Le Syndicat Agricole 21 février 2013 à 11h17 | Par Le Syndicat Agricole

Solidarité - Le monde agricole veut créer une structure dédiée à l’aide alimentaire

Suite à la décision de l’UE de diminuer de 30 % l’aide alimentaire, la FNSEA veut créer une interface destinée à recevoir les dons des agriculteurs.

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Selon le président de la FNSEA, beaucoup d’agriculteurs souhaiteraient donner, et pas seulement leur surplus.
Selon le président de la FNSEA, beaucoup d’agriculteurs souhaiteraient donner, et pas seulement leur surplus. - © P. Torset, FEBA

« J’ai du mal à comprendre que l’on puisse ergoter pour quelques centaines de millions d’euros pour l’aide alimentaire. » À la suite de la baisse annoncée du soutien européen à l’aide alimentaire aux plus démunis, Xavier Beulin, président de la FNSEA, « scandalisé » par la décision, a révélé le 11 février un projet en cours en vue de pallier ce manque à gagner pour les œuvres caritatives françaises (cf. encadré « Précisions »). Cette initiative de la centrale agricole vise la mise en place d’une structure, de type fondation, destinée à recevoir les dons, notamment en nature, que souhaiteraient faire les agriculteurs. Ils seraient ensuite reversés aux associations comme les Restaurants du cœur, les Banques alimentaires, la Croix rouge, ou encore le Secours populaire.
Le sujet n’est pas nouveau : depuis 2 ans, le syndicat réfléchit à ce dispositif fédérateur entre le monde agricole et sans doute l’aval de la filière : « On pense surtout aux coopératives et aux industries agroalimentaires », souligne Xavier Beulin. Tous les produits seraient concernés. « Prenons un exemple : si un producteur veut donner 2 tonnes de blé ou 2 tonnes de maïs, il ne le peut pas aujourd’hui. Il faut que l’on puisse disposer d’une interface qui permette d’accueillir ce type de don, de le transformer en valeur monétaire, et à partir de cette valeur monétaire, de pouvoir bénéficier d’achats de repas. » Selon le président de la FNSEA, beaucoup d’agriculteurs souhaiteraient donner, et pas seulement leur surplus.

Du volume, mais aussi de la qualité nutritionnelle
À travers ce projet, le syndicat entend répondre aux besoins en matière de volumes disponibles, mais également en matière de qualité nutritionnelle. « Ce n’est pas parce que l’on est démuni que l’on n’a pas le droit à un équilibre alimentaire dans les repas qui sont servis. L’idée c’est aussi de travailler sur cette question de repas plus équilibrés », a souligné Xavier Beulin.
Un autre objectif est de parvenir à limiter le gaspillage alimentaire. C’est aussi le souhait du ministre délégué à l’Agroalimentaire, qui a lancé en janvier une campagne pour lutter contre ce fléau. « Ce qui suppose derrière que les circuits, aussi bien d’approvisionnement que de distribution, notamment pour tout ce qui est frais, se renforcent. » La collecte et la redistribution de ce type de produits doivent en effet se faire sur des laps de temps très courts, ce qui nécessite une connaissance des volumes disponibles, de la qualité des produits, des dates de péremption... Soit tout une logistique à mettre en place, « dans un cadre mieux organisé qu’il ne l’est aujourd’hui », a commenté le président du syndicat.

Un traitement fiscal à préciser
À l’occasion du Salon international de l’agriculture, le président de la FNSEA devrait préciser le projet, mené en étroite collaboration avec son prédécesseur, Jean- Michel Lemétayer, et l’ancienne présidente des producteurs de Légumes de France, Angélique Delahaye, désormais engagée auprès de Guillaume Garot au sein de son comité de pilotage contre le gaspillage alimentaire. De nombreux points restent à définir, notamment les garanties nécessaires sur le plan juridique, sur le plan hygiène, santé et sécurité des aliments, mais également sur le plan fiscal. Quel traitement en la matière demain ? : quand un agriculteur fait un don en nature aujourd’hui, il ne bénéficie pas en retour de reconnaissance fiscale. « Nous travaillons actuellement sur ce point avec les services de Bercy. Nous avons besoin d’obtenir des assurances », a indiqué Xavier Beulin, avant de réaffirmer la nécessité du dispositif, au regard non seulement de la diminution de l’aide européenne, de la demande croissante des organisations caritatives, mais aussi de l’absence de substitut à la suppression des stocks européens depuis les années 1980.

Zoom sur... La France compensera la baisse de l’aide aux démunis « à l’euro près »

«Cette baisse sera compensée à l’euro près en France », a indiqué le 9 février le ministre délégué à l’Agroalimentaire, à RTL, à la suite de l’annonce de l’Union européenne de réduire l’aide alimentaire. « Je parle d’une compensation par l’État, mais si des acteurs économiques sont prêts à faire un geste de solidarité, bien évidemment, ils seront les bienvenus ». Guillaume Garot a affirmé que la solidarité ne diminuerait pas en France. Pour le moment, ni l’Elysée, ni Matignon, n’ont confirmé cette information.

Précisions : Les associations caritatives « déçues et préoccupées »

«Les chefs d’État demandent aux pauvres de sauter un repas sur deux », commentent les Banques alimentaires, la Croix rouge, les Restaurants du cœur et le Secours populaire français, dans un communiqué daté du 8 février, à la suite de la diminution de 30 % de l’aide européenne alimentaire aux plus démunis. Les associations se disent « déçues et préoccupées par les conséquences de cette décision ». Elles craignent de se trouver « devant des choix inhumains : donner moins, à qui et sur quels critères ? » Elles demandent dans ce sens aux dirigeants français, à la Commission et au Parlement européen de s’organiser pour aboutir à « un programme cohérent avec l’objectif ambitieux de l’Union européenne : réduire de 25 % le nombre de pauvres d’ici à 2020 ».

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