Le Syndicat Agricole 21 mars 2016 à 18h00 | Par Le syndicat agricole

Sélection végétale et bioéconomie : la France et les Pays-Bas sur la même longueur d’onde

Plus d’une centaine d’entreprises et d’organisations hollandaises et françaises se sont réunies à Paris le vendredi 11 mars en marge de la visite officielle du couple royal des Pays-Bas.

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«Aucun semencier ne mettra en marche un plan de production en France s’il n'est plus en capacité d’exporter », prévient le directeur de l’UFS, faisant référence au possible bannissement des néonicotinoïdes.
«Aucun semencier ne mettra en marche un plan de production en France s’il n'est plus en capacité d’exporter », prévient le directeur de l’UFS, faisant référence au possible bannissement des néonicotinoïdes. - © Stéphane LEITENBERGER

À l’initiative de la mission économique des Pays-Bas, plus d’une centaine d’entreprises et d’organisations françaises et hollandaises se sont rencontrées à Paris le vendredi 11 mars. Parmi les thèmes abordés, ceux concernant la sélection végétale, l’essor de la bioéconomie et des innovations alimentaires ont été développés lors de tables-rondes programmées à l’occasion.

Renforcer le certificat d’obtention végétal
En rapport à la sélection, la question des brevets a une nouvelle fois centralisé les échanges. «Beaucoup de pays du monde ont les yeux rivés sur comment l’Europe traite cette question », remarque Niels Louwars, directeur de Plantum, l’association néerlandaise pour le secteur de la reproduction de matériel végétal et co-modérateur de la table-ronde avec Eric Devron, directeur général de l’Union française des semenciers (UFS). Selon eux, le certificat d’obtention végétal doit-être conservé et renforcé. « Il a été essentiellement question de définir la portée du brevet avec la nécessité d’un réel équilibre », précise Eric Devron. La France et les Pays-Bas représentent à eux seuls plus de 60 % des industries de sélection végétale en Europe. Pour le directeur de Plantum, le brevet ne pourrait s’appliquer que si les trois critères à savoir la nouveauté, l’innovation et l’application industrielle sont réunis. « Le brevet procure trop de protection », insiste-t-il. Même consensus autour des techniques de sélection à proprement parler. « Si des techniques passent sous la réglementation OGM (directive 2001/18/CE ndlr), elles deviendront trop coûteuses et elles ne seront accessibles que pour quelques multinationales », explique Niels Louwaars qui veut éviter de renforcer leurs monopoles.
Concernant le volet relatif à l’agriculture biologique (AB), les semenciers revendiquent soutenir son développement mais avertissent « elle ne doit pas venir concurrencer le marché des semences professionnelles en cherchant à alléger la réglementation européenne », prévient Eric Devron, « nous considérons que le marché des semences bio doit rester avec des standards élevés ».

Dernier sujet traité lors de cette table-ronde, la protection des semences. Un risque de désindustrialisation en France est réel à en croire les porte-paroles du monde de la semence. «Aucun semencier ne mettra en marche un plan de production en France s’il n'est plus en capacité d’exporter », prévient le directeur de l’UFS, faisant référence au possible bannissement des néonicotinoïdes. « Si la France interdit leur utilisation, même si les semences sont destinées à l’export, l’interdiction courra toujours », se désole Eric Devron. À ce titre, la méthode de l’enrobage comprenant fongicide et/ou herbicide est de plus en plus contestée par les pouvoirs publics.

Les blocages de la bioéconomie
« La première barrière c’est le prix », s’accordent à dire Christophe Luguel, responsable des affaires internationales au Pôle de compétitivité d’industries et agro-ressources (IAR) ainsi que son homologue néerlandais Willem Sederel, président de Biobased economy. À l’heure actuelle, le prix resterait trop élevé par rapport aux entreprises conventionnelles. Autre levier délicat, la perception du public. « En Hollande, pour beaucoup le bio fait l’analogie de la nature et de la durabilité mais pour d’autres il signifie voler la terre avec des conséquences sur la fertilité des sols », souligne Willeme Sederel. En France, selon Christophe Luguel, la bioéconomie serait plus perçue comme une menace pour les marchés déjà établis.
Autre frein, la barrière réglementaire. « En agriculture, les déchets intéressent de plus en plus d’entreprises », fait remarquer le président de Biobased Economy, « mais la réglementation est délicate et complexe ». Il faudrait selon eux déclassifier pour donner plus de flexibilité et mieux s’adapter aux besoins des entreprises. Mais la démarche reste trop coûteuse et très bureaucratique. « Aux Pays-Bas, la tige de tomate n’est pas considérée comme un déchet. C’est stupide » conclut-il.

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