La détection des résidus d’inhibiteurs a évolué
Seul le test officiel pratiqué par le laboratoire fait foi pour le paiement du lait. Les tests en ferme n’ont qu’une valeur indicative. - © F. Mechekour
La méthode de détection des résidus d’inhibiteurs, appliquée aux échantillons de lait prélevés dans votre exploitation pour les analyses de paiement, comprend 2 étapes :
- un dépistage systématique ;
- une confirmation, pour les cas positifs au dépistage, par 2 tests différents permettant de couvrir les principales familles d’antibiotiques.
Cette méthode est validée par les autorités compétentes. Elle est appliquée par tous les laboratoires interprofessionnels.
Depuis le 1er janvier 2011, le test Éclipse 3G a été adopté pour l’étape de dépistage. Les modalités de confirmation vont elles aussi changer : le test Charm Rosa MRL BLTET entrera en vigueur en juillet 2011.
Pour prévenir les risques d’accidents, nous vous rappelons les règles de bonnes pratiques en matière d’utilisation des médicaments vétérinaires.
Rappel de la réglementation européenne
La réglementation (Règlement CE n°853/2004 fixant les règles spécifiques d’hygiène applicables aux denrées alimentaires d’origine animale) précise que :
- tout lait dont la teneur en résidus antibiotiques dépasse la limite admissible est impropre à la consommation et doit être détruit ;
- la responsabilité de cet accident revient au producteur dont le lait est à l’origine de la pollution.
Quelques précisions supplémentaires...
• Ne pas laisser passer dans le tank le lait d’un animal traité.
Quand on détecte des résidus d’inhibiteurs dans le lait, c’est le plus souvent parce que le producteur a « laissé passer un animal ».
Pour éviter tout incident, veillez à bien identifier les animaux traités (bracelet à la patte, marquage...) et à transmettre les consignes en cas de changement de trayeur. Le lait de tous les quartiers doit être écarté (ne pas utiliser de séparateur de traite).
• Ne pas laisser du lait résiduel dans la griffe.
Attention ! Le lait qui reste dans la griffe après la traite d’un animal traité peut suffire
à contaminer le tank. Aussi faut-il bien la rincer après la traite d’un animal traité.
• Utiliser des bidons de dérivation de capacité suffisante.
Quand les bidons sont trop petits, le lait des bêtes traitées passe parfois dans le tank. Le risque est plus grand si 2 animaux en cours de délai d’attente sont traits sur le même bidon.
• Être vigilant sur les bêtes taries.
Il est indispensable d’identifier et d’isoler les animaux taris pour ne pas les traire par erreur.
Les produits intra-mammaires de tarissement sont des médicaments. Ils ont une longue durée de vie dans la mamelle. La traite d’une vache qui vient d’être traitée, un vêlage prématuré, une durée de tarissement courte, peuvent être à l’origine de contaminations accidentelles du lait.
• Connaître les exigences des médicaments employés. Pour tout médicament, il faut respecter scrupuleusement les prescriptions : dose, voie d’administration, durée du traitement et délai d’attente.
Tout changement de l’un de ces paramètres modifie l’élimination du produit (cf. ordonnance du vétérinaire et notice du produit), sans améliorer l’efficacité du médicament.
Les délais d’attente sont différents d’un médicament à l’autre. Les produits utilisés par voie générale, voire des pommades, peuvent aussi passer dans le lait.
• Ne pas livrer le colostrum.
Normalement, le respect de la période « colostrale » réglementaire (7 jours) assure le délai d’attente nécessaire. Toutefois, dans le cas d’un tarissement court, il faut écarter le lait pendant une période plus longue, en se référant à la notice du produit.
• Garder les traces des traitements effectués.
Il est nécessaire de noter les traitements sur les animaux et de transmettre les consignes entre trayeurs. L’enregistrement des traitements et la conservation des ordonnances sont indispensables à la bonne conduite du troupeau. Le respect de ces exigences règlementaires fait partie de la conditionnalité des aides PAC.
Zoom sur... 10 conseils pour éviter les problèmes d’inhibiteurs
1 - Identifier systématiquement les animaux traités.
2 - Bien transmettre les consignes en cas de changement de trayeur.
3 - Écarter le lait de tous les quartiers pendant tout le temps d’attente.
4 - Bien connaître les exigences des médicaments employés, en particulier les délais d’attente.
5 - Être vigilant sur les animaux taris.
6 - Utiliser des bidons de dérivation de capacité suffisante.
7 - Ne pas laisser du lait résiduel dans la griffe. Bien la rincer après la traite d’un animal traité.
8 - Prendre aussi ces précautions pour les traitements par voie générale.
9 - En cas de doute, prévenir sa laiterie avant la collecte.
10 - Enregistrer tous les traitements dans le cahier sanitaire.
Une pénalité pour 1 seul résultat positif
Le laboratoire interprofessionnel effectue chaque mois 3 recherches « inhibiteurs », sur les échantillons prélevés à chaque collecte de lait. En supplément, si une citerne se révèle positive, une recherche est automatiquement réalisée sur les échantillons de la tournée.
Si l’analyse est confirmée positive, la pénalité fixée par le CRIEL Nord-Picardie-Ardennes est de 25 €/1 000 litres sur la collecte du mois, et elle passe à 40 € si c’est le 2e résultat positif durant les 12 mois précédents.
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