Le Syndicat Agricole 03 janvier 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Semis - Semis tardifs en bio : quelles espèces et variétés choisir ?

Certaines variétés bio sont moins adaptées au semis d’hiver. Quelle culture choisir dans ce cas ?

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Une fois la variété choisie, il reste à ajuster la dose de semis.
Une fois la variété choisie, il reste à ajuster la dose de semis. - © J.C. Gutner

Le semis de blé est encore possible mais il faut savoir que certaines espèces ne sont plus à semer. C’est le cas de l’avoine d’hiver qui ne sera pas suffisamment développée pour affronter le froid. Son grain peut geler, notamment en phase d’imbibition (humectation de la graine). Par exemple, les variétés Bastion et Gerald ont gelé sur un semis du 6 janvier 2013. À cette céréale s’ajoute l’épeautre qui est une céréale de type très hiver. Autant abandonner ces deux espèces et passer à des céréales de printemps.
Pourtant, il est toujours possible de semer du blé d’hiver mais dans ce cas, il vaut mieux tenir compte de plusieurs critères dans le choix de la variété.


L’importance de la vernalisation
Pour qu’une céréale passe de l’état végétatif à l’épiaison, elle a besoin d’une certaine somme de températures basses avec un optimum se situant entre 3 °C et 11 °C. Au-delà, le processus est acquis d’autant plus lentement que la température s’éloigne de ces 2 seuils. Ce processus de vernalisation s’annule à des températures supérieures à 17 °C ou inférieures à - 4 °C. Contrairement aux idées reçues, les périodes de grand froid ne contribuent pas à la vernalisation.
En outre, la vernalisation ne peut débuter que si le grain est imbibé ou germé. Selon les variétés, les besoins en jours de vernalisation varient de 15 jours (type très alternatif) à 60 jours (variété très hiver). Ce besoin de vernalisation détermine un classement des blés en fonction de grand type: très hiver, hiver, 1⁄2 hiver, 1⁄2 alternatif, alternatif et printemps.


Les plages de semis du blé en fonction de la variété
Les blés de type très hiver et hiver comme Renan sont à abandonner. Il faut choisir des types 1⁄2 hiver à 1⁄2 alternatif, voire de type printemps pour des semis au delà du 20 février (cf. tableau 1).
Une fois la variété choisie, il reste à ajuster la dose de semis. En plus des préconisations habituelles, il est impératif de prendre en considération l’état du sol au moment du semis et d’ajuster la dose. On pourra prendre comme base le tableau 2. Pour le triticale, la préconisation est la même mais on ne retient que 85 % de la densité de semis du blé.
En cas de risque de perte moyen, on peut augmenter la dose de semis de l’ordre de 25 %. Dans le cas de risques élevés (mauvaise préparation du lit de semence, mauvaise profondeur de semis et fonte de semis), on pourra augmenter la dose de semis de 35 %.
Mieux vaut retarder encore un peu plus la date de semis et semer dans de bonnes conditions! En effet, sur structure tassée et en anaérobie, le cycle de la matière organique sera perturbé, d’où une minéralisation de l’azote déficiente.


Le triticale est une alternative au blé
Le triticale peut remplacer le blé à cette époque car le panel de variétés alternatives disponibles est plus important. De plus, le système racinaire étant plus puissant, il explorera mieux le sol si sa structure est dégradée. Le tableau 3 reprend les variétés à semer.


Et pourquoi pas des espèces de printemps?
Si les conditions pédoclimatiques de l’hiver ne sont pas favorables au semis, on peut envisager un report du semis au printemps. Les blés et triticales sont bien sûr possibles mais il est également envisageable de semer d’autres espèces comme l’orge ou l’avoine nue ou vêtue. Ces dernières étant moins exigeantes en azote, l’expression du rendement sera en leur faveur par rapport aux blés et triticales. Mais au-delà de la comparaison du rendement entre espèces, l’intérêt doit également se porter sur la plus-value économique d’un tel choix. Au printemps 2013, une expérimentation au champ nous a permis d’obtenir les résultats figurant dans le tableau 4. Si l’avoine nue dégage la meilleure marge, c’est aussi le débouché qui guidera le choix d’une espèce à semer.
Notons tout de même que l’essai céréales bio 2013 a montré que des blés alternatifs à printemps semés début janvier présentent  de meilleurs résultats que ces mêmes variétés implantées au printemps. Ainsi, Lennox, Bombona ou Togano implantés début janvier ont présenté des marges supérieures ou égales aux meilleurs résultats des semis de printemps.
La conclusion pourrait ainsi être: si les conditions permettent de semer des blés alternatifs tardivement dans de bonnes conditions, il est préférable de s’orienter vers ce choix comparé à des semis de printemps. Ce résultat est bien sûr à repositionner dans le cadre d’un printemps 2013 froid ayant retardé le cycle de minéralisation de l’azote. L’essai est reconduit en 2014 pour confirmer ou infirmer ces résultats.

Alain Lecat, Robin Guilhou,
Chambre d’agriculture de Région Nord-Pas de Calais

Pour un complément d’informations : compte rendu de l’essai céréales bio récolte 2013, disponible sur le site http://www.agriculture-npdc.fr/publications-betae/productions-biologiques.html


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