L’environnement domestique des agriculteurs passé au crible
L’étude se déroulera sur deux ans durant les périodes d’épandages. Une vingtaine d’agriculteurs et leur famille vont y participer. - © S. Leitenberger
Dans le cadre de son programme de surveillance en environnements intérieurs et en lien avec ses mesures de pesticides en air ambiant, Atmo Nord-Pas de Calais (réseau de surveillance de la qualité de l’air), avec l’appui de la Région, de l’Union européenne, l’Ademe, la Chambre régionale d’Agriculture, la MSA ainsi que la FDSEA 62, a lancé le 21 mars dernier une étude des pesticides, biocodes et produits phytosanitaires présents dans les logements agricoles.
31 molécules ciblées
Une vingtaine d’agriculteurs et leurs familles se sont portés volontaires pour participer à cette première évaluation menée en France. « J’ai accepté d’y participer plus par curiosité, confie François Courouble, qui est en grandes cultures à Douvrin. De toute façon, on ne peut pas se passer des produits phytosanitaires pour l’instant. » Pour Céline Derosiaux de l’Atmo : « Le panel est représentatif de la diversité des cultures et des traitements employés dans la région et inclu également un agriculteur bio ».
Les mesures seront effectuées dans chaque logement, pendant une semaine sur deux années : « Chez 10 agriculteurs cette année et les 10 autres en 2012, précise Céline Derosiaux. En extérieur, de la mi-mars à la mi-juin – durant les principales périodes d’épandages –, dans l’habitation, le local de stockage des produits phytosanitaires, et en intérieur et extérieur pour le glyphosate. » Les analyses seront confiées au laboratoire de l’Institut Pasteur de Lille, qui recherchera la présence de 31 molécules classées prioritaires par les professionnels de santé.
Prévention
Il n’existe pas de normes en matière de teneur de pesticides, produits phytosanitaires et autres biocides dans l’atmosphère. D’où l’intérêt de ce projet, afin de mieux connaître les transferts de pesticides de l’extérieur vers le domicile, ainsi que l’exposition des familles d’agriculteurs aux pesticides d’usage domestique. « À ce jour, nous ne disposons que de peu de données sur les concentrations de pesticides auxquelles nous pouvons être exposés en environnements intérieurs, notamment chez les principaux utilisateurs », souligne Céline Derosiaux.
« Il ne s’agit de pas de vérifier les usages ni même d’évaluer une exposition d’ordre professionnel, insiste-t-elle. Mais de faire un état des lieux et de voir ce à quoi les agriculteurs et leurs familles peuvent être exposés dans leur environnement domestique. Si nous relevons une anomalie, nous préviendrons bien sûr l’exploitant concerné. » Les premiers résultats vont permettre à la MSA « d’améliorer et d’ajuster » ses politiques de prévention. À terme, des fiches « conseils et recommandations » seront distribuées à l’ensemble des agriculteurs.
MDS
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