Le Syndicat Agricole 25 octobre 2012 à 10h25 | Par Le Syndicat Agricole

Relation interfillière - Le Fonds de modernisation céréaliers-éleveurs est créé

Porté par Intergrains, le Fonds structurel céréalier-éléveur sera alimenté par une cotisation volontaire de 2 €/tonne de grains.

Abonnez-vous Réagir Imprimer
« L’ambition n’est pas de régler tous les problèmes des éleveurs mais il s’agit d’un levier pour réaliser des investissements, afin de conforter les producteurs et ainsi conforter les filières », signale Philippe Pinta.
« L’ambition n’est pas de régler tous les problèmes des éleveurs mais il s’agit d’un levier pour réaliser des investissements, afin de conforter les producteurs et ainsi conforter les filières », signale Philippe Pinta. - © G. Omnès

Annoncé il y a quelques semaines, le Fonds de modernisation a été officiellement créé le 23 octobre. Il sera affecté au financement d’actions structurelles visant à améliorer la compétitivité de l’élevage français. En présence du président de la FNSEA, Xavier Beulin, les associations spécialisées végétales (AGPB et AGPM) et les organismes collecteurs réunis au sein de Coop de France et de la Fédération du négoce agricole ont donné le coup d’envoi à la création du Fonds de modernisation céréaliers-éleveurs (Fmce).

Opérationnel en juillet 2013
« Un événement historique » ont convenu aussi bien Philippe Pinta, président de l’AGPB, que Pierre Chevalier, président de la Fédération nationale bovine, ou Xavier Beulin. En effet, ce fonds est constitué sur une base « volontaire » et sera alimenté par une cotisation « volontaire » ont rappelé les uns et les autres. L’idée d’une cotisation volontaire obligatoire a été écartée en raison des difficultés qu’un tel prélèvement pourrait susciter vis-à-vis de Bruxelles, a déclaré Philippe Pinta.
Les fondateurs estiment que le fonds pourrait mobiliser jusqu’à 100 millions d’euros sur la base d’une cotisation de 2 € par tonne de céréales et d’oléoprotéagineux. La Fédération des oléoprotéagineux devrait rejoindre prochainement le Fonds. Concrètement, l’appel de cotisations aura lieu en fin de campagne, c’est-à-dire au mois de juin prochain, sur les céréales collectées au cours des 12 mois précédents. Autrement dit, le Fonds ne deviendra opérationnel qu’à partir du mois de juillet prochain. En attendant, les critères d’accès et les modalités d’intervention du Fonds seront définis dans le cadre d’un Comité des engagements présidé par Christophe Terrain, président de l’AGPM.

Modernisation de l’élevage
Néanmoins, toutes les parties prenantes sont tombées d’accord pour que le fonds ne serve à financer que des actions structurantes et non pour accorder des aides conjoncturelles sur le prix de l’aliment du bétail par exemple.
La priorité des priorités étant de contribuer à l’amélioration de la compétitivité de l’élevage français, qui perd pied depuis quelques années face la concurrence européenne, qu’il s’agisse de la volaille, du porc ou de la viande bovine. « À l’exception du bien-être animal, nous ne réalisons plus d’investissements dans le secteur porcin. Nous avons un retard à rattraper, surtout au niveau des bâtiments d’engraissement, pour améliorer l’indice de consommation », estime Jean-Michel Serres, président de la Fédération nationale porcine qui considère également que la subvention qui pourra être accordée peut constituer un effet de levier pour déclencher la décision d’investissement et/ou susciter des financements complémentaires. « Qu’un euro génère un euro ou plus ailleurs », a insisté Xavier Beulin. Même analyse de Michel Prugue, le président de la Confédération française de l’aviculture. Il considère que les élevages avicoles ne disposent plus des capacités financières pour investir, la filière étant dans l’incapacité de répercuter l’augmentation des coûts de production à l’aval.
Outre le renouvellement de l’outil de production vieillissant, le Fonds pourrait contribuer à financer des investissements en matière de production d’énergie renouvelable. Dans le secteur bovin, le Fonds est « un maillon de plus du plan de relance de la production » que l’interprofession est en train de mettre en place, estime Pierre Chevalier. Notamment dans le cadre des contrats de filière que la FNB souhaite mettre en place dans la production de jeunes bovins.
Quoi qu’il en soit, a averti Thierry Roquefeuil, président de la Fédération nationale des producteurs de lait, la mise en place de fonds sur initiative professionnelle « ne doit pas dédouaner la grande distribution et les pouvoirs publics de leur rôle ». La grande distribution en acceptant de répercuter l’augmentation des coûts de production de l’élevage, les pouvoirs publics en ne se désengageant pas des filières agricoles.

Réagissez à cet article

Attention, vous devez être connecté en tant que
membre du site pour saisir un commentaire.

Connectez-vous Créez un compte ou

Les opinions émises par les internautes n'engagent que leurs auteurs. Le Syndicat Agricole se réserve le droit de suspendre ou d'interrompre la diffusion de tout commentaire dont le contenu serait susceptible de porter atteinte aux tiers ou d'enfreindre les lois et règlements en vigueur, et décline toute responsabilité quant aux opinions émises,

Le Syndicat Agricole
La couverture du journal Le Syndicat Agricole n°3704 | mars 2017

Dernier numéro
N° 3704 | mars 2017

Edition de la semaineAnciens numérosABONNEZ-VOUS

Les ARTICLES LES PLUS...

25-08-2016 | Le Syndicat Agricole

FRGEDA

Voir tous

À LA UNE DANS LES RÉGIONS

» voir toutes 21 unes régionales aujourd'hui