Le Syndicat Agricole 03 février 2017 à 13h00 | Par Le Syndicat Agricole

Une coopération transfrontalière franco-belge pour les PME agroalimentaires

Le lancement officiel du projet « Filière AD-T », qui s’inscrit dans le programme Interreg V, s’est déroulé mardi à Gussignies (59).

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Les producteurs agricoles et dirigeants de TPE/PME de la région qui sont intéressés par la démarche peuvent contacter le Comité de promotion ou le Pôle Agroé pour plus d’informations.
Les producteurs agricoles et dirigeants de TPE/PME de la région qui sont intéressés par la démarche peuvent contacter le Comité de promotion ou le Pôle Agroé pour plus d’informations. - © J.C. Gutner

La zone frontalière franco- belge qui s’étend des régions des Hauts-de-France et du Grand-Est à la Wallonie (Province de Hainaut, de Namur et de Luxembourg) et la Flandre occidentale, constitue un bassin de consommation de 10,8 millions d’habitants. « Bien que le secteur agroalimentaire soit considéré comme ‘‘stratégique’’, force est de constater que de nombreuses entraves existent encore en matière de développement transfrontalier, souligne Nathalie Quevy, inspectrice générale de Hainaut Développement. Alors qu’il existe, de part et d’autre de la frontière, de réelles opportunités de développement pour les TPE/PME françaises et belges ». C’est tout l’enjeu de la création d’une filière agroalimentaire durable transfrontalière ou « Filière AD-T » : stimuler la croissance de ces entreprises, leur compétitivité transfrontalière et surtout la création d’emplois. « Il s’agit d’ouvrir des portes sur l’avenir », résume Gérald Moortgat, député provincial du Hainaut.

19 partenaires
Initié dans le cadre du programme Interreg V, ce projet réunit 19 partenaires français, wallons et flamands, répartis sur toute la zone transfrontalière, qui vont mutualiser leurs moyens afin de mettre en œuvre des dispositifs d’accompagnement spécifiques pour les TPE/PME agroalimentaires. « L’idée est d’effacer progressivement l’effet frontière en favorisant un courant d’affaires transfrontalier et en instaurant un climat de confiance, qui permettront aux petites et moyennes entreprises agroalimentaires d’avoir une vision à 360°du développement de leur activité », affirme Nathalie Quevy qui est aussi la chef de file du projet. Le projet « Filière AD-T » repose ainsi sur un double objectif : renforcer d’une part le potentiel de croissance des TPE/PME de l’agroalimentaire sur les marchés régionaux, nationaux, voire internationaux. D’autre part, il s’agit également de promouvoir l’entrepreneuriat durable, en augmentant les collaborations entre acteurs de la filière, en accompagnant les entreprises afin d’assurer leur pérennité et leur permettre d’innover, notamment en anticipant les attentes des maillons de la filière. « Pour obtenir des résultats durables, tous les maillons de la filière agroalimentaire sont concernés : producteurs agricoles, transformateurs, distributeurs et consommateurs, insiste Nathalie Quevy. Car chaque public contribue selon ses propres spécificités au développement d’une filière durable transfrontalière ». Concrètement, une enveloppe de plus de 3,5 millions d’euros (dont 50 % de financements du Feder) va permettre de proposer aux différents publics cibles un panel de services déclinés autour de quatre axes opérationnels.

« Une plateforme de networking »
Le premier axe comprend des actions qui visent à mettre en réseau les acteurs de la filière agroalimentaire. « Nous voulons chercher à susciter de nouvelles relations d’affaires durables entre les entreprises belges et françaises, et les aider à trouver de nouveaux débouchés de l’autre côté de la frontière », explique Fabrice Hoschedé, délégué général d’Agroé (le Pôle d’excellence régional agroalimentaire). En clair, l’idée est de créer un réseau transfrontalier des TPE/PME agroalimentaires, qui se veut être une plateforme de networking. Pour cela, trois types de rendez-vous seront organisés : des rencontres interclubing sectorielles entre membres de business club existant dans la zone du projet, des rencontres BtoB entre professionnels de l’agroalimentaire (GMS), ainsi que la tenue d’une convention d’affaires transfrontalière (tous les deux ans) qui regroupera l’ensemble des professionnels, ainsi que d’autres acteurs concernés par le développement durable du secteur de l’agroalimentaire au niveau transfrontalier. « Ces rencontres doivent aussi permettre aux dirigeants des TPE/PME agroalimentaires d’échanger et de partager les bonnes pratiques durables en termes de production, transformation ou distribution », précise Fabrice Hoschedé. Au-delà du networking, les partenaires du projet vont également proposer aux dirigeants de TPE/PME des services d’encadrement individuel et collectif, adaptés à leur besoins concrets (axe 4), notamment sur les questions réglementaires, fiscales et logistique. « Nous voulons alléger la charge administrative des entrepreneurs pour qu’ils puissent se concentrer sur leurs activités commerciales », affirme Fabian Wilmet, responsable de la cellule agroalimentaire de Hainaut Développement. Des séances d’informations avec des experts seront organisées plusieurs fois par an sur tout le territoire de la zone. Il est également prévu un accompagnement des acteurs belges et français de la restauration collective pour le développement d’une alimentation plus durable.

Promotion des savoir-faire
Par ailleurs, le projet entend aussi faire la promotion des savoir-faire agroalimentaires transfrontaliers (axe 3), en aidant les TPE/PME, ainsi que les producteurs fermiers, à se faire connaître des deux côtés de la frontière. « Souvent, la promotion de ces producteurs locaux semble s’arrêter à la frontière », observe Lorraine Bodeux, chargée de projet à la CCI du Luxembourg belge. D’où la mise en place d’un outil de veille des producteurs de la zone qui sera régulièrement actualisé et accessible aux consommateurs locaux qui souhaiteraient s’approvisionner en produits locaux en France et en Belgique. « Bien entendu, l’idée est de capitaliser sur les outils déjà existants », insiste-t-elle. Des visites de foires et salons agroalimentaires d’envergure en France et en Belgique (Nat’Expo, Sial et SIA à Paris, Tavola à Courtrai, Syrrha à Lyon) seront organisés en 2017 et 2018 pour les producteurs et les dirigeants d’entreprises, afin de détecter les tendances et innovations du marché, voire d’identifier de nouveaux partenaires commerciaux. Ceux qui le souhaitent auront également la possibilité de participer à ces foires et salons en tant qu’exposant sur des stands collectifs transfrontaliers.

MDS

Zoom sur... Sensibiliser aussi les consommateurs

L’axe 2 du projet « Filière AD-T », intitulé « encourager la mobilisation vers une alimentation durable » vise spécifiquement les consommateurs de la zone. Une étude sera donc réalisée auprès d’eux, en début (courant 2017) et fin de projet (2020), afin de recueillir leurs besoins et attentes en termes d’alimentation durable. « Les résultats représenteront une source d’informations qui permettra aux acteurs de la filière de développer leurs activités en totale adéquation avec les exigences du marché, indique Dorize Remy du Groupement régional pour la qualité alimentaire. Ils serviront aussi à concevoir des outils pédagogiques pertinents à destination du grand public ». Des expositions itinérantes, ainsi qu’un temps fort sur l’alimentation durable pendant la Semaine du développement durable sont prévus. Les salariés, les écoles et les familles seront également mobilisés par des initiatives et des défis alimentaires. « Les produits de qualité sous les projecteurs, assure-t-elle, c’est le marché tout entier qui pourra profiter de cette valorisation, avec à la clé une possible stimulation de la consommation ».


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