Le Syndicat Agricole 03 juillet 2014 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Revenu agricole - Revenu 2013 : la forte baisse est confirmée

Les chiffres présentés à la Commission des comptes de l’agriculture le 1er juillet confirment la forte baisse du revenu agricole en 2013, proche de 20 %, après 3 ans de croissance.

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C’est en production végétale que la baisse enregistrée est la plus forte. Le revenu du secteur céréales, oléoprotéagineux aurait été en 2013 de 22 100 €, soit une baisse de 60,7 % par rapport à 2012.
C’est en production végétale que la baisse enregistrée est la plus forte. Le revenu du secteur céréales, oléoprotéagineux aurait été en 2013 de 22 100 €, soit une baisse de 60,7 % par rapport à 2012. - © DR

L’importante baisse de revenu agricole signalée en décembre dernier est confirmée et même amplifiée par les comptes provisoires de l’agriculture dont la Commission s’est réunie le 1er juillet : le revenu par actif en termes réels (compte tenu de l’inflation) est en baisse de 19,8 % après trois années de hausse (+ 1,2 % en 2012, + 4,6 % en 2011, et + 41,2 % en 2010). Selon les données de l’Insee, « il retrouve le niveau de 2008, proche de celui de la moyenne du début des années 2000 ». Le revenu agricole en France a été marqué par un recul très fort des recettes des grandes cultures (chute des prix et production en légère baisse). En décembre, l’évaluation du revenu pour les grandes cultures avait fait constater une réduction de 49,3 %. Pour les productions animales, les résultats sont très contrastés. Les prix se sont en général redressés, compensant une baisse de production mais les consommations intermédiaires sont plus onéreuses. L’évaluation de décembre avait porté sur une baisse de 21,4 % pour le hors-sol mais une hausse de 3,6 % pour les producteurs de lait, une baisse de 8 % pour les bovins viande. Ni l’Insee ni le service statistique du ministère de l’Agriculture n’ont publié de données régionales ou de nouvelles données par secteur.


La valeur de la production se réduit
La valeur de la production agricole française est en baisse : non seulement les prix ont, en 2013, diminué pour un grand nombre de productions, mais surtout, les volumes se sont réduits. Selon les statisticiens de l’Insee, la valeur de la production de l’agriculture s’est réduite de 4,2 % en 2013 par rapport à l’année précédente : baisse des productions végétales de 8,4 % et hausse des productions animales de 2,1 % (malgré une réduction en volume de 0,7 %). Au total, la valeur ajoutée par les agriculteurs s’est réduite de 6,2 % en volume. Combinée à une baisse des prix, cela implique un effondrement de 25 % de cette valeur ajoutée.


Prix en baisse pour les grandes cultures
La situation de 2013 pour les productions végétales se caractérise assez simplement selon l’Insee. La production a reculé légèrement (- 1,1 % en moyenne) malgré une hausse pour le blé tendre mais surtout les prix baissent fortement. « Les cours des céréales, oléagineux et protéagineux chutent, après l’envolée de 2012, en raison de la hausse des disponibilités mondiales » (production plus abondante, stocks reconstitués) constatent les statisticiens. « Les productions de colza et de protéagineux chutent sous l’effet d’une baisse conjointe des surfaces et des rendements. » Les prix des pommes de terre sont également en baisse tandis que ceux des fruits « poursuivent leur progression en lien avec une récolte de fruits d’été peu abondante ». La production de pommes et de poires s’est cependant redressée à l’automne. Par ailleurs, les prix des vins augmentent malgré une récolte en hausse, après une très faible production en 2012.


Volumes réduits pour l’élevage
Pour l’élevage, les situations sont très contrastées même si la quasi-totalité des volumes sont en baisse, sauf pour les œufs. Les abattages de gros bovins, en particulier, se réduisent du fait de moindres disponibilités en élevages. Les productions d’ovins, de veaux, de volailles (davantage de poulets mais moins de canards et de dindes) sont également en réduction. La collecte laitière est aussi en baisse malgré une reprise de fin d’année encouragée par la hausse des prix. Quant à la production d’œufs elle est en forte hausse après la réduction de 2011 due à la mise aux normes. Conséquence : les prix des œufs s’effondrent. Dans le secteur animal, le rapport entre le volume et les prix est en effet très direct. Les prix des productions animales s’accroissent en moyenne de 2,8 %. Le prix du lait s’est redressé, celui des gros bovins aussi, tandis que la hausse est « plus soutenue » pour les poulets et les dindes. La progression des prix pour les porcs et les veaux est plus modeste, explique l’Insee.


Davantage d’achats intermédiaires
La baisse du revenu agricole s’explique aussi par la progression des consommations intermédiaires. Globalement, elles progressent en valeur de 3,1 %, principalement en raison de leurs prix. La hausse de la valeur des achats d’aliments du bétail est de 4 %, le secteur continuant encore à ressentir les hausses de grandes cultures de 2012. Par ailleurs, « les dépenses pour l’achat d’engrais se redressent fortement » tandis que les produits de protection des cultures s’accroissent encore, notamment en raison des fongicides (climat humide du printemps). Le recul des prix du pétrole a permis, cependant, d’alléger la facture énergétique.


Les subventions en légère réduction
À ces facteurs économiques s’ajoute l’impact des subventions, plutôt en baisse. Les subventions à l’exploitation (8,1 milliards d’euros, la majeure part des soutiens agricoles aujourd’hui) baissent de 3,8 % (« le paiement unique diminue en 2013, mais les aides agroenvironnementales se stabilisent, après une baisse marquée en 2012 ») tandis que les subventions aux produits (1,1 milliard d’euros) baissent de 1,1 %. Cela n’empêche pas les dépenses d’investissement de continuer à progresser, de l’ordre de 1,8 %, tandis que les charges d’intérêt sont restées quasiment stables.


Europe : revenu en baisse de 1,3 %
Pour les agriculteurs de l’Europe à 28, c’est une baisse moyenne de 1,3 % (compte tenu de l’inflation) du revenu par actif qui est constatée. Selon l’Insee, « les plus fortes progressions ont lieu aux Pays-Bas (+ 11,5 %), à Malte, en Espagne et en Roumanie ; les baisses les plus marquées le sont en Estonie (- 17,6 %), France, Croatie et Allemagne, tirées par la chute des prix des céréales. » L’institut précise les données sur quasiment dix ans. Depuis l’année 2005, dans l’ensemble de l’Union européenne à 28, le revenu de la branche agricole par actif a augmenté de 28,7 % en termes réels, selon les données disponibles fin janvier 2014. « Il a progressé dans 23 pays. Dans les États de l’ancienne Union européenne à 15, ce revenu n’a augmenté globalement que de 17,7 %, mais avec de fortes disparités. Il a notamment reculé en Irlande - 17,7 %) et au Luxembourg - 13,4 %). » Dans le même temps, il a fortement progressé au Danemark (+ 82,3 %), au Royaume-Uni (+ 46,4 %) et en Suède (+ 42,2 %). La France se situe légèrement en dessous de la moyenne.

Zoom sur... Revenus par filière : record à la baisse pour les céréaliers

Selon le ministère de l’Agriculture, le président de la Commission des comptes de l’agriculture, Pierre Muller, a demandé aux statisticiens de revoir leurs estimations de revenu 2013 pour le secteur viticole et les régions à forte production de vin. Les données concernant la viticulture témoignent sur 2013 d’une performance peu commune, 51 800 euros de résultat courant par actif non salarié, en hausse de 32,8 %. C’est en raison de ces doutes que les données sur les résultats sectoriels et régionaux n’ont pas été diffusées et pourraient être rectifiées. Selon le document remis en interne, le résultat courant avant impôts par actif agricole non salarié atteindrait 27 900 € en moyenne, en baisse de 22,3 %. La baisse d’abord annoncée de 19,8 % concerne l’ensemble des actifs salariés et non salariés. Le revenu du secteur céréales, oléoprotéagineux aurait été en 2013 de 22 100 € (- 60,7 %), celui des producteurs de lait 23 100 € (- 4 %). Les autres revenus sectoriels 2013 sont les suivants : autres grandes cultures, 49 800 € (- 35,7 %) ; légumes 26 700 € (- 12,6 %) ; horticulture 15 700 € (- 29,7 %) ; fruits 37 800 € (+ 19,8 %) ; bovins viande 19 200 € (- 10,5 %) ; ovins-caprins 17 100 € (- 7,5 %) ; porcins 37 600 € (- 17,9 %) ; volailles 14 300 € (- 56,1 %) ; polyculture 23 900 € (- 34,5 %).

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