Le problème de la mammite est difficile à cerner car il s’agit d’une maladie causée par plusieurs facteurs, que la simple utilisation d’antibiotiques ne peut résoudre.
L’utilisation d’antibiotiques n’a pas fait diminuer le taux de mammites depuis qu’elle est pratiquée. Les problèmes de résistance ou carrément d’inefficacité sont par ailleurs réels dans les cas de mammites provoquées par les coliformes et les staphylocoques dorés. Le problème de la mammite est difficile à cerner car il s’agit d’une maladie causée par plusieurs facteurs. Les micro-organismes sont responsables de l’infection, mais pour qu’ils entrent dans les glandes mammaires et qu’ils s’établissent au point de provoquer une infection, de nombreux facteurs peuvent intervenir et agissent en même temps : hygiène, stabulation, climat, machine à traire, alimentation, génétique... Le contrôle de la mammite doit donc passer par une bonne compréhension de tous ces facteurs.
Hygiène au couchage
Au Gaec de Fréfosse, au Tilleul (Seine-Maritime), les cellules et les mammites restent un problème. S’il y a très peu de mammites au vêlage, cela se complique en milieu de lactation, entre novembre et mars, où 60 % des vaches sont atteintes. Dans cet élevage, la réflexion a été menée et le problème a été mis en évidence. Le rachat et l’attribution de quotas ont entraîné une augmentation du troupeau, qui provoque aujourd’hui un manque de place utile évident : avec 1 m2 pour 1 000 litres, l’aire paillée ne suffit plus. Avec l’augmentation de la production de lait d’environ 5 % par an, les bâtiments n’arrivent plus à suivre. L’agrandissement programmé de la stabulation devrait diminuer un taux de cellules trop élevé aujourd’hui.
Sur la partie lactation, la grosse difficulté est la diversité des facteurs de risque : environnementaux, génétique, traite et machine à traire, et plus rarement alimentaires. L’objectif est d’avoir un annuel inférieur à 30 % de mammites par vaches présentes.
L’hygiène au couchage est une des bases essentielles pour lutter contre les mammites. Une étude met en évidence l’intérêt des logettes par rapport à l’aire paillée. Il semble difficile de justifier les problèmes en aire paillée, car la plupart des éleveurs curent tous les 15 jours. Il n’y a aujourd’hui pas beaucoup de solutions, la désinfection ne présentant pas d’intérêt. L’éleveur doit donc être vigilant sur la quantité de paille épandue. La quantité optimale de paille est de 1,2 kg par m2 et par jour. Au-delà, les risques de montée rapide en température sont importants, et en deçà, la propreté des animaux laissera à désirer. Ce n’est pas facile à effectuer, mais tasser les aires paillées semble apporter un plus. Le curage doit être programmé quand la température atteint les 35 °C. Si les logettes sont favorables à la diminution du risque de mammites, il est cependant important de bien choisir le type de logettes adapté à son troupeau, en particulier en cas de troupeau mixte.
Traite et alimentation
Au niveau de la traite, l’éleveur doit choisir des produits adaptés à son état de contamination. La qualité de la traite entre en ligne de compte, tout comme la façon d’appliquer ses produits, ou le bon fonctionnement de la machine. Attention à la sur-traite qui abîme les sphincters ; la traite doit être douce.
L’alimentation des vaches laitières fait partie des facteurs aggravants. Deux pratiques qui accroîtraient les risques de mammite sont les changements rapides dans l’alimentation, et l’excès ou le déséquilibre des différentes composantes de la ration.
Lorsqu’il y a un changement dans l’alimentation, celui-ci doit être progressif. On doit éviter les excès, particulièrement pour ce qui est des concentrés et des aliments riches en azote non protéique.
Le taux d’urée du lait est très corrélé à celui du sang de la vache et peut être utilisé comme indicateur d’une sur-alimentation azotée. Il semble y avoir en effet une corrélation entre le taux d’urée et la colonisation bactérienne du pis. Au Gaec de Fréfosse, le taux d’urée est de 450, les éleveurs ont fait le choix d’une alimentation simplifiée qui fonctionne plutôt bien, et le nombre de cellules est inférieur à 100 000. Dans cette situation, l’alimentation n’est pas un facteur de risque sur cette exploitation. L’important est donc, dans un premier temps, de savoir hiérarchiser les facteurs de risque et d’avoir une gestion cohérente de l’ensemble du troupeau. C’est-à-dire que la lutte contre les mammites de l’ensemble des vaches du troupeau doit également contribuer à améliorer la situation des primipares dès le début de lactation.
Il y a plusieurs types de mammites. C’est un atout pour le producteur laitier que de savoir distinguer les différents types de mammites et de connaître les conditions propices au développement des micro-organismes qui en sont responsables.
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Le tarissement, une période clé
Le tarissement est une période clé pour la maîtrise des infections mammaires des troupeaux de vaches laitières. Des vaches saines en début de lactation sont la condition d’une bonne maîtrise des infections mammaires pendant la lactation. Sur la période de tarissement, l’indicateur d’alerte est le nombre de nouvelles infections, qui doit être inférieur à 10 %, et le taux de guérison, qui doit être supérieur à 70 %. La première recommandation est d’offrir aux vaches taries un environnement où les risques sont aussi bien maîtrisés que pour les laitières : séparer les taries des vaches laitières, veiller à une parfaite hygiène du logement, limiter les apports d’ensilage et veiller à l’équilibre azoté de la ration, favoriser l’immunité des animaux en réalisant une complémentation minérale et vitaminique adaptée, nettoyer, désinfecter et pailler le box de vêlage après chaque mise bas.