Renforcer la production ovine et maintenir une juste rémunération
Dans un marché de la viande très tendu avec un volume national d’agneaux en baisse de 9,6 % en 2009, les Bergers du Nord Est ont continué à progresser dans leurs abattages, renforçant leur poids sur le marché du Nord Est de la France. - © le syndicat agricole
« Après 7 ans de croissance, la production diminue depuis 3 ans » a constaté Jean Gosset. Et pourtant, à l’heure actuelle, la production ovine ne subit pas la crise agricole ambiante et peut être une solution pour améliorer le revenu, selon le président des Bergers du Nord Est. Pourquoi ? Parce que la vaccination contre la FCO qui protège désormais les cheptels, la baisse amorcée des coûts alimentaires et enfin, le renforcement des aides ovines sont des éléments qui confortent le président dans ses propos. Il est important que la production reprenne dans la région. En 2009, le nombre d’animaux commercialisés par les Bergers du Nord Est a diminué de 11 %, tout comme celui des réformes avec - 5,3 %.
Toutefois, pour peser économiquement, un atelier ovin doit passer par une taille de troupeau permettant des économies d’échelle, par des systèmes plus autonomes, plus économes, et par des systèmes à plusieurs troupes avec des agnelages désaisonnalisés pour fournir les clients toute l’année. C’est pourquoi la coopérative accompagne les éleveurs qui souhaitent se lancer dans la production ou agrandir leur troupeau. « Notre premier objectif est bien la rémunération des adhérents. Ce n’est pas le seul, mais le premier », rappelle le président.
Bâtir un plan ambitieux pour la coopérative
Dans un marché de la viande très tendu avec un volume d’agneaux en France en baisse de 9,6 % en 2009 par rapport à 2008, les Bergers du Nord Est ont continué à progresser dans leurs abattages et ont ainsi renforcé leur poids sur le marché du Nord Est de la France. Cependant, face à l’augmentation des coûts d’abattage, à la diminution du prix des cuirs... le Conseil d’administration de la coopérative s’interroge. « Depuis deux ans, nous constatons une diminution de nos marges de manœuvre. C’est pourquoi nous travaillons aujourd’hui sur un plan ambitieux pour continuer à être fort demain » a assuré le président Gosset. Réfléchir sur les postes produits à maximiser, sur les postes de charges à réduire, sur une politique commerciale toujours plus dynamique, sont des pistes à suivre par les responsables de la coopérative. « Un grand projet peut s’ouvrir. Anticiper, réformer, se remettre en cause pour conserver le maximum de performances économiques. »
Zoom sur... Jean Gosset quitte la présidence des Bergers du Nord Est
Après 17 ans à la tête de la coopérative ovine, Jean Gosset a décidé de laisser son poste et a expliqué ses motivations lors de l’Assemblée générale. « Je préside également le Conseil d’administration de l’abattoir de Laon. Les deux présidences demandent pleine efficacité et c’est trop pour l’homme que je suis. C’est pourquoi j’ai pris la décision d’arrêter la présidence des Bergers du Nord Est » a-t-il souligné, rappelant qu’il a vécu depuis 1993 l’après fusion avec le Pas-de-Calais et la Somme, puis les années de crise avec une production et des prix en forte baisse. Enfin, les deux crises de l’ESB, les campagnes de relance de la production régionale, des effectifs qui remontent pendant près de 7 ans, le rapprochement et la fusion avec la Champagne-Ardenne... Il laisse derrière lui un outil adapté avec une base de fonctionnement fiable et financièrement solide, un outil d’abattage rénové « qu’il nous faut maintenant pérenniser pour commercialiser de plus en plus régionalement nos agneaux selon le besoin de nos clients ».
Le président a salué le travail d’une équipe soudée, composée d’élus et de salariés, très engagée et impliquée dans la réussite des Bergers du Nord Est.
Désormais, Jean Gosset va se consacrer à l’abattoir de Laon avec pour ambition d’augmenter le tonnage d’animaux. « Trop d’agneaux vont hors de nos zones se faire abattre alors que des outils régionaux manquent de tonnage. Quelle logique y a-t-il à l’heure des bilans carbone, de l’augmentation du prix des carburants et alors que les débouchés locaux sont 4 à 6 fois plus importants que la production ? ». Jean Gosset a de nouveaux challenges à relever « qui demandent un engagement sans faille pour que vive cette filière agneaux unique au nord de la Loire ».
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