La filière volaille standard totalement désorganisée
La régulation du marché du poulet standard, en Belgique et dans le Nord de la France, est fortement indexée sur la cotation de Deinze (Belgique). Pourquoi la décision du prix revient-elle à la seule position de deux gros abattoirs (Nollens et Van O Bel) ? - © le syndicat agricole
L’organisation d’une filière est fondée sur la concertation entre les différents partenaires, de l’abattoir aux producteurs en passant par l’organisme de production, sans oublier les fabricants d’aliments, les couvoirs et les transporteurs. L’objectif étant de mettre en adéquation l’offre et la demande vis-à-vis de la consommation, des exportations... ainsi que de déterminer un prix rémunérateur pour tout le monde.
Le marché de Deinze et la crise
La régulation du marché du poulet standard, en Belgique et dans le Nord de la France, est fortement indexée sur la cotation de Deinze (Belgique). Pourquoi la décision du prix revient-elle à la seule position de deux gros abattoirs (Nollens et Van O Bel) ?
Pourquoi les autres intervenants laissent-ils une situation de quasi monopole ?
Du côté des producteurs, personne n’a eu vent en temps voulu d’une surproduction de poulets, d’une baisse de la consommation, de l’arrivée d’une crise (non adéquation de l’offre et de la demande)... Pas un organisme de production n’a demandé à ses éleveurs soit de laisser vide les bâtiments, soit de réduire le nombre de poulets mis en place... Tout le monde a laissé le mur arriver, pour tout casser ! De plus, les abattoirs concernés n’ont pas eu de scrupule à baisser les prix aussi bas (620 €/tonne soit 15 000 € de pertes pour un bâtiment de 1000 m2). Alors que c’était bien à eux de prévenir les producteurs, de communiquer sur une future crise afin de pouvoir mieux la gérer ! Aujourd’hui, les éleveurs sont seuls devant leur organisme de production pour discuter de cette grosse perte sèche !
Comment va-t-on remettre la machine en route ?
Dans la peur de manquer de poulets frais, les prix commencent à remonter : 700 €/tonne (un prix de crise plus cohérent avec le respect des aviculteurs). Il est donc important de prendre en compte que :
- la décision de remettre en route doit venir de l’éleveur et non de la pression des organismes de production ;
- le volume de poulets congelés va peser lourdement sur le marché encore quelques semaines ou mois (qui vont être concurrencés par des importations de qualités moindres et d’hygiène douteuse) ;
- la consommation n’est pas encore remontée ;
- le volume en production ne doit surtout pas être de 100 % (laisser des bâtiments vides) ;
- c’est une bonne occasion de donner une leçon aux abattoirs et organismes de production sur la gestion de la crise ;
- les futurs contrats doivent prendre en charge ce risque par l’instauration d’un prix plancher de crise ;
- la mise en place de poussins doit être en adéquation avec le volume demandé par les abattoirs et non par la prévision d’aliments vendus...
- une baisse du prix d’aliment serait la bienvenue et tout à fait logique vu les cours du blé.
Pour terminer, l’idée d’aller au marché de Deinze a été soumise, mais la situation est tellement grotesque que notre parole sera sans effet. En revanche, nos comportements (bâtiments vides, discussions sur les pertes subies, négociations de nouveaux contrats...) auront beaucoup plus d’effets bénéfiques sur l’avenir.
B. Saison (Section avicole 62),
M. Leuliette (Section avicole 59)
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