Le lin victime de la sécheresse
Les lins ne mesuraient il y a quelques jours que 60 cm, au lieu des 100-120 cm habituels à cette période. - © DR
On le sait, la période de sécheresse qui a atteint le Nord-Pas de Calais, comme le reste de la France, ce printemps 2011, a affecté l’agriculture en général et certaines productions tout particulièrement. C’est notamment le cas du lin. C’est pourquoi le Cipalin (Comité interprofessionnel de la production agricole du lin) a organisé début juillet la visite dans le Pas-de-Calais d’un représentant du ministère de l’Agriculture. Hubert Brisset, président du Cipalin, a ainsi accueilli Jean-Roch Langlade, du ministère, et Olivier Maury, de la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer). Il était accompagné de Philippe Duyck, vice-président de l’AGPL (Association générale des producteurs de lin), Christian Decock de l’URSTL (Union syndicale des rouisseurs-teilleurs de lin), Éric Renier, délégué général du Cipalin et secrétaire général de l’USRTL, Christophe Mallet, directeur de l’AGPL, Bernard Maesse, président des producteurs de lin du Pas-de-Calais, André Fénaux, directeur de la coopérative Opalin, et François Pruvost, d’Opalin également.
1⁄4 des surfaces jugées très mauvaises, la moitié médiocre
Mais il suffit d’arpenter quelques champs, comme l’a fait la délégation ce 6 juillet dernier, pour constater la faible longueur des tiges de lin : environ 60 cm au lieu des 100-120 cm habituels. Apparemment, environ un quart des surfaces serait classé bon, et un quart très mauvais. La moitié restante serait médiocre : entre 50 et 60 cm de haut, et plus ou moins sale.
Les liniculteurs n’en gardent pas moins le moral. « Nous pourrons tout arracher, affirme Hubert Brisset, et nous nous emploierons à tout valoriser au mieux, quitte à classer en toutes fibres une bonne partie de la production. » En effet, pour parer à ce genre d’aléas climatiques, les liniculteurs investissent dans des matériels de récolte performants. Le seul problème reste toutefois leur coût, car seulement 3 constructeurs existent, et ils ne peuvent amortir les coûts de recherche et de production s’ils ne les répercutent pas sur le prix des matériels.
« La rentabilité de la filière, souligne Christophe Mallet, est très dépendante de l’aide à la transformation liée à l’OCM lin et chanvre. » Or, il se trouve que cette aide va être découplée et pourrait ainsi être donnée à des agriculteurs, même s’ils ont arrêté la culture du lin. Évidemment, cela aurait de grandes conséquences sur la filière entière, déjà menacée par les faibles rendements attendus cette année. Les producteurs de lin ont donc donné leur accord pour que l’aide accordée à la transformation soit recouplée afin de lui revenir de nouveau, en attendant la réforme de la PAC en 2013. Reste que le ministre de l’Agriculture doit prendre cette décision, d’où l’importance de la visite d’un représentant du ministère.
M. Langlade a pu constater sur le terrain l’étendue des médiocres rendements. Il a pu constater à la coopérative Opalin – dont Hubert Brisset est également le président – les investissements réalisés par la filière. Il a assuré sa volonté de répercuter auprès du ministre les demandes de la filière.
P.F.
Point de vue de Bernard Maesse, président de la Section lin du Pas-de-Calais
Les producteurs feront l’impossible
En raison de la brièveté de son cycle (100 jours), le lin est une espèce sensible aux aléas climatiques. Cette particularité a des conséquences fortes sur les qualités des productions. Habituellement, la plante monte à 90-100 cm. Cette année, c’est 40 à 45 cm, parfois 70 (en fonction des secteurs). Aussi, tous les producteurs feront l’impossible pour rentrer leur lin malgré toute la difficulté liée, bien évidemment, à la sécheresse. En effet, le peu de longueur va compliquer le ramassage, et des tiges vont certainement rester au sol. Cette perte de rendement et donc de matière première aura probablement des répercussions dans le courant de l’année sur les teillages. Aussi les producteurs, qui sont bien souvent des passionnés de cette culture noble, comptent sur la filière pour être récompensés des efforts qu’ils vont devoir fournir afin de rentrer leur récolte.
EN CHIFFRES
• 75 800
Le nombre d’ha de lin cultivés en Europe
• 60 600
Le nombre d’ha de lin cultivés en France
• 6 600
Le nombre d’ha de lin cultivés dans le Pas-de-Calais en 2011 (+ 8 % par rapport à 2010)
• 4 100
Le nombre d’ha de lin cultivés dans le Nord en 2011 (+ 11 % par rapport à 2010)
• 17,65
Le pourcentage de lin français produit dans la région (les autres grandes régions productrices sont la Seine-Maritime (20 600 ha), l’Eure (11 900 ha), la Somme (6 000 ha) et le Calvados (5 600 ha).
• 11 500
Le nombre d’ha de lin cultivés en Belgique (2 200 ha pour les Pays-Bas ; 1 500 ha pour la Pologne, la République tchèque, la Lituanie et l’Estonie réunies).
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