StructurationLaitnaa, la coopérative laitière qui monte

Services froid et tanks à lait, collecte et vente, agrofournitures : en quelques années Laitnaa a atteint un seuil de crédibilité suffisant pour peser dans l’environnement laitier.

Éric Labbé, vice-président, et Jacques Quaeybeur, élu président de la coopérative Laitnaa lors de cette Assemblée générale.

Éric Labbé, vice-président, et Jacques Quaeybeur, élu président de la coopérative Laitnaa lors de cette Assemblée générale.
- © le syndicat agricole

Première Assemblée générale de la jeune coopérative laitière Laitnaa avec ses trois secteurs d’activités. Créée le 12 juin 2006 avec la seule activité services pour la reprise à la laiterie Nestlé du parc matériel froid (tanks à lait), le Conseil d’administration a décidé d’étendre les activités de Laitnaa à la collecte-vente, activité qui a démarré en avril 2008 car l’industriel annonçait une réduction de plus de la moitié de sa collecte. Et depuis juillet 2008, l’activité agrofournitures propose aux adhérents des produits d’hygiène de traite et de l’aliment pour le bétail.

Tank : passage du 4 aux 6 traites
La coopérative compte maintenant 417 associés coopérateurs sur l’activité service, représentant un quota cumulé de 132,1 millions de litres de lait. Laitnaa poursuit la modernisation de son parc de 523 tanks. L’objectif étant que chaque ferme ait une capacité de stockage de 6 traites (contre 4 habituellement), afin de répondre au mieux au regroupement d’exploitations et à la progression des livraisons moyennes. Seuls 36 producteurs ont encore une capacité de 4 traites. À terme, Jacques Quaeybeur espère trouver des débouchés pour du lait de 3 jours, et ainsi diminuer les frais de ramassage. En attendant, cet accroissement de la capacité des tanks a permis de faire face durant cet hiver rigoureux où le ramassage a parfois été décalé en raison de l’enneigement des routes. « Aucun litre de lait de Laitnaa n’a été jeté », se félicite le responsable de la coopérative, sans oublier de saluer le travail des transporteurs.

Collecte-vente
L’activité de collecte et de vente compte 338 associés coopérateurs, soit 124,366 millions de litres de lait. Une seule citerne polluée aux antibiotiques a été à déplorer sur la campagne 2009/2010. Globalement, la qualité reste satisfaisante, mais s’est dégradée. Il ne faut jamais relâcher les efforts, surtout en période morose. Attention aux cellules, souligne Jacques Quaeybeur : « la qualité du lait, la propreté des tanks, locaux et abords de ferme garantie une bonne valorisation de notre production et est le reflet de notre coopérative vis-à-vis de nos clients ».
Le prix moyen TQC pour la campagne 2009-2010 a été de 276,86 €, auxquels il faut ajouter la prime de 6 €. Les éleveurs peuvent encore progresser car la différence entre les mieux payés et les moins biens payés est de 76 €/1 000 l.
Malgré ce prix supérieur aux autres coopératives, l’affectation des bons résultats a fait débat. Les éleveurs auraient souhaité se voir reverser une ristourne plus importante. Le Conseil d’administration a dû faire preuve de pédagogie, expliquant qu’il valait mieux solder le paiement des parts sociales, plutôt que de donner un complément de prix aux éleveurs, même si le contexte économique est difficile pour eux. Jacques Quaeybeur pense à l’avenir de Laitnaa : « La coopérative a besoin de réserves fortes pour être crédible et peser dans les discussions avec les industriels. »

Être visionnaire
Laitnaa est réputée payer le mieux le lait et compte encore trouver des marges pour valoriser la production de ses adhérents : nouveaux débouchés, qualité, optimisation des tournées de transport, mais surtout lissage de la production et travail sur les contrats. L’objectif étant d’évacuer le moins possible la surproduction de lait vers le marché Spot de Saint-Pol-Sur-Ternoise qui engendre des surcoûts de transport et est mal payé car au cours mondial beurre et poudre.
Cela nécessite de maîtriser les volumes. « Nous pourrions envisager de nouveaux types de contrats : livrer le lait à l’industriel selon ses besoins mais avec un prix supérieur (car cela engendrera plus d’excédents à reporter sur le marché Spot). » Laitnaa prépare l’après quota, « nous allons devoir gérer un volume annuel, il faudra certainement revoir la saisonnalité de la production, afin d’améliorer la valorisation du lait et donc le prix payé au producteur ».
Une chose est sûre et malgré les opposants, « sans la profession et le syndicalisme, Laitnaa et sa réussite ne seraient pas là. Les périodes difficiles doivent être sources de progrès », a conclu Jacques Quaeybeur, qui a été élu l’après-midi président de la coopérative.

Marianne BOUTRY

 

Zoom sur… Assurer la régularité des volumes produits

En 2009, la production des coopérateurs Laitnaa a été supérieure à 2008 jusqu’en août, puis de novembre à mars est redevenue identique à la campagne précédente. Si la coopérative veut valoriser au mieux la production, elle a besoin de gérer les volumes. Le fait de collecter sur 3 départements (Nord, Aisne, Ardennes) ayant des systèmes de production différents, cela permet un peu plus de lisser les volumes de production sur l’année, mais ce n’est pas suffisant. En avril et mai, il y a toujours trop de lait qui se retrouve mal payé sur le marché Spot. Et en septembre-octobre, c’est la sous-production, la coopérative ne répond pas à ses contrats. La solution serait de revoir la saisonnalité. Car les transformateurs ont des besoins réguliers et sont spécialisés dans une seule production (poudre, lait concentré, produits frais...).
La régularité de la production doit donc être travaillée par la coopérative, sous peine de détériorer la valorisation du lait. Pour améliorer la régularité d’approvisionnement, la coopérative peut élargir et accroître sa zone de collecte et donc regrouper des modèles d’exploitations qui se complètent. Pour cela, il faut évidemment trouver d’autres débouchés.
Autre solution technique, apportée par un ingénieur lait de la Chambre d’agriculture des Ardennes : jouer sur les périodes de vêlage, en répartissant le troupeau en 2 lots : avec 60 % des vêlages l’automne et 40 % au printemps. Bien sûr, cela nécessite d’adapter ses bâtiments, d’être rigoureux lors de la mise à la reproduction et dans la gestion de l’alimentation, car les vaches auront des besoins différents puisqu’elles ne seront pas à la même période de leur cycle de lactation.

M.B.

 

Le nouveau bureau de Laitnaa

- Président : Jacques Quaeybeur
- Vice-président : Éric Labbé (Ardennes)
- Vice-président : Pierre-Marie Brunois (Nord)
- Vice-président : Guy Huysentruyt (Aisne)
- Trésorier : Bernard Mercier
- Secrétaire : Olivier Godbille
- Membre du bureau : Olivier Carpentier
- Invités permanents : Henri Brichart et Henri-Noël Lampaert.

 

 

 
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