La pulpe surpressée : un fourrage d’appoint intéressant
Pour réussir son ensilage et avoir une bonne valeur alimentaire, il faut utiliser de la pulpe à plus de 20 % de MS. - © J.M. Guernion, Réussir
Face à la pénurie fourragère, un certain nombre d’éleveurs vont devoir acheter des fourrages complémentaires. Le premier réflexe était d’acheter du maïs sur pied mais aujourd’hui, reste la pulpe de betterave surpressée qui est un excellent aliment pour la production de lait.
La pulpe surpressée contient environ 22 % de matière sèche, mais cette quantité peut être supérieure. La composition de cette matière sèche est de 20 % de cellulose, et entre 7 et 14 % de matières minérales. Ces teneurs influent sur la valeur alimentaire et sur la conservation en ensilage. La pulpe de betteraves surpressée est un aliment riche en énergie, qui dépend étroitement de sa teneur en matières minérales.
Un fourrage très appétent
Les pulpes de betteraves sont pauvres en phosphore et riches en calcium. Cependant, la digestibilité du calcium des pulpes est faible, mais la teneur en calcium absorbable des pulpes est le triple de celle de l’ensilage de maïs. Les pulpes sont dépourvues de carotène et vitamines A.
La pulpe de betterave est très appétente. Il est conseillé de limiter l’ingestion à 1,2 kg de MS par 100 kg de poids vif, soit environ 7 à 8 kg de MS par vache. La pulpe de betterave s’associe bien à l’ensilage de maïs. Elle n’apporte pas d’amidon, mais de la cellulose digestible qui se dégrade lentement dans le rumen.
La pulpe de betterave assure une bonne persistance de la production laitière. Dans différents essais réalisés avec de la pulpe de betteraves surpressée rationnée à raison de 6 kg de MS/VL/jour, avec du maïs ensilage pauvre ou riche en MS distribué à volonté, la production laitière (+ 2,8 kg/VL), ainsi que le taux protéique (+ 2,0 gr/kg), ont été améliorés de façon significative, alors que le taux butyreux est diminué (- 1,4 gr/kg) en raison de la faible teneur en matières grasses de la pulpe.
Moins de 7 kg de MS par jour
Lorsque les quantités de pulpe distribuées sont faibles, les performances zootechniques sont peu modifiées. Par contre, au-delà de 7 kg de MS, la production laitière est pénalisée et des risques sur l’état sanitaire des animaux existent. Il est conseillé de laisser des fibres longues à disposition des animaux (1 à 1,5 kg/jour de foin ou de paille).
Il est recommandé parfois de donner en plus du bicarbonate de soude (160 à 200 gr/j/VL). Une ration avec 6 à 7 kg de pulpes surpressées avec de l’ensilage de maïs à volonté et complétée par 5 kg de tourteau de colza normal, 1 kg de tourteau de colza tanné et 120 gr de CMV 0-27 permet de couvrir 32 kg de lait.
Beaucoup de situations sont possibles ; aussi, pour définir la ration et sa complémentation, nous vous conseillons de vous rapprocher de votre conseiller pour établir une ration adaptée à votre élevage.
B. Houssin, Chambres d’Agriculture de la Manche
Zoom sur... Six règles pour réussir l’ensilage
1 - Utiliser de la pulpe à plus de 20 % de MS.
2 - Ensiler tant que la pulpe est chaude : bien organiser le chantier. Être livré le plus rapidement possible après le surpressage (< 8 heures). Disposer de pulpe chaude (45 à 50 °C) et d’un pH > 4,5. Le chantier doit être terminé (silo fermé) moins de 24 heures après le pressage de la pulpe.
3 - Nettoyer les silos et abords avant d’ensiler. Prévoir un lieu de réception de la pulpe, bétonné, propre, et assez grand. Utiliser des matériels propres et exempts de terre.
4 - Les dimensions du silo doivent être compatibles avec un avancement suffisant du front d’attaque (10 à 15 cm en hiver, 20 cm en été). Au-delà de 8 m de large et 2 m de haut, le refroidissement sera ralenti et la conservation moins bonne.
5 - Tasser et rendre étanche. Placer une bâche neuve de chaque côté du silo. Étaler la pulpe par couches de 20 à 30 cm et tasser pour chasser l’air et empêcher son renouvellement. Tasser d’autant plus que le taux de MS est élevé. Égaliser la partie supérieure du silo. Recouvrir le haut du silo avec les 2 premières bâches superposées + une 3e bâche pour recouvrir le tout. Charger la bâche avec des boudins remplis de sable, terre ou graviers. On peut mettre du sel (3 kg/m2) ou de l’acide propionique (4 à 5 l dilués à 50 % par m2) ; bien mélanger aux couches supérieures.
6 - Soigner le front d’attaque. Assurer une coupe nette, un avancement rapide et uniforme sur toute la largeur de 20 cm/j. Bien charger le front du silo pour limiter les entrées d’air. Éviter d’ébranler le silo au moment du désilage pour éviter les fissurations.
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