Le Syndicat Agricole 12 janvier 2017 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

Betteraves : Une machine qui récolte et analyse

À Cappelle-en-Pévèle (59), Florimond Desprez teste une nouvelle arracheuse pour récolter les essais des 3 000 génotypes issus du programme Aker.

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En 2017, cette nouvelle arracheuse va récolter l’ensemble des parcelles d’essais de Florimond Desprez, soit 5 000 microparcelles de chicorée, 3 000 de betterave fourragère et 8 000 de betterave sucrière. © Florimond Desprez La cabine est composée de différents ateliers capables notamment de mesurer la teneur en matière sèche soluble des éléments récoltés. © Florimond Desprez  © Florimond Desprez

Une seule grosse roue à l’avant, deux roues à l’arrière. Le tout pouvant supporter 23 tonnes d’équipements. Producteur de semences, Florimond Desprez teste une arracheuse unique dotée d’un centre de réception à bord afin de faciliter le travail de recherche. Un prototype qui va être utilisé sur les parcelles d’essais du programme Aker dans lequel le groupe régional est engagé depuis plusieurs années.

« Un gain de temps important »
Le laboratoire « betteraves et chicorées » de Florimond Desprez, sous la houlette de Christophe Descamps, responsable agronomique, a pris en main cet outil d’un nouveau genre à la fin du mois d’octobre 2016. « Cette machine est pluri-espèces : betterave sucrière, betterave fourragère et chicorée, explique-t-il. Elle permet de récolter une microparcelle en 30 à 60 secondes, totalisant 80 à 120 kg de betteraves ». Un sous-échantillon (de 10 % jusqu’à la totalité de la parcelle selon les besoins) est alors lavé, pesé et coupé en rondelle pour faire une râpure. « Une presse automatique permet de générer du jus de pression et d’embarquer la mesure de la teneur en matière sèche soluble, caractère indispensable en betterave fourragère et en chicorée, poursuit Nicolas Henry, directeur de recherche. C’est un gain de temps important, puisqu’auparavant les chantiers étaient fixes et ce type d’opérations devait être réalisé au centre de réception ». Dans le cas de la betterave sucrière, l’échantillon est congelé sur place puis analysé plus tard au laboratoire. Cette nouvelle machine a nécessité l’acquisition d’un porte-char adapté. Il s’agit de la 8e arracheuse à être fabriquée par SESVanderHave (groupe Florimond Desprez) pour un coût de 550 000 euros.

16 000 parcelles d’essais à récolter en 2017
L’arracheuse d’une puissance de 380 CV comprend un réservoir de 5 000 litres, qu’il faut réalimenter plusieurs fois par jour. L’eau est en partie décantée, filtrée, recyclée. Une trémie de 5 tonnes permet de stocker le solde des racines de chaque microparcelle qui sera évacué dans une remorque adjacente. Ce chantier d’arrachage nécessite quatre à cinq personnes selon l’espèce dont trois à quatre à bord. « Nous récoltons et préparons pour l’analyse de la qualité technologique 60 à 80 parcelles à l’heure, contre 40 à 50 précédemment », souligne Christophe Descamps. La productivité est donc multipliée par trois, sans compter les économies de transport de racines. « En 2017, l’objectif est de récolter l’ensemble des parcelles d’essais de Florimond Desprez (soit 5 000 microparcelles de chicorée, 3 000 de betterave fourragère et 8 000 de betterave sucrière), puis les 15 000 à 20 000 parcelles du programme Aker dès 2018 », annonce Nicolas Henry. L’équivalent de 3 000 hybrides implantés en cinq lieux représentatifs de la France betteravière.

Simon Playoult

Zoom sur... Le programme Aker à mi-parcours

Lancé en septembre 2012, Aker associe 11 partenaires de la recherche publique et privée dans l’objectif d’améliorer la compétitivité de la betterave française à l’horizon 2020 en doublant le rythme de croissance annuelle de son rendement en sucre. Dans une première phase, le programme a d’abord consisté à élargir la variabilité génétique de la betterave en constituant une collection de gènes en provenance de ressources du monde entier. 2016 a donc été marquée par la valorisation des outils de phénotypage pour la racine et la feuille de la betterave. Le leitmotiv final est de produire de nouvelles variétés à haut potentiel qui seront mises à disposition de la filière.

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