Le Syndicat Agricole 22 septembre 2016 à 13h00 | Par Le Syndicat Agricole

Stockage et conditionnement 3.0

Des champs aux filets, découverte de l’entreprise Pomuni qui conditionne 65 000 t de pommes de terre par an.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
La chambre de stockage temporaire de Pomuni à Esquelbecq (59). © DR Après le lavage des pommes de terre, une partie du tri se fait manuellement. © DR Pierre Ammeux, directeur général de Pomuni. © DR Le conditionnement avec la mise en filet de certains lots. © DR  © DR Jean-Luc (au premier plan) et Jean-Georges Dieusaert. © DR

Aux quatre coins de la région, les arrachages de pommes de terre ont commencé cette semaine. Du côté des centres de stockage et de conditionnement, les équipes se préparent à recevoir la nouvelle récolte. C’est le cas de Pomuni, négociant installé à Esquelbecq dans le Nord. La société nous a ouvert pour la première fois les portes de sa station équipée d’une technologie de pointe.

Les tubercules passés au crible
Tout au long de l’année, Pomuni s’approvisionne auprès de 130 producteurs sous contrat. Près de 70 % d’entre eux cultivent en Flandre intérieure et maritime (entre Wormhout et Calais). « Le reste provient de Picardie (10 %), de la Beauce (10 %), de Seine-Maritime (5 %) et de Champagne », indique Pierre Ammeux, directeur général de Pomuni. Dans la zone de réception, les pommes de terre, qui arrivent en vrac, sont agréées et calibrées. « Des échantillons sont prélevés à raison de 40 à 50 kg par 30 t, explique Maxime Jonaczyk, directeur commercial. Notre service qualité les soumet à une batterie de tests au sein du laboratoire d’analyses : défauts éventuels, endommagements internes, taux de MS, aptitudes culinaires (friture, four, vapeur…) ». Les pommes de terre passent ensuite par un déterreur avant d’être versées dans un palox. Chaque grande caisse de bois se voit attribuer un numéro de lot qui reprend toutes les informations sur la cargaison livrée, la variété, le champ d’où proviennent les pommes de terre et le moment de leur livraison. « Elles sont placées en chambres de stockage temporaire (7 000 t de capacité) à une température comprise entre 6,5 et 10 °C selon les variétés », complète le responsable. Près de 30 variétés sont traitées par jour, 60 à 70 au total sur une campagne pour 1 200 références par an.

Lavage et triage avec des diodes lumineuses
Selon les commandes, le cariste amène les palox un par un dans le hangar de lavage. Les pommes de terre traversent alors une panoplie de machines : épierreur, tambour de machine à laver puis rampes de rinçage. « En 1988, nous étions le premier site de France à laver les pommes de terre de consommation », souligne Pierre Ammeux. Une pratique qui s’est généralisée depuis. Sur le circuit, un séchage naturel est effectué sur des tapis de feutrine qui absorbent l’eau excédentaire. « Un tri optique avec des diodes lumineuses permet de sélectionner les pommes de terre en fonction de leur taille et de leur forme », précise le directeur. Un triage manuel complémentaire est tout de même effectué. En bout de chaîne, les pommes de terre sont emballées selon les désirs et les besoins des clients. Cette étape de conditionnement est assistée par ordinateur et parfois robotisée. « Un robot remplit automatiquement des filets de 25 kg et un autre, poly-articulé (semblable à ceux utilisés par l’industrie automobile, ndlr), se charge de rassembler les filets et de les déposer dans des cartons », poursuit Maxime Jonaczyk. À court terme, Pomuni a pour projet d’étendre sa zone de conditionnement en construisant un nouveau bâtiment. Près de 90 % des pommes de terre conditionnées par l’entreprise nordiste partent sur le marché français. La majorité de la production (75 %) est destinés à la grande distribution et l’autre partie à la restauration hors-foyers (RHF). Le reste prend la direction de la Scandinavie, de la Roumanie, de l’Italie et de l’Espagne.

Simon Playoult

Zoom sur... Les experts de la Samba

Variété demi-tardive, à la chair tendre et farineuse, la Samba est reine sur les terres de Jean-Luc et Jean-Georges Dieusaert, producteurs à Wormhout (59). Il y a 25 ans, leur exploitation a été l’une des premières à cultiver cette pomme de terre pour Pomuni. « Aujourd’hui, nous ne cultivons plus que cette variété, indique Jean-Georges Dieusaert. Elle a été spécialement développée pour la RHF et présente de bons débouchés ». Au fil des années, les deux passionnés sont devenus experts de l’itinéraire technique de la culture et de son stockage. L’exploitation possède un hangar ventilé de 720 m2 dans lequel les pommes de terre peuvent sécher puis être conservées à 6 °C. « En fonction de la demande, nous pouvons fournir Pomuni de janvier à mi-mai », indique Jean-Luc Dieusaert. Dans les champs, 2016 est une année en demi-teinte pour le Nord et le Pas-de-Calais. La pousse a été perturbée par un excédent de précipitations au printemps puis par un déficit depuis le 1er août. « Les rendements devraient chuter de 20 % environ par rapport à l’année dernière », estiment les producteurs.

Pomuni France

- L’entreprise se situe parmi les 5 premières sociétés de négoce en pommes de terre en France (sur 220 entreprises). Elle a été rachetée en 2006 par le groupe belge Muyshondt.
- 100 salariés.
- 65 000 t de pommes de terre conditionnées par an (150 à 160 t par jour), dont 15 000 t de Samba (four, purée), 6 000 t d’Amandine (vapeur, rissolée) et 5 000 t d’Orchestra.

Des puces dans les patates

Chez Pomuni, le suivi est assuré par la technique numérique de la radio-­identification, plus souvent désignée par le sigle RFID (de l’anglais « radio frenquency identification »). Cette méthode permet de mémoriser et de récupérer des données à distance en utilisant des marqueurs appelés « radio-étiquettes » directement collées sur les palox. « Ces puces nous permettent de connaître exactement où se situe le lot sur notre site, dès son arrivée et jusqu’à son départ », explique Maxime Jonaczyk.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui