Le Syndicat Agricole 13 mai 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Se former pour réduire le stress et la pénibilité de l’écornage

La prise en charge de la douleur par l’éleveur lors de l’écornage est désormais actée par les pouvoirs publics et les vétérinaires. Des formations sont proposées pour faire évoluer les pratiques.

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Anatomie et développement de la corne
Anatomie et développement de la corne - © Réussir

L’écornage est vécu comme indispensable pour limiter les risques pour les Hommes et les animaux. Mais c’est aussi une tâche pénible et peu appréciée. Le réseau mixte technologique Bien-être animal a travaillé pendant trois ans pour apporter des solutions pour la prise en charge de la douleur et de l’inflammation dues à l’intervention, tout en améliorant le travail de l’éleveur. Dans le cadre du projet AccEC*, une formation spécifique sur l’écornage a été créée. Ses travaux ont aussi permis aux pouvoirs publics et à la profession vétérinaire de discuter d’un protocole d’écornage, avec la possibilité pour les vétérinaires de prescrire des médicaments pour prendre en charge la douleur.
« L’écornage est pratiqué par les éleveurs depuis plusieurs années. Maintenant, le vétérinaire est en mesure de prescrire des médicaments pour que l’éleveur puisse agir sur les différentes composantes de la douleur », explique Marylise Le Guénic, vétérinaire à la chambre d’agriculture de Bretagne. Mais, pour que cette prescription soit efficace, un véritable échange est nécessaire entre l’éleveur et son vétérinaire. Ce dernier doit pouvoir comprendre comment est réalisé l’écornage pour prescrire les bons médicaments et pour qu’ils soient utilisés dans de bonnes conditions. C’est le moment de faire le point sur les bonnes pratiques d’écornage et de prise en charge de la douleur : quelle anesthésie ? Comment évaluer le poids du veau pour calculer la dose à apporter ? Quels gestes pour réaliser l’anesthésie locale ?

Agir sur la douleur
Dans le cadre du projet AccEC, des essais ont été menés pour mieux comprendre la douleur ressentie par les veaux au cours de l’écornage. La zone du cornillon et de la corne est fortement innervée. Intervenir à cet endroit est douloureux, quel que soit l’âge de l’animal. Cette douleur peut être indirectement mesurée par le taux de cortisol sanguin. Elle comporte trois composantes : le stress ressenti par l’animal du fait des manipulations et de la contention ; la douleur aiguë lors de l’application du fer due à la brûlure des tissus ; l’inflammation des tissus cautérisés, qui peut persister au moins neuf heures après l’intervention. Pour prendre en charge la douleur, il faut agir sur ses trois composantes. L’utilisation d’un sédatif permet de réduire le stress de l’animal. L’anesthésiant local réduit la douleur, et l’anti-inflammatoire réduit l’inflammation qui peut persister plusieurs heures après l’intervention. La réglementation recommande de réaliser l’écornage et l’ébourgeonnage des animaux de plus de 4 semaines sous anesthésie locale ou générale. Avant quatre semaines, l’anesthésie n’est pas obligatoire.

Écorner de 2 à 4 semaines
Pour un ébourgeonnage thermique réussi, un certain nombre de bons gestes, simples, doivent être mis en œuvre. Ils permettent de réduire la douleur ressentie par le veau, mais aussi de faciliter l’intervention de l’éleveur. Il est fortement recommandé de réaliser l’écornage entre 2 et 4 semaines de vie (cf. schéma). « Il faut écorner le plus jeune possible, avoir une bonne contention, tondre et utiliser un matériel adapté », explique Gwenaël Tabart, conseiller, formateur pour le GDS Bretagne. « La tête doit être bien immobilisée, aussi bien pour tondre que pour appliquer le brûle-corne. L’idéal est d’avoir une cage de contention, ou a minima un cornadis équipé d’un anneau de contention. La tonte permet de découvrir le bourgeon cornual et donc d’écorner plus tôt, d’être plus efficace et de limiter les risques d’infection », poursuit-il. Il faut aussi utiliser un matériel adapté. L’ébourgeonnage chimique ne doit être pratiqué que sur les veaux de moins de 2 semaines. Trois gestes sont à proscrire : appuyer fortement, pencher le fer et arracher le cornillon (il tombera tout seul quelques jours après l’intervention).

Virginie Quartier

* AccEC : Accompagner les éleveurs pour une meilleure prise en charge des douleurs animales. Projet Casdar piloté par l’Idele avec la contribution de la Chambre d’agriculture de Bretagne, l’Inra, VetagroSup, Oniris, le CFPPA du Rheu, le centre de formation de Bernussou.

Les pratiques évoluent

Une formation participative a été élaborée dans le cadre du projet et testée auprès d’éleveurs laitiers et allaitants. Des changements importants ont été observés dans leurs pratiques. L’âge des veaux au moment de l’écornage a été avancé afin d’intervenir le plus tôt possible. La contention est aussi bien mieux mise en œuvre chez ces éleveurs. Ils ont bien intégré l’intérêt de la tonte ainsi que le besoin de toucher la zone pour le bon repérage du cornillon. Les éleveurs formés maîtrisent mieux le geste d’écornage : ils appliquent le brûle-corne en une fois sur une durée de dix secondes et sans excès. La vérification de l’anneau de cautérisation et l’application d’un spray antiseptique sont aussi bien entrés dans les pratiques.

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