Le Syndicat Agricole 04 février 2016 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

Un modèle performant pour contourner la crise

À la ferme de Cuvigny, les bâtiments de la bergerie permettent réussite économique et bien-être du cheptel.

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Après un agnelage, la brebis et son (ou ses) agneaux sont isolés dans un box. La bergerie de la ferme de Cuvigny est conçue pour faciliter les opérations à effectuer sur le troupeau et améliorer le bien-être du cheptel. Après une licence professionnelle effectuée dans l’Aveyron, Vincent Béthencourt se lance dès 2012 dans son projet d’installation.

«Avec seulement 40 % de la consommation française d’agneau couverte par la production française, il y a de la place pour les éleveurs : c’est un marché à prendre ! », assure Thierry Vroman, directeur de la coopérative Les bergers du Nord-Est.
Et c’est pour appuyer cette affirmation et inciter les installations que la coopérative a organisé une après-midi portes ouvertes le 27 janvier à la ferme de Cuvigny à Rebreuve-Ranchicourt, sur le thème « Construction d’une bergerie pour améliorer les conditions de travail ».

Une bergerie moderne et fonctionnelle
La ferme de Cuvigny, qui accueille 300 brebis Suffolk et 200 croisées, n’a pas été choisie au hasard. Vincent (27 ans) et Matthieu (24 ans) Béthencourt prennent la relève de leur père, Jean-Paul, qui part à la retraite.
Mais pour les deux jeunes éleveurs, il n’était pas question de continuer dans les bâtiments vétustes existants. « Nous devons également gérer 173 hectares, dont 114 ha de cultures de vente et 58 ha de surfaces fourragères principales, ainsi que 90 vaches allaitantes, explique Vincent Béthencourt. Il nous fallait une bergerie moderne et fonctionnelle. »
Après une licence professionnelle effectuée dans l’Aveyron dans un élevage de moutons, Vincent se lance dès 2012 dans son projet d’installation. La nouvelle bergerie sort de terre en 2013.
La bergerie de 1 500 m² a donc été conçue dans le but de répondre à différents objectifs.
D’abord, permettre l’intervention d’une seule personne pour l’ensemble des opérations à effectuer sur le troupeau : alimentation, surveillance, agnelage, etc. Trois couloirs d’alimentation découpent le bâtiment dans la longueur : deux sont surélevés et donnent sur les cornadis. Un troisième facilite l’accès au parc à agneaux. Ces couloirs permettent aux éleveurs l’utilisation de distributeurs automatiques de nourriture.
Ensuite, avec quatre périodes de mises bas (septembre, novembre, février et mai), les jeunes éleveurs souhaitaient disposer d’un endroit unique pour les brebis gestantes, l’agnelage et le soin des agneaux. Les brebis, agneaux et béliers sont donc répartis dans des aires bien définies : après un agnelage, la brebis et son (ou ses) agneaux sont par exemple isolés dans un box. Résultat, à deux, Matthieu et Vincent gèrent l’élevage au complet.
Enfin, troisième objectif : améliorer le bien-être du cheptel. Pour ce dernier point, la mise en place de volets/bâches dont l’ouverture et la fermeture sont régulées par une station météo permet de ventiler le bâtiment et de conserver une température optimale pour le troupeau. « C’est une solution très efficace. On ne sent pas du tout le froid et les odeurs sont largement réduites », affirme Matthieu.
Par ailleurs, les jeunes agriculteurs connectés ont disposé une caméra infrarouge orientable qui balaye l’ensemble du bâtiment afin de pouvoir contrôler à tout moment l’état du troupeau à distance sur leurs ordinateurs ou smartphones.

Des négociations tarifaires facilitées par un traitement en direct avec les bouchers
Sur les 540 brebis présentes dans le cheptel, une centaine sont de jeunes agnelles nées entre décembre 2014 et mars 2015. Les brebis donnent en moyenne 1,8 agneau par an. Parmi ces 900 agneaux, chaque année, 100 agnelles et 50 béliers reproducteurs sont conservés dans le cheptel. Environ 70 agnelles reproductrices sont vendues en France ou à l’export. Enfin, hormis une mortalité de 15 % en moyenne, le reste est commercialisé en France pour la boucherie.
« Nous nous sommes groupés à quatre producteurs et nous livrons les boucheries locales après commandes, détaille Vincent. Nous effectuons les transports à l’abattoir puis aux boucheries à tour de rôle. C’est beaucoup plus intéressant financièrement de vendre en direct. Nous pouvons négocier les prix plus facilement avec les bouchers. » Aujourd’hui, Vincent et Matthieu vendent leurs carcasses à 7 € le kilo. Une organisation qui permet aux jeunes éleveurs une sérénité inespérée en ces temps difficiles.
Mais pour les deux frères, l’heure est à la préparation du Salon de l’agriculture et leurs attentions sont focalisées sur les deux jeunes béliers « Suffolk » qui feront le voyage dans l’espoir d’être primés.

Alexandra Pihen


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