Le Syndicat Agricole 31 janvier 2013 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Sommet du Végétal - Attention à ne pas compromettre la compétitivité des grandes cultures

Les producteurs de grains d’Orama sont très inquiets des propositions de réforme de la PAC et des décisions qui pourraient être prises en matière de protection de l’environnement.

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Les producteurs craignent que les décisions environnementales prises dans le cadre de la PAC ne remettent en question la compétitivité des grandes cultures.
Les producteurs craignent que les décisions environnementales prises dans le cadre de la PAC ne remettent en question la compétitivité des grandes cultures. - © F. Carbonell
«Nous ne voulons pas d’un bilan de santé bis », a déclaré Philippe Pinta, président d’Orama, à l’adresse du ministre de l’Agriculture, lors du Sommet du Végétal qui s’est déroulé à Évreux, les 23 et 24 janvier. La principale préoccupation du président d’Orama est que des décisions irréfléchies en matière de réforme de la PAC aboutissent à dégrader la compétitivité des grandes cultures et à créer des distorsions de concurrence avec nos voisins allemands. La France est aujourd’hui le grenier à blé de l’Europe. « Une situation loin d’être acquise » s’inquiète Philippe Pinta. Orama redoute le scénario du porc et de la volaille. En 10 ans, l’aviculture a perdu 17 % de sa production pendant qu’elle progressait de 70 % outre-Rhin, et la production porcine a reculé de 14 % tandis que l’Allemagne enregistrait une hausse de 37 %.
« Il nous faut des règles du jeu simples, lisibles et constantes dans le temps, les mêmes pour tous et fixées au niveau européen », déclare le président. « Il est stratégique qu’il n’y ait pas de distorsions entre un céréalier français et un céréalier allemand », insiste-t-il. Sont visées les propositions diverses et variées pour coupler ou cibler les aides sur telle ou telle production, telle région ou tel type d’exploitation. Et notamment le souhait du ministre de l’Agriculture de surprimer les 50 premiers hectares. Orama a calculé que si le projet était adopté, seuls les 50 premiers hectares bénéficieraient d’aides, car il ne resterait rien pour les hectares suivants, verdissement mis à part. « C’est de l’arithmétique, c’est inacceptable », conclut Philippe Pinta. Sur le projet de la Commission, les propositions de cette dernière en matière de verdissement sont loin d’être partagées. Orama ne remet pas en cause le taux de 30 %, mais estime que le taux de jachère projeté à 7 % est « une aberration » et s’apparente à « de la jachère obligatoire ». S’agissant de la convergence des aides au sein de chaque État membre, Philippe Pinta demande à ce qu’elle soit « progressive et linéaire sur une période allant au-delà de 2020 », la proposition d’une première marche à 40 % en 2014 devant en tout état de cause être abandonnée.

Divergences
Sur ce sujet, les producteurs de grains comme la FNSEA ont réussi à convaincre le ministre de l’Agriculture: « On n’aura pas de taux unique en 2020, la plupart des pays qui sont sur les références historiques sont d’accord là-dessus », a assuré Stéphane Le Foll. En revanche, il tient à ce que la prochaine PAC contribue au rééquilibrage des aides. « Les écarts sont très importants en France, nous devons maintenir des aides suffisantes en polyculture élevage et nous devons primer un peu plus les premiers hectares que les autres, sans remettre en cause la pérennité de l’ensemble de l’agriculture », a-t-il confirmé. Sur le verdissement, le ministre s’inscrit dans les propositions de la Commission. Pas question donc de les remettre en cause. Le ministre tient à avoir « un cadre européen précis » pour éviter les distorsions de concurrence qui ne manqueraient pas d’apparaître si les États avaient le choix des mesures.
Très attendu sur les questions environnementales qui brident la compétitivité des grandes cultures, le ministre n’a pas convaincu. « Si nous n’anticipons pas, elles nous rattraperont », a-t-il indiqué. Alors que les producteurs de grains attendaient des réponses précises sur la protection des aires d’alimentation de captage, la gestion de l’eau et la création de retenues collinaires, la protection des plantes et l’enrobage des semences, la sélection variétale et les biotechnologies. Certes, les producteurs de grains sont prêts « à produire autrement » comme le souhaite le ministre. Mais ils aimeraient au préalable que les efforts déjà engagés soient reconnus et que les innovations scientifiques et techniques soient prises en compte. Là-dessus, il faut reconnaître que le malentendu entre le ministre et les producteurs de grains n’a pas été levé.

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