Le Syndicat Agricole 12 janvier 2017 à 16h00 | Par Le Syndicat Agricole

Valenciennes : Un projet de modernisation pour pérenniser l’abattoir

Une refonte complète de la chaîne porcs est prévue, sur fond de restructuration administrative.

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Le montant total des investissements pour la réhabilitation de la chaîne porcs et de l’ensemble des abattoirs devrait s’élever à près de 1,1 million d’euros.
Le montant total des investissements pour la réhabilitation de la chaîne porcs et de l’ensemble des abattoirs devrait s’élever à près de 1,1 million d’euros. - © J.C. Gutner

«Nous avons un projet de modernisation autour du porc, car il faut rester compétitif », a introduit Jean-Pierre Pessot, directeur des abattoirs de Valenciennes, mercredi 11 janvier, devant les utilisateurs de l’outil, venus en nombre. Ce projet consiste en la refonte complète de la chaîne porcs existante et en la réhabilitation des abattoirs dans leur ensemble. Le tout pour un investissement de 1,025 million d’euros.
« La chaîne porcs est vieillissante et pose problème, il faut donc absolument faire un effort sur cet aspect, a souligné Alain Hespel, consultant chargé des aspects techniques du projet. La vision de la direction est qu’il faut un outil performant pour que le site ne perde pas son potentiel. » Si l’activité s’élève aujourd’hui à 2 600 tonnes (t) toutes espèces confondues, l’objectif est d’atteindre 4 500 t en 2020, tout en conservant la répartition des abattages à deux tiers pour les bovins et un tiers pour le porc. « Conserver cette proportion devrait permettre de maintenir le prix moyen à la tonne à 360 € », souligne Alain Hespel.

Ouverture du capital
Ce projet s’accompagne de changements importants en matière juridique. Une des étapes sera de séparer l’outil d’abattage de la partie immobilière. « Il est prévu que la SCI du Complexe alimentaire cède sa participation dans la SAG du Complexe aux utilisateurs pour un euro symbolique, détaille Isabelle Taranne, expert-comptable chez Cabinet BDL Valenciennes. L’idée est de rendre leur outil aux utilisateurs ». La SA (société anonyme) changerait de forme juridique afin de faciliter la gouvernance : un passage en SAS (société par actions simplifiées) est envisagé. Tout ceci s’accompagne d’un changement de direction, Jean-Pierre Pessot étant sur le départ. « Le nouveau directeur devra aller chercher les tonnages supplémentaires dans une démarche commerciale forte, souligne Alain Hespel. Il aura aussi pour mission de dynamiser l’équipe, de gérer le bon fonctionnement du site, etc. » Son recrutement est prévu en mai-juin. Les tonnages supplémentaires devraient également entraîner un besoin plus grand en main-d’œuvre, évalué à une personne par an et par 500 tonnes.
Pour réaliser le projet de modernisation (démarrage de la nouvelle chaîne prévu en septembre), trois axes de financement ont été envisagés. Le premier est un renforcement des fonds propres à hauteur de 300 000 €, grâce à l’apport des utilisateurs suite à l’ouverture de capital. « C’est une étape essentielle pour solliciter des subventions auprès des banques ou de la Région », souligne Isabelle Taranne. Les aides et subventions sont en outre plafonnées au montant des fonds propres. Un dossier auprès du Conseil régional a déjà été déposé, et doit encore être complété. Concernant les subventions, « par prudence, les prévisionnels ont tablé sur 20 % du montant total des investissements ». Enfin, les banques seront sollicitées à hauteur de 900 000 € ; il est aussi envisagé de recourir à la BPI (Banque publique d’investissement) pour la moitié de cette somme.

Tirer parti des circuits courts
Ce projet s’inscrit dans un contexte particulier, avec un nombre d’abattoirs aujourd’hui très faible en France (un peu moins de 300) comme dans la région (14 outils encore actifs), pour une production régionale de 140 000 tonnes. « La consommation dans la région s’élève à 420 000 t, souligne Alain Hespel. On abat à peine un tiers de ce que l’on consomme… Il y a donc une place à prendre ! Il faut trouver les moyens de se réapproprier le marché. Aujourd’hui, les circuits courts se développent, il faut tirer parti de cette filière. Nous allons encore avancer pour trouver les partenaires dont on a besoin pour le projet ». Il ajoute, à destination des différents utilisateurs de l’outil d’abattage : « C’est à vous de vous approprier le projet et de l’enrichir par vos propositions ».

Laura Béheulière

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