Le Syndicat Agricole 14 février 2015 à 16h00 | Par Le syndicat agricole

Revenus des agriculteurs : les revenus non agricoles réduisent les disparités

En 2010, le revenu moyen global des foyers d’agriculteurs s’élevait à 38 200 euros en moyenne. Si 63 % de ce revenu provenaient d’une activité agricole, 37 % étaient issus d’autres origines dont 22 % d’activités non agricoles (8 500 euros), 12 % de revenus de la propriété (4 500 euros), et 3 % de pensions ou de retraites (1 300 euros).

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Dans les exploitations laitières et bovines mixtes par exemple, le revenu agricole représente 71 % du revenu global. Les revenus extérieurs sont moins importants. En effet, ces activités sont exigeantes en main d’œuvre et occupent souvent deux temps plein pour la traite et le soin des animaux.
Dans les exploitations laitières et bovines mixtes par exemple, le revenu agricole représente 71 % du revenu global. Les revenus extérieurs sont moins importants. En effet, ces activités sont exigeantes en main d’œuvre et occupent souvent deux temps plein pour la traite et le soin des animaux. - © S. LEITENBERGER

En 2010, la France métropolitaine comptait environ 490 000 exploitations, dirigées par 604 chefs d’exploitation ou coexploitants, selon Nathalie Delame, ingénieure de recherche à l’Inra et co-auteure de l’étude sur l’emploi et les revenus des indépendants que l’Insee vient de publier.

Fortes disparités en fonction des orientations technico-économiques
Sur ces 490 000 exploitations, 312 000 exploitations sur laquelle porte l’étude et dont le chiffre d’affaires était supérieur à 25 000 euros concernaient 381 000 foyers. Le revenu d’origine agricole de ces foyers était de 23 900 euros en moyenne sur l’année avec des écarts importants variant de 12 400 euros pour les exploitations spécialisées en bovins viande et 39 300 euros pour celles de grandes cultures non céréalières (betteraves, pommes de terre, légumes de plein champ…).

Les variations individuelles étaient encore plus importantes : plus de 10 % des foyers avaient un revenu négatif tandis que, à l’autre bout de l’échelle, 10 % dépassaient 52 900 euros. Autres chiffres, pour un quart de ces foyers, le revenu agricole était inférieur à 8 000 euros et pour l’autre quart supérieur à 33 000 euros, soit un montant quatre fois plus élevé. Et pour ce qui est des formes sociétaires, les foyers dégageaient un revenu agricole moyen de 28 700 euros, largement supérieur aux 18 100 euros obtenus dans les exploitations individuelles.

À ce revenu d’origine agricole s’ajoutaient pour 98 % des foyers des revenus complémentaires, de forme et de montant divers : revenus de l’activité du conjoint, si celui-ci exerce une activité hors de l’exploitation ou s’il est salarié agricole (8 500 euros en moyenne), revenus du patrimoine, terres mises en location dans les Gaec ou plans d’épargne soumis à déclaration fiscale par exemple (4 500 euros), ou encore retraite (1 300 euros)… D’un montant moyen de 14 600 euros en 2010, ces revenus complémentaires étaient inférieurs à 1 300 euros pour un quart des foyers et supérieurs à 21 000 euros pour un autre quart.

Au final donc, l’ensemble des revenus déclarés par les foyers d’agriculteurs s’élevait en moyenne à 38 200 euros en 2010, dont 37 % de revenus non agricoles. Selon l’auteure, le revenu global apparaît moins dispersé que le revenu agricole : pour un quart des foyers, le montant déclaré est inférieur à 16 700 euros et pour un autre quart supérieur, soit un rapport interquartile égal à trois (contre quatre pour le revenu agricole).

À noter aussi que les revenus extérieurs sont plus ou moins importants selon l’orientation de l’exploitation. Dans les exploitations laitières et bovines mixtes par exemple, le revenu agricole représente 71 % du revenu global. Les revenus extérieurs sont moins importants. En effet, ces activités sont exigeantes en main d’œuvre et occupent souvent deux temps plein pour la traite et le soin des animaux. En revanche, les grandes cultures et les cultures permanentes sont plus facilement compatibles avec des activités non agricoles.

Selon l’Insee, la fréquence d’une activité à temps pleins sur l’exploitation est de 40 à 50 % pour le chef d’exploitation ou les associés, et inférieure à 20 % pour les conjoints. Il n’en reste pas moins que le revenu agricole pèse pour 56 % dans le revenu global de ces foyers.

 

Parmi les indépendants, l’activité agricole est l’une des moins rémunératrice.

En 2011, 2,8 millions de personnes exerçaient une activité non salariée à titre principal ou en complément d’une activité salariée. Elles représentaient une personne en emploi sur dix, selon l’étude de l’Insee " Emploi et revenus des indépendants ". Parmi ces indépendants, 15 % étaient des exploitants agricoles. Les autres, artisans, commerçants ou professionnels libéraux, présentent une grande variété de profils. La moitié exerce dans le commerce et l’artisanat commercial (21 %), la santé (17 %) et la construction (14 %).

Les agriculteurs en queue de peloton
en matière de revenu d'activité...

Dans l’agriculture, en effet, le revenu d’activité moyen mensuel est de 1 750 euros, loin derrière les professions juridiques et comptables (9 000 €/mois), les médecins et dentistes (8 000 €/mois) et les pharmaciens (7 840€/mois), les activités financières, d’assurances et vétérinaires (5 500 €/mois environ), les infirmières, les architectes (plus de 3 500 €), le commerce de détail (1 800 €). Mais devant le commerce hors magasin (870 €/mois), les arts et spectacles (1200 €/mois), la coiffure (1260 €/mois), les taxis (1410 €/mois), l’enseignement (1460 €/mois), les métiers du textile, du bois de l’ameublement et de l’imprimerie ainsi que de l’hébergement et la restauration (1700 €/mois).

Mais un patrimoine professionnel élevé
En 2010 le patrimoine brut total des ménages d’indépendants atteignait 595 600 euros en moyenne contre 197 400 euros pour les autres ménages. Pour les agriculteurs le patrimoine total s’élevait à 487 900 euros. L’écart entre les indépendants et les autres ménages s’explique d’abord par la prise en compte du patrimoine professionnel, 178 000 euros en moyenne, soit 30 % du patrimoine total.

Par ailleurs le montant et la composition du patrimoine professionnel sont fortement liés à l’activité exercée. Ainsi pour les agriculteurs le patrimoine professionnel atteint en moyenne 213 300 euros, derrière celui des entreprises et professions libérales (272 100 €), mais devant les artisans et commerçants, respectivement 147 600 € et 129 000 €.

Chez les agriculteurs il est constitué essentiellement de terres, de cheptel, de bâtiments de matériel et véhicules. Alors que pour les commerçants, le patrimoine professionnel provient d’abord de la valeur de leur stock et de leur fonds de commerce.

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