Le Syndicat Agricole 04 septembre 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Tradition - Le Nord, terroir de bonbons

La Maison de la confiserie à Wattignies propose de découvrir l’histoire des bonbons dans la région.

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La région compte de nombreuses spécialités de confiserie. La Bêtise de Cambrai et les Petits Quinquins figurent parmi les plus connus. Le mythique Carambar a vu le jour à Marcq-en- Barœul en 1954 dans l’usine du Chocolat Delespaul-Havez. Les enfants peuvent participer à l’atelier de fabrication de bonbons. Ici, ils utilisent une machine pour découper des bonbons en forme de berlingot. Le secret de fabrication d’un bonbon, c’est la température ! « Réalisé un bonbon à partir de sucre cuit nécessite beaucoup de précisions, c’est au degré prêt », explique, Pierre Lebacque. Lors de l’atelier de fabrication, les visiteurs doivent deviner, grâce à l’odorat, les parfums du futur bonbon ; un colorant est aussi ajouté pour donner une couleur à la friandise. Un exemple de valise de présentation de bonbons de commerciaux qui parcouraient la région pour trouver des distributeurs.

Berlingots, sucettes, guimauves, caramels, dragées, pâtes de fruit... Les confiseries ont un petit goût d’interdit et d’enfance. Les dents qui collent et les blagues Carambar dans la cour de récré sont des madeleines de Proust pour beaucoup d’entre nous. En 2013, l’annonce faite par Carambar de mettre fin aux blagues à l’intérieur de l’emballage du caramel mou a entraîné une levée de bouclier des consommateurs. Il s’agissait en fait d’un canular organisé par la marque pour faire parler d’elle, mais la forte mobilisation des consommateurs, notamment par le biais de pétitions sur Internet, montre l’attachement que nous avons tous pour les bonbons. Ils font partie de notre patrimoine gastronomique. D’ailleurs, chaque région à ses spécialités. À commencer par le Nord-Pas de Calais, terre de bonbons par excellence : le Carambar est un bon exemple puisqu’il a vu le jour à Marcq-en-Barœul, en 1954, dans l’usine du Chocolat Delespaul-Havez.
En France, la moitié des bonbons emballés sont fabriqués dans des usines du Nord-Pas de Calais, principalement situées autour de la métropole lilloise. On peut citer Lutti à Bondues, Bouquet d’Or à Villeneuve d’Ascq, Verquin à Tourcoing, Chocmod à Roncq ou encore La Pie qui Chante à Marcq-en-Barœul. « La présence de la betterave et de l’industrie sucrière explique en grande partie la tradition de confiserie de la région », avance Aimé Baudrin, président de la Maison de la confiserie. À Wattignies, au sud de Lille, la Maison de la confiserie propose de découvrir l’histoire des bonbons dans la région liée au développement de l’industrie du sucre. Ce sont les anciens salariés de l’usine La Pie qui Chante, basée à Wattignies jusqu’à la fin des années 1990, qui sont à l’origine de l’association qui gère le site. Les bonbons de la marque française sont désormais fabriqués dans une usine du groupe Cadbury à Marcq-en-Barœul. « À la fermeture du site, les salariés ont souhaité mettre en avant le savoir-faire des confiseurs et garder la trace de l’épopée industrielle longue de 70 ans sur le site de Wattignies », explique Aimé Baudrin. L’association naît en 2001, mais la Maison de la confiserie voit le jour en 2005 et s’installe dans des locaux mis à disposition par la ville de Wattignies. « Nous avons préféré opter pour le terme de “maison”, plutôt que celui de “musée”, avance Aimé Baudrin, car nous mettons en valeur un patrimoine et un savoir-faire encore bien vivant ! ». Aujourd’hui, une centaine de personnes adhèrent à l’association. Aux salariés de La Pie qui Chante sont venus se greffer des passionnés de confiserie de tous horizons.


Se cultiver en s’amusant
La Maison accueille environ 3 000 visiteurs par an. Les visites se font en petits groupes, souvent sur rendez-vous, mais le site ouvre aussi ses portes le deuxième dimanche du mois et pour les Journées du patrimoine. Les bénévoles de l’association accueillent des groupes de tous âges. Pierre Lebacque, instituteur à la retraite est l’un d’eux. Quand il accueille un groupe d’enfants, il utilise son sens de la pédagogie pour leur faire découvrir la principale matière première qui compose les bonbons : le sucre. Le propos s’accompagne aussi d’un peu de prévention bucco-dentaire ! Le moment le plus attendu par les enfants est l’atelier de fabrication de bonbons. Là, c’est Gilbert Lefief, un ancien du service « recherche et développement » de La Pie qui Chante, qui est à la manœuvre. Son métier a de quoi intéresser les enfants ; dans les cuisines de l’usine, il a mis au point des dizaines de recettes de nouveaux bonbons ! Les visites adultes sont plus axées sur l’histoire et l’origine des produits et les techniques de productions. Ils visionnent également un film intitulé « Les chemins du sucre », retraçant l’histoire des bonbons dans la région. « L’objectif des visites est que les gens prennent du plaisir à se cultiver et à connaître les produits », affirme Aimé Baudrin.
Au fil du temps, la Maison de la confiserie est devenue celle de tous les professionnels du secteur. Elle bénéficie d’ailleurs du soutien de nombreux confiseurs et chocolatiers de la région. « Elle porte leur image de dynamisme, de technicité et d’humanisme », s’enthousiasme Aimé Baudrin.

Virginie Charpenet

Précisions... Une histoire qui ne manque pas de sel !

Au XIIe siècle, l’Europe découvre la canne à sucre grâce aux Croisés : c’est le début de la confiserie. D’une part, le sucre était utilisé comme un remède et vendu chez les apothicaires (pharmaciens) et d’autre part, il était employé comme moyen de conservation du fruit. Les confiseries de luxe apparaissent avec la vente des premiers fruits confits.
À la fin du XIVe siècle, l’Europe met en place le commerce du sucre, qui permet l’essor de la confiserie. Au XVIIe siècle, les confiseurs ouvrent des boutiques à Paris. C’est à ce siècle que serait né le terme « bonbon » : « On raconte qu’à la cour d’Henry IV, Marie de Medicis ayant rapporté des sucreries d’Italie, des enfants se sont écriés « Bon ! bon ! » lorsqu’ils en ont goûté », explique Aimé Baudrin.
En France, au XIXe siècle, c’est le blocus continental imposé par Napoléon aux Anglais pour les empêcher de commercer avec le reste de l’Europe qui va permettre le développement de l’industrie à partir de betterave et rendre le sucre accessible au plus grand nombre par son coût attractif. Cette révolution offre la possibilité aux confiseurs de créer de nouvelles sortes de bonbons et d’industrialiser progressivement leur production.
Après la Seconde Guerre mondiale, le marché des bonbons explose et devient une industrie qui propose des gammes de bonbons aux formes, aux goûts et aux couleurs toujours plus variés.

Infos pratiques
Pour visiter la Maison de la confiserie :
- sur rendez-vous pour des visites de groupes planifiées,
- ouverture le 2e dimanche de chaque mois ;
- ouverture lors des journées du patrimoine au mois de septembre.
Adresse : 24 rue Guynemer à Wattignies. Tél. : 03 20 96 03 46, Email : maisondelaconfiserie@orange.fr, site Internet : www.maisonconfiserie.fr

6,3 kg par Français et par an
Aujourd’hui, il se consomme 6,3 kg de bonbons par personne en France, soit 100 000 tonnes par an (dans l’ensemble du pays). Bien loin des pays nordiques (plus de 7 kg) et d’autres pays européens : au Danemark, on consomme 13,5 kg de bonbon par personne, au Royaume-Uni, 14,7 kg.

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