Le Syndicat Agricole 09 juin 2016 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

Un nouvel épisode orageux s’abat sur la région

La journée de mardi a été marquée par un nouvel épisode orageux d’une rare intensité. De nombreux secteurs de la région accusent le coup.

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Une parcelle de pommes de terre fortement touchées dans le secteur de Linselles, au nord de la métropole lilloise. © DR  © DR Le soleil a fait son retour mais de nouveaux épisodes orageux pourraient survenir en fin de semaine prochaine. © DR

«Un événement en dehors de toutes normes météorologiques ». C’est ainsi que Patrick Marlière, directeur d’Agate France, bureau d’expertise météo, décrit les intempéries qui ont à nouveau durement frappé certains secteurs de la région mardi. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, des habitations et des champs ont, une nouvelle fois, été inondés. Deux causes à cela : le débordement de certains cours d’eau (notamment des affluents de la Lys et la Lys elle-même), mais surtout les problèmes d’écoulement et d’évacuation de l’eau dus à l’artificialisation des sols et au manque d’entretien des fossés et exutoires. « Rien n’est dimensionné pour évacuer de telles quantités d’eau », constate Patrick Marlière.

Des phénomènes violents et localisés
Les imageries radars de l’agence météorologique indiquent que localement, autour de Lens et de Béthune, mais aussi dans les Weppes, au nord de la métropole lilloise ou encore le long de la vallée de la Lys, il est parfois tombé plus de 120 mm d’eau. L’équivalent de deux mois de précipitations ! Cette liste de secteurs n’est pas exhaustive ; des orages très localisés ont, en effet, éclaté un peu partout dans la région. La foudre aurait frappé près de 20 000 fois le Nord-Pas de Calais mardi d’après le bureau d’études Keraunos. « Ce type de phénomène extrême est en effet très localisé, explique Patrick Marlière. Au nord de Lille, il est tombé 100 mm alors que la station météo située à Lesquin, au sud de la métropole, n’a enregistré que 40 mm ».
« Certains secteurs subissent une double peine, constate Pierre Hannebique, président de la FDSEA du Pas-de-Calais. Ils ont subi des pluies torrentielles et reçoivent en plus l’écoulement des eaux provenant des pluies tombées plus haut sur les plateaux ». C’est notamment le cas de toutes les cuvettes créées par les affluents de la Lys.

Un coup de grâce pour certaines cultures
Difficile à ce jour d’évaluer les dégâts causés par les inondations. Une chose est sûre : cette deuxième vague d’orages constitue un coup de grâce pour certaines cultures qui, la semaine dernière, auraient encore pu être sauvées. « Les conséquences économiques vont être très lourdes pour certains producteurs », prévient Dominique Werbrouck, directeur du Pôle Légumes situé à Lorgies, au cœur d’une des zones les plus touchées. À Comines, au nord de la métropole lilloise, Jean-Paul Decherf témoigne : « J’ai de nombreuses parcelles partiellement inondées mais je ne pourrais évaluer les dégâts que lorsque l’eau se sera retirée. Quand le soleil sera de retour, les pommes de terre vont commencer à pourrir ».
Que ce soit en pommes de terre, en légumes ou en céréales, pour les cultures totalement immergées, la conclusion est sans appel : au-delà de 48 h sous l’eau, la production sera perdue. Pour les parcelles non inondées mais seulement gorgées d’eau, il reste beaucoup d’interrogations sur la qualité de la production. « En légumes, Il va y avoir des problèmes de conservation, nous avons déjà eu des refus en choux-fleurs cette semaine », déplore Dominique Werbrouck. Autre problème dans ces parcelles détrempées : la difficulté à intervenir pour protéger les cultures des maladies. « Entre la chaleur et la pluie, la pression mildiou est très forte en pommes de terre mais, pour l’instant, mes parcelles sont totalement inaccessibles en tracteur », témoigne Christian Duquesne, agriculteur à Herlies et président de l’arrondissement de Lille. Il s’inquiète aussi pour sa récolte de blé : « En période de floraison, ces conditions climatiques sont catastrophiques pour la qualité ; le risque de fusariose est élevé ».
La situation météo semble se stabiliser en cette fin de semaine, mais d’après Patrick Marlière, la vigilance est de mise car de nouveaux orages pourraient survenir en fin de semaine prochaine.

Virginie Charpenet

À savoir... Quels recours face aux intempéries ?

Les dégâts sont-ils indemnisables ?
Les dégâts sur culture sont indemnisés si vous avez souscrit une assurance récolte multirisques climatiques.
La procédure catastrophe naturelle concerne, quant à elle, les bâtiments et leur contenu, à savoir les bâtiments à usage professionnel ou d’habitation, le mobilier, le matériel, les stocks et les récoltes engrangées. C’est le maire de la commune qui recense les dommages subis et qui établit un rapport à adresser à la préfecture.
Les services de la préfecture, après avoir collecté l’ensemble des rapports, l’adresseront au ministère de l’Intérieur.
L’état de catastrophe naturelle sera alors constaté par un arrêté interministériel, qui détermine les zones et les périodes où s’est située la catastrophe naturelle, ainsi que la nature des dommages occasionnés par celle-ci. La victime dispose de dix jours après la parution de l’arrêté au Journal officiel pour faire une déclaration à son assureur.

Au sujet de la PAC ?
Pour l’instant, si vous ne savez pas comment va évoluer la récolte, il ne faut pas modifier le dossier s’il a été signé sur Télépac.
Dans tous les cas, vous disposez du délai de dépôt normal reporté au 15 juin cette année. Jusqu’à cette date, vous pouvez modifier votre assolement directement sur Télépac, en cliquant « Modification après dépôt ». Passée cette date, vous pouvez modifier votre assolement en déposant à la DDTM le formulaire de modification de déclaration. Il n’y a pas de date limite si la modification n’entraîne aucun changement pour l’éligibilité des cultures aux DPB et SIE. Par contre, s’il y a un impact, le dépôt de ce formulaire est à faire avant le 1er juillet.

Qui contacter ?
- Le maire, pour lui signaler les dommages subis, susceptibles de servir la demande de reconnaissance de catastrophe naturelle.
- L’assureur, pour les dégâts sur les récoltes assurées.
- Le conseiller technique, pour la production sous contrat.
- Le président du canton FDSEA, pour lui indiquer vos éventuelles difficultés, ou directement à la FDSEA.
- Le service syndical de la FDSEA pour les sujets touchant à la déclaration PAC.

La Région met en place un plan d’urgence inondations

La région Hauts-de-France a été confrontée à de fortes inondations. Face à cette situation, le Conseil régional met en place un plan d’urgence. Un fonds d’urgence de 1 million d’euros va être débloqué. Il fera l’objet d’une délibération en Commission permanente du Conseil régional le 21 juin prochain et sera complété lors de la séance plénière du 8 juillet.
Avec ce fonds, la région accompagnera :
- Les agriculteurs par l’abondement du Fonds calamités naturelles à hauteur de 350 000 € en lien avec l’État.
- Les entreprises avec 350 000 € qui permettront une avance de trésorerie remboursable de 5 000 € par TPE et PME de moins de 50 salariés.
- Les collectivités avec 300 000 € pour le financement des études de remise en état.
Une plateforme téléphonique a été mise en place. Vous pouvez la joindre au 03 28 82 82 82.

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