Le Syndicat Agricole 23 décembre 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Chicorée : Une hausse de 5 % des volumes prévue pour 2017

La société Leroux entend responsabiliser davantage les planteurs en matière d’excédents et d’effeuillage.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
En baisse continue depuis 2013 (1 600 ha), les surfaces atteignaient l’an passé seulement 830 ha, soit une baisse de quasiment 50 %. Cette année, elles ont progressé d’une centaine d’hectares pour arriver à 928 ha, répartis entre 185 planteurs.
En baisse continue depuis 2013 (1 600 ha), les surfaces atteignaient l’an passé seulement 830 ha, soit une baisse de quasiment 50 %. Cette année, elles ont progressé d’une centaine d’hectares pour arriver à 928 ha, répartis entre 185 planteurs. - © DR

«Les surfaces de chicorée contractualisées avec la société Leroux sont reparties à la hausse en 2016. J’espère que cela va continuer dans les années à venir pour pérenniser cette culture dans notre région », a indiqué Philippe Butez, le président de la Confédération nationale des planteurs de chicorée, lors de l’assemblée générale de la structure qui s’est tenue le 14 décembre dernier à Saint-Folquin (62). En baisse continue depuis 2013 (1 600 ha), celles-ci atteignaient l’an passé seulement 830 ha, soit une baisse de quasiment 50 %. Cette année, elles ont progressé d’une centaine d’hectares pour arriver à 928 ha, répartis entre 185 planteurs. Ce rebond des surfaces devrait même se confirmer dès la campagne 2017, avec un retour au seuil symbolique des 1 000 ha. Du côté de Leroux, Pierre André, le directeur de la sécherie de Vieille-Église (62), table en effet sur une hausse de 5 % des volumes, malgré les excédents. « Les besoins d’emblavement oscilleront donc entre 1000 et 1050 ha », estime pour sa part Philippe Butez.

Attention aux excédents
Les contrats de l’année 2016 pour la société Leroux comptabilisent 44 000 tonnes (t) à 23 % de matière sèche soluble (MSS), soit 11 600 t de cossettes. Le rendement moyen est de 46 t/ha (48,5 t/ha corrigé) avec un delta allant de 20 à 66 t/ha. « Comme en 2015, on s’est trompé sur nos prévisions, reconnaît Pierre André. On termine la récolte avec un excédent de 5,5 % alors qu’on prévoyait un léger déficit ». Ces volumes en hausse s’expliquent par les conditions climatiques chaudes à partir du mois de juillet et par la belle arrière-saison, l’utilisation de nouvelles variétés « qui tirent le rendement vers le haut », ainsi que par le choix de Leroux de décaler l’ouverture de son usine. Les réceptions des chicorées ont débuté le 3 octobre pour se terminer le 22 novembre. Il faut également souligner la très forte hétérogénéité des rendements entre planteurs : quasiment les deux tiers (62 %) ont produit des volumes excédentaires. « Ce problème de dépassement des volumes contractuels devient récurent, regrette le directeur de l’usine de Vieille-Église. Chez certains, les excédents représentent même jusqu’à 80 % du contrat ; ce n’est pas normal ». Selon lui, il est impératif que les planteurs concernés réajustent leurs surfaces en tenant compte du potentiel de production des nouvelles variétés de chicorée. Toujours est-il que les planteurs dont les excédents dépassent 15 % des volumes contractés seront pénalisés en 2017. À noter que la plupart des planteurs vont bénéficier cette année d’une majoration de 15 % du prix payé par la société Leroux, grâce aux excellents taux de richesse des chicorées. « La richesse moyenne s’élève à 24,8. On gagne plus d’un point par rapport à 2015 (23,3) », précise Philippe Butez.

Une tare terre moyenne à 12 %
Par ailleurs, Pierre André s’est félicité du niveau « exceptionnellement » bas de la tare terre, qui a globalement permis de faciliter le fonctionnement de l’usine de Vieille-Église. En 2016, celle-ci s’élève à 12 % en moyenne sur l’ensemble des secteurs de production, contre 13,15 % en 2015 et 12,73 % en 2014 (début de l’utilisation de déterreur). « Ce n’est pas tant le déterrage qui a cette année tiré vers le bas la tare terre, mais plutôt les conditions climatiques à la récolte dans les secteurs éloignés (Orchies-Cambrai et Somme) qui ont été excellentes », explique le directeur de la sécherie. « Il reste néanmoins plusieurs points à améliorer, notamment l’effeuillage des chicorées, ajoute-t-il. Les feuilles nous posent de réelles difficultés en usine ; au lieu de faire des cossettes, on fait de la purée ». Ce dernier tire donc la sonnette d’alarme et appelle les planteurs, qui possèdent leur propre machine, à être vigilants sur la qualité des arrachages. Là encore, Leroux envisage de mettre en place des sanctions. L’autre gros point noir concerne l’organisation des chantiers de récolte : « Nous avons été confrontés au même problème qu’en 2014 par rapport à la mise à disposition des silos à la bonne date », souligne Pierre André qui demande à nouveau aux planteurs de mieux anticiper les arrachages. L’objectif est de gagner en temps et en efficacité, en évitant que les machines passent trop de temps sur les routes. « Un silo par planteur et non pas un silo par parcelle. Attention à son emplacement, il faut qu’il soit accessible pour le déterreur et le camion. Évitez aussi les dépôts sur les voiries interdites », insiste-t-il. Ce dernier rappelle enfin qu’il incombe à chaque planteur de demander une autorisation auprès des DDE pour l’enlèvement des silos sur les routes départementales : « À la différence des sucreries, nous n’avons pas les moyens humains pour nous en charger ».

MDS

Zoom sur... Asparagine : vers une liste de variétés recommandées pour 2018

« Afin de trouver une solution au problème de l’asparagine, il va falloir que l’on réduise la liste des variétés disponibles pour établir une liste de variétés recommandées », affirme Pierre André. Actuellement, les planteurs peuvent choisir entre un peu plus d’une douzaine de variétés inscrites au catalogue CTPS. « L’idée est donc de sélectionner trois ou quatre variétés de chicorée performantes qui produisent peu d’asparagine et de limiter le choix des planteurs à ces variétés recommandées, précise le directeur de l’usine de Vieille-Église. Et ce, dans l’intérêt de toute la filière ». L’objectif est d’établir cette liste d’ici 2018 : « Pour cela, des essais en plein champ sont réalisés par l’interprofession en partenariat avec Leroux, en plus de ceux conduits par les sélectionneurs, indique Pierre André. Les variétés recommandées devront être meilleures que la moyenne des témoins ou supérieure à la meilleure variété des témoins ».

Une nouvelle fiche parcellaire en 2017
Les planteurs ont également saisi l’enjeu autour de cette problématique asparagine, puisque cette année la variété Malachite arrive à nouveau en tête des variétés semées (44 %), loin devant Orchies (16 %) qui en 2013 représentait encore 50 % des emblavements. « Reste à confirmer l’intérêt de ce changement variétal sur plusieurs campagnes pour limiter la variabilité des résultats en tenant compte de l’effet année et de l’impact des apports azotés », souligne Pierre André. Et d’ajouter : « Les tests grandeur nature que nous menons constituent un engagement financier conséquent pour l’interprofession et Leroux (25 000 €). Les échantillonnages des livraisons (sur 200 camions), effectués lors de la récolte 2016 pour réaliser les tests asparagine, seront reconduits l’an prochain ». Afin que la fiabilité des tests soit maximale, Leroux veut garantir la traçabilité des chicorées dès la parcelle. « Nous allons faire évoluer la fiche parcellaire pour qu’elle soit plus facile à remplir, et surtout pour que l’on retrouve tous les paramètres utiles ». En 2016, le taux de retour de ces fiches n’était que de 79 %, dont un quart de fiches incomplètes ou indiquant des informations erronées. Les planteurs devront également fournir à l’industriel les étiquettes des boîtes de semences, ainsi que leurs reliquats azotés. Pierre André prévient : « Les planteurs qui ne retourneraient pas leur fiches correctement complétées seront sanctionnés l’année suivante sur leurs contrats ».


Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui