Betteraves sucrières, surveillance et interventions d’été
La gestion des betteraves montées
La plus grosse source d’infestation de betteraves montées reste les betteraves mauvaises herbes ou « sauvages ».
Mais chaque année, avec les semis du mois de mars, l’inquiétude grandit lorsque les températures printanières sont basses. En effet, lorsque la plante subit des températures inférieures ou égales à 5 °C pendant 17 jours non consécutifs, il y a induction de la montée par vernalisation. Pour cette année, à part le secteur de Dunkerque qui n’est pas concerné, ces conditions ont été obtenues pendant 22 à 28 jours pour les semis d’avril, et 32 à 42 jours pour ceux de mars, dans lesquels on observe déjà les premières betteraves montées. Le phénomène est complexe, la vernalisation peut être annulée par des températures maximales supérieures ou égales à 25 °C pendant 7 jours non consécutifs, du 60€ au 120€ jour après le semis ; cette dé-vernalisation à bien eu lieu, à l’exception des semis d’avril dans le secteur du Touquet, car à la date ou nous rédigeons cet article, il manque 2 journées.
Les betteraves montées peuvent aussi provenir de pollutions génétiques lors de la multiplication des semences, mais ce phénomène est plus rare.
Présentes dans le sol, les betteraves mauvaises herbes dites « sauvages » sont la conséquence d’un manque de soin apporté à l’élimination régulière des betteraves montées. D’après les semenciers, statistiquement on a en moyenne 40 betteraves/ha pour cause de vernalisation et pollution génétique. Ce sont les graines issues de ces 40 betteraves qui, disséminées dans la parcelle, font que de rotations en rotations certaines parcelles ne peuvent plus recevoir de betteraves. En effet, une montée donne à son tour, en moyenne, 18 montées dans la rotation betteravière suivante.
Comment les combattre ? Dans les parcelles infestées de betteraves sauvages, le binage est bien sûr une première intervention indispensable, mais pas suffisante. Pour éliminer les montées, il n’y a rien de plus efficace que de les arracher à la main, de préférence le plus tôt possible et après une pluie, en les laissant dans le champ après avoir pris soin de casser la hampe florale. Au-delà de la floraison (après le 15 juillet), les hampes doivent obligatoirement être sorties de la parcelle. Une autre méthode existe, la méthode chimique, qui consiste à passer un outil spécifique (un cordon imbibé d’une forte concentration d’herbicide non sélectif), mais elle nécessite souvent plusieurs passages et est surtout moins efficace. De plus, il faut veiller à un réglage parfait du matériel pour ne pas avoir de projections sur la culture.
Les noctuelles défoliatrices
Elles sont particulièrement actives cette année, du fait du temps chaud et sec. Les dégâts de noctuelles sont faciles à reconnaître : elles occasionnent des morsures et des trous très caractéristiques dans les feuilles. Ces chenilles se réfugient dans le sol en journée pour être plus actives la nuit ; c’est pourquoi les traitements doivent être effectués tôt le matin ou tard le soir. On interviendra avec une pyrèthre homologuée dans 250 à 300 litres d’eau lorsque des dégâts sont constatés sur au moins 50 % des betteraves.
Les pégomyies
Beaucoup plus discrètes en 2010, les mouches pondent au revers des feuilles (nombreux petits œufs de forme allongée, blancs, accolés). Les insecticides sont inefficaces sur les œufs, c’est donc sur les larves lorsqu’elles creusent des galeries dans l’épaisseur de la feuille qu’il faut intervenir. Au printemps, lorsque les betteraves sont jeunes, le seuil d’intervention est de 10 % de plantes avec présence de galeries et de larves. Maintenant que le feuillage est plus développé, le risque est moins grand, et ce seuil d’intervention monte à 50 % de plantes concernées. En fin d’été, de fortes attaques sont parfois constatées ; dans ce cas, la betterave peut refaire son bouquet foliaire mais c’est souvent au détriment de la richesse. N’utilisez que des insecticides homologués contre ce ravageur, ils sont nombreux, en particulier dans la gamme des Karaté et des Décis.
Les pucerons noirs
En betterave, le problème lié aux pucerons n’est pas dû aux prélèvements de sève par ces ravageurs mais au risque d’inoculation et de propagation du virus de la jaunisse. On considère que cette maladie est apportée sur la parcelle par les pucerons verts, qui peuvent arriver assez tôt sur des betteraves peu développées. Les pucerons noirs que l’on voit apparaître ensuite en début d’été n’apportent pas, eux, de virus, ils ne peuvent propager la maladie que si elle est déjà présente dans la parcelle.
Concrètement, dans les parcelles traitées Imprimo au niveau des semences, la présence de pucerons noirs ne pose pas de problème car, à leur arrivée, la parcelle est indemne de virus. Même en cas de présence importante, il n’y a donc pas de traitement en végétation à réaliser, d’autant plus que les auxiliaires (larves de coccinelles, de chrysopes, de syrphes et champignons parasites) suffisent en général à faire régresser ces populations. Dans tous les cas, on n’intervient plus contre les pucerons dans des betteraves qui couvrent terre.
Les nématodes à kystes
La présence de ce parasite est mise en évidence par un fort flétrissement du feuillage aux heures les plus chaudes de la journée. Ces nématodes peuvent aussi extérioriser une carence induite en magnésie alors que les apports en oligoéléments sont conformes aux besoins. Un examen minutieux de la racine permet de mettre en évidence une prolifération du chevelu racinaire et la formation de kystes sur les radicelles.
Il est important de bien repérer les parcelles infestées, afin d’utiliser des variétés tolérantes la prochaine fois.
Vincent DELANNOY, Institut Technique de la Betterave
Patrice DESMARESCAUX, Chambre d’Agriculture du Nord
Vos réactions
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Quelles sont les cultures suivantes après la bettraves qui permettent d'eliminer les betteraves montées. J'ai constaté que les semis de Maïs sont propices à la levé des betteraves sauvages très vite détruites par la désherbage du maïs. Y a t'il d'autres solutions pour compléter celle-ci. Merci
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