. Le maître doit être autoritaire sans être brutal. Le chien se sociabilise lorsqu’on l’emmène avec soi n’importe où ; il doit surtout apprendre le rappel.
Le dressage est la période où le chien apprend son futur travail. Cette phase peut durer 2 ou 3 ans selon la précocité du chien.
Un bon chien constitue une aide précieuse pour trier dans un parc, faire monter les moutons dans un camion, ou contenir un troupeau quand vous déplacez une clôture électrique.
Pour mettre en place un bon dressage, derrière l’éducation, des formations et des initiations sont prévues dans certains centres de formations de la région. À ce sujet, vous pouvez consulter le site internet du Vivéa.
Le parc de tri
pour se faciliter la vie
Pour constituer des lots pour la lutte, pour les soins vétérinaires, les poses d’éponges et toutes les interventions possibles, le parc de contention est un outil indispensable. Pour être efficace, le parc fixe doit être installé dans un endroit accessible à tout moment, et de préférence couvert. Pour fonctionner correctement, les animaux doivent avancer de leur plein gré en utilisant le réflexe du mouton de Panurge : chaque brebis attirant la suivante. Dès qu’un animal malade est observé, l’ensemble du lot doit passer dans le parc pour éviter les stress inutiles ; il faut ensuite le séparer calmement. Un parc bien conçu interdit aux moutons de voir sur les côtés, de faire demi-tour, et surtout de reculer avec des anti-reculs bien positionnés.
Autour du parc, il convient de se ménager un espace de travail où les animaux ne passent jamais pour disposer le matériel de soins et les produits vétérinaires, mais également les documents d’enregistrement. L’objectif est de travailler en toute sécurité et dans la propreté.
Des plans de parc de contention sont disponibles auprès du Service bâtiment de la Chambre d’agriculture Nord-Pas de Calais et vous permettront de mieux concevoir votre système de contention.
Philippe Gabelle, Conseiller Chambre d’Agriculture du Nord-Pas de calais
Pour le confort des animaux et de l’éleveur, plusieurs moyens de prévention doivent être pris en considération. Pour trouver des astuces et améliorer l’ergonomie du poste de travail, une session de formation animée par la Mutualité Sociale Agricole et la Chambre d’agriculture du Nord-Pas de Calais aura lieu au Lycée agricole de Radinghem en fin d’année. Son programme sera consultable sur le site www.vivea.fr cet automne.
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
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