Le Syndicat Agricole 10 juillet 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Troupeaux allaitants et parasites de pâturage : ne traiter que la première année d’herbage

Le bovin au pâturage ou en stabulation est infesté par des parasites. En respectant quelques précautions il est possible de développer « l’immunité parasitaire » qui permettra de ne plus traiter les adultes.

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Déparasiter les veaux mâles ou femelles au pâturage permet de meilleures croissances et prépare l’avenir.
Les veaux mâles et femelles doivent également être complémentés. Les petites femelles sevrées doivent disposer d’au moins 1 à 2 kg d’aliments secs en plus du fourrage noble pour assurer une croissance optimale à cet âge.
Déparasiter les veaux mâles ou femelles au pâturage permet de meilleures croissances et prépare l’avenir. Les veaux mâles et femelles doivent également être complémentés. Les petites femelles sevrées doivent disposer d’au moins 1 à 2 kg d’aliments secs en plus du fourrage noble pour assurer une croissance optimale à cet âge. - © DR

Pour faire face aux parasites, il faut principalement traiter les animaux en première année de pâturage. Les principaux parasites des bovins (strongles) sont hébergés dans les prairies et l’infestation n’a lieu qu’au pâturage. Il semble donc évident qu’il est inutile de traiter seulement au moment de la mise à l’herbe puisque la contamination n’a pu démarrer. Seuls les bolus sont utilisables à ce moment puisqu’ils dispensent de façon continue ou séquentielle durant 90 à 140 jours selon la spécialité utilisée. Le premier traitement à base de produit à action immédiate (souvent buvable mais existe en « Pour On ») ou à action rémanente (de l’ordre d’un mois, en général « Pour On ») ne doit donc se faire qu’après infestation, c’est-à-dire après 6 à 8 semaines de pâturage.
Les animaux sortis tard en saison (fin juin, début juillet) sur des parcelles qui auront été récoltées en foin (donc très peu infestées) pourront attendre la rentrée (début octobre) pour être traités. Il faudra, par contre, pour ces animaux, reprendre un protocole de traitement en seconde année (sinon l’immunité risque de ne pas être installée).


Quels produits utiliser
Durant la saison d’herbage, d’avril à août, selon la date de sortie des animaux, tous les types de produits peuvent être utilisés. Le choix dépendra davantage des conditions matérielles et pratiques présentes sur l’exploitation et du degré d’infestation des pâturages. Si les animaux partent au loin, dans une prairie sans contention, on optera plutôt pour le bolus qui ne nécessite pas de rattraper les animaux. Si vous disposez de parcs de contention, il sera possible d’envisager l’utilisation de « Pour On » à action rémanente (surtout si la prairie présente des risques importants de contamination), ou éventuellement, si vous pouvez bloquer vos animaux (à l’occasion de la pesée par exemple), il sera envisageable de leur administrer un buvable à action immédiate. À cette période, tous les produits sont performants, quel que soit leur mode d’action, mais leurs prix varient du simple au sextuple.


À la rentrée à l’étable : laissez un faible taux d’infestation
À la fin de la période de pâturage, il est important de décontaminer les animaux. À ce stade, si l’on souhaite installer « l’immunité » contre les stongles, il ne faut pas déparasiter totalement les animaux. C’est à ce moment que le choix de la matière active est important. Deux familles de médicaments sont à votre disposition, les stongylicides à action immédiate (de l’ordre de 95 % d’efficacité) que l’on préférera aux strongylicides à action rémanente (proche de 100 % d’efficacité).
En bref, à cette période, évitez les avermectines souvent trop efficaces !


Objectif atteint : l’immunité !
Concernant les strongles, si ces protocoles de vermification ont été respectés, vos animaux seront immunisés, il sera donc inutile de les retraiter les années suivantes. Toutefois, tout animal présentant des symptômes (poils piqués, toux à l’herbage*) devra être prioritairement vermifugé (action rémanente à l’herbe ou action immédiate si proche de la rentrée en stabulation).
Votre vétérinaire est votre meilleur conseiller pour l’établissement d’un protocole contre les parasites de pâturage, n’oubliez pas de lui parler de l’immunité des animaux souvent oubliée au profit d’un déparasitage total du troupeau.

Guy CORBEILLE, conseiller référent Viande Bovine
Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais

* Bronchite vermineuse souvent développée lors de printemps ou d’été humides.

Traiter résulte d’un choix raisonné, qui tiendra compte des catégories d’animaux, des parasites que votre animal rencontrera, de l’utilisation des prairies, des examens effectués pour confirmer les contaminations possibles et surtout, de l’avis de votre vétérinaire qui connaît très bien votre environnement.
Attention : la répétition de traitements mal adaptés ne permet pas l’installation de l’immunité. Il est, de plus, possible de développer des phénomènes de résistances.

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