Le Syndicat Agricole 11 mars 2016 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Réussir l’implantation d’une luzerne

Le choix de la parcelle, la date et le mode d’implantation sont trois paramètres fondamentaux à prendre en compte avant d’implanter une luzerne.

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Il faut éviter les sols hydromorphes ou compactés. Il est également essentiel de choisir une parcelle avec un pH eau supérieur à 6.
Il faut éviter les sols hydromorphes ou compactés. Il est également essentiel de choisir une parcelle avec un pH eau supérieur à 6. - © S. Leitenberger

La luzerne est une légumineuse vivant en symbiose avec la bactérie Rhizobium meliloti qui a la capacité de fixer l’azote présent dans l’air et de le rendre disponible pour la plante. La culture présente un développement normal « si et seulement si » Rhizobium meliloti est présente sur ses racines, au sein des nodosités. Ces bactéries existent naturellement dans le sol mais doivent le plus souvent être inoculées à la semence avant le semis. C’est particulièrement le cas si la parcelle n’a pas accueilli une luzerne depuis cinq ans, si son pH eau est inférieur à 6, ou si le sol a une faible teneur en matière organique (< 1 %). L’inoculation s’effectue le jour du semis, à hauteur de 400 g d’inoculant pour 50 kg de semences de luzerne. Sans cette opération, la plante est chétive et peu productrice. Cette symbiose entre les deux organismes peut cependant être limitée par toutes les situations qui perturbent le fonctionnement de la racine ou du Rhizobium : excès d’eau générant des conditions anaérobies, sols salins, sécheresse...

Des sols plutôt drainants
C’est pourquoi l’un des premiers critères de choix de la parcelle concernera le type de sol, qui doit être drainant et aéré. Il faut donc éviter les sols hydromorphes ou compactés. Il est également essentiel de choisir une parcelle avec un pH eau supérieur à 6. Dans le cas contraire, un chaulage de redressement peut être réalisé juste avant l’implantation de la culture. Pour ce faire, il est préférable d’utiliser un amendement basique rapide d’action, comme la chaux ou le carbonate pulvérisé. Selon les tableaux du Comifer (Comité français d’étude et de développement de la fertilisation), la luzerne est moyennement exigeante en phosphore et très exigeante en potasse.
Compte tenu de l’investissement que représente son implantation, une analyse de sol l’année précédant le semis peut donc s’avérer utile. Elle permet d’identifier les points de blocages éventuels et d’y remédier par une fertilisation raisonnée et adaptée au contexte, même si dans les faits, les cas où ce type d’opération est nécessaire sont peu fréquents.

Deux périodes de semis possibles
Le choix de la date de semis doit se faire en fonction des conditions d’humidité rencontrées. Les meilleurs créneaux se situent en été, au début de l’automne, ainsi qu’au printemps. Dans les zones bénéficiant de pluies entre mi-août et mi-septembre, il est conseillé d’implanter la luzerne en été le plus tôt possible si les conditions climatiques le permettent. Un semis précoce assure en effet une production dès le printemps suivant, ainsi qu’une couverture du sol pendant l’hiver. Cependant, selon la rotation en place et le risque d’échec lié à des conditions sèches de fin d’été, il peut être préférable de semer la culture au printemps. Dans ce cas, en plus des risques de sécheresse précoce, il faudra étudier les possibilités de gel tardif, néfaste à la luzerne. Généralement, la période entre le 15 mars et le 20 avril est idéale à cette saison.

Semis classique ou sous couvert
Pour le mode d’implantation, le semis classique est très courant. L’objectif est d’assurer une levée homogène et rapide. Pour cela, la préparation du lit de semences doit être relativement fine, avec des mottes inférieures à 0,5 cm. Il faut veiller à semer peu profond, à environ 1 cm. Au-delà de 2 cm, le taux de levée diminue fortement. Après le semis, il est important de rappuyer la terre avec un cultipacker. Il vaut mieux éviter les rouleaux lisses, notamment en sols limoneux. En pure, la densité de semis est de 25 kg/ha à l’automne contre 20 kg/ha au printemps. Implanter sous couvert est aussi une technique qui présente de bons résultats. Elle se réalise au printemps uniquement. Les deux espèces les plus couramment associées sont l’orge et le tournesol. La pratique consiste à semer la légumineuse à 25 kg/ha, puis l’orge à 80 kg/ha. Sous couvert de tournesol, il est conseillé d’implanter d’abord l’oléagineux à 4,5 kg/ha, puis ensuite la luzerne à 25 kg/ha.

Sabine Battegay,
Pierre Alexandre Tinniere
Arvalis - Institut du végétal

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