Le Syndicat Agricole 04 juillet 2013 à 14h47 | Par Le Syndicat Agricole

Stockage - « Un outil pour gagner en marge »

Le Gaec Mespeaux à Locon (62) a choisi les modules individuels d’atmosphère contrôlée Janny MT pour la conservation des pommes et poires.

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Maxime et Samuel Monvoisin possèdent aujourd’hui environ 250 modules, et réfléchissent à l’achat de 30 t de stockage supplémentaires.
Maxime et Samuel Monvoisin possèdent aujourd’hui environ 250 modules, et réfléchissent à l’achat de 30 t de stockage supplémentaires. - © DR
Maxime et Samuel Monvoisin exploitent un verger d’une dizaine d’hectare à Locon (62). Ils vendent leurs produits en direct sur les marchés, ainsi que sur 2 points de vente collectifs.
Voilà maintenant 6 ans qu’ils utilisent des modules individuels d’atmosphère contrôlée (AC) pour la conservation des pommes et poires. « Nous avons adopté ce système après un premier essai concluant, expliquent-ils. Depuis, nous avons acheté au fur et à mesure d’autres modules. Aujourd’hui, nous en disposons d’environ 250. Chacun peut contenir jusqu’à 250 kg de pommes ou environ 290 kg de poires. » Fabriqués par la société française Janny MT basée à Péronne (Saône-et-Loire), ces modules se destinent aux arboriculteurs et maraîchers équipés d’une chambre froide classique, et qui commercialisent eux-mêmes leur production. D’après Maximilien Cornélie, responsable commercial Nord-Est du fabricant bourguignon, ils sont un outil pour gagner en marge: « La prise de risque est mesurée avec un retour sur investissement assez rapide, puisque le gain sur le prix de vente du produit est immédiat ».

Plus qu’une simple boîte
Les modules Janny MT sont bien plus qu’une simple boîte: ils permettent de rallonger la durée de vie des fruits et légumes. Comment? Le procédé repose sur le contrôle de la respiration des produits. En clair, il s’agit de créer naturellement des conditions d’atmosphère contrôlée dans chaque unité: la réduction de la teneur en O2 et une faible augmentation de la concentration en CO2 permettent de ralentir le métabolisme du produit sans intoxication due au CO2. Cet équilibre est possible grâce à l’étanchéité de la caisse palette et du capot rigide équipé de membranes sélectives pour la diffusion passive des gaz. Les modules offrent ainsi une solution de conservation efficace pour les pommes, poires et prunes, ainsi que pour d’autres fruits et légumes (cf. encadré). D’ailleurs, il est possible d’utiliser le même module pour la conservation de différents produits au cours de l’année. « Ils permettent de garder intact le fruit quasiment d’une année sur l’autre, souligne Samuel Monvoisin. Les pommes conservent leurs qualités gustatives et de coloration, leur croquance et leur jutosité, c’est comme si on venait de les cueillir dans le verger. » Surtout, la perte de poids est minime: inférieure à 1 % après 210 jours de stockage pour les pommes tardives, standards et précoces.

Souplesse dans la gestion des stocks et la conservation
« L’utilisation des modules est assez aisée, indique Maxime Monvoisin. Il faut mettre le produit dans le bac dans les meilleures conditions sanitaires possibles (notons que pour les pommes, le stade de maturité à la cueillette est différent. Il faut les récolter plus tôt lors du 1er passage dans le verger); puis après refroidissement des fruits, on met en place le capot. Ensuite, on doit suivre l’évolution de l’atmosphère durant la période de stockage en relevant les teneurs en O2 et CO2 dans chaque module, grâce à un analyseur de gaz. Au besoin, il suffit d’ouvrir ou de fermer une membrane pour maintenir l’équilibre gazeux autour du fruit. Comme il n’y a pas d’adjonction de gaz, les accidents en chambres froides, dus à la raréfaction de l’oxygène sont évités ». En devenant lui-même technicien, le producteur gagne aussi en autonomie et sur les coûts de maintenance chambre froide. Ces relevés sont importants puisqu’ils permettent au producteur d’éviter certains problèmes de conservation fréquents en atmosphère contrôlée, comme le cœur rose pour les poires. En outre, l’utilisation des modules freine le développement de certaines maladies, notamment le glœsporium pour la pomme (diminution de presque 80 % de fruits atteints), qui se développe généralement en décembre/janvier en chambre froide classique, et en février/mars en atmosphère contrôlée. « C’est un peu moins efficace pour les échaudures (Scald), précise Samuel Monvoisin. Le module retarde son apparition, mais on en a quand même. » Autre avantage: une stratégie de conservation adaptable, avec une gestion plus fine des stocks et de la conservation par rapport à un système ULO (Ultra Low Oxygen). Le module permet en effet aux producteurs de s’équiper en fonction de la progression de leur production, alors qu’un système ULO implique un investissement de départ nettement plus important. « Le stockage en module individuel nous apporte plus de souplesse, affirme Maxime Monvoisin. C’est intéressant pour nous de pouvoir stocker et déstocker en petite quantité, car on travaille beaucoup de variétés, et le conditionnement se fait en sachet de 3 kg. »

Souplesse dans la commercialisation
D’autant qu’avec un produit « qualité atmosphère contrôlée », les frères Monvoisin peuvent allonger le créneau de commercialisation de leurs pommes et poires, et mieux achalander les points de vente sur une période plus longue: « On commence à ouvrir les modules quand le stock conservé en froid conventionnel est quasi épuisé vers mi-avril, confirme Samuel Monvoisin. Sans cela, on serait limite au niveau de la conservation en fin de saison. » Ce qui a pour effet d’améliorer la rentabilité économique des produits commercialisés en fin de campagne: « Avec ce système, nous avons tout le temps pour vendre nos pommes et poires en juin et juillet sur les marchés, et ce à un bon prix, ajoute-t-il. Alors qu’en froid normal, on serait obligé de les liquider chez un grossiste pour 3 ou 4 fois moins. »

MDS



Les modules de stockage Janny MT permettent de conserver*

330 jours les pommes, 40 à 45 jours les prunes, 240 jours les poires, 60 à 90 jours les choux blanc et rouge, 45 jours le poireau, et 21 jours la salade.
* En fonction des variétés.


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