Une récolte précoce et d’excellente qualité mais des rendements en baisse
Cultivé dans le monde entier, le maïs couvre 140 millions d’hectares. Les premiers producteurs sont les États-Unis (41 %, 220 Mt) suivis de la Chine, puis de l’Europe et du Brésil (40 Mt chacun). Au sein de l’Europe, la France tient la première place avec 5 M ha, sur les 9 M ha qu’elle consacre aux céréales, et une production d’environ 15 Mt. La majorité de la production française est située dans le grand Sud-Ouest (40 % avec 640 000 ha). Mais depuis les années 60-70, le maïs a fait son apparition dans le Nord-Pas de Calais, d’abord sous la forme d’ensilage pour les bovins, puis sous forme de maïs grain. Notre région représente 1 % de la production française. Les surfaces consacrées à la culture du maïs-grain ne cessent de s’accroître dans la région : autour de 10 000 ha au début des années 2000 et environ 20 000 ha maintenant.
Ceci est dû à plusieurs facteurs. Tout d’abord la forte progression de la sélection des variétés ; ensuite, le réchauffement climatique, favorable à cette culture ; et enfin, l’abandon des quotas betteraviers qui a fait du maïs une nouvelle tête d’assolement. De 102 200 tonnes en 2005, la production est passée à 190 000 tonnes en 2008.
Qu’en est-il cette année ?
Chacun a pu remarquer que la récolte du maïs-grain a démarré beaucoup plus tôt en 2009 que vers l’habituel 10 octobre. « Les battages, déclare M. Lenoir du groupe Carré, sont en avance de 15 jours et le taux d’humidité est plus faible que d’habitude. L’été sec a fait mûrir les épis plus tôt. On remarque toutefois cette année, une baisse des surfaces en maïs grain au profit de l’ensilage. L’été sec a fait taper dans les réserves de fourrage, du coup les éleveurs ont davantage ensilé. »
Maurice Caillaud, du groupe Unéal, constate que son groupe a vendu autant de semences de maïs, mais dans certains secteurs la préférence a été donnée au maïs ensilage. Les deux spécialistes se rejoignent pour estimer que les rendements sont moins bons en 2009 qu’en 2008, même si la récolte n’est pas terminée. En maïs sec, ils s’établissent à 95 quintaux à l’hectare contre 105-110 l’an dernier. La qualité est excellente cette année et les conditions de récolte sont très bonnes avec des champs très accessibles. Les groupes Carré et Unéal se félicitent tous deux d’avoir investi dans des séchoirs qui fonctionnent en continu, permettant une récolte régulière et sans à-coups. Dans le triangle Valenciennes-Cambrai-Péronne, la récolte est faite à 90 % avec un taux d’humidité autour de 28-30 alors que sur la côte il grimpe à 37-38. Pour résumer, 2009 sera marquée par un taux d’humidité en baisse de 8 points environ, des rendements s’établissant autour de 95 à 100 qx/ha selon les secteurs, et une qualité intrinsèquement bonne.
Les débouchés actuels sont principalement les Pays-Bas, qui n’ont pu être bien approvisionnés par leurs fournisseurs habituels roumains et hongrois à cause du trop faible niveau d’eau du Rhin et du Danube. Le Bénélux est toujours acheteur pour sa production biscuitière, les usines Roquette pour l’amidon, et les fabricants d’alimentation animale tiennent bien leur place également. En ce qui concerne la production d’éthanol, notre région n’est pas encore concernée, l’usine qui en produit à base de maïs se trouvant dans le sud-ouest. Peut-être un jour l’usine de Lillebonne, près de Rouen, produira-t-elle de l’éthanol à base de blé et de maïs ?
P.F.
Vous pouvez facilement intégrer un lien vers celui-ci sur votre site en copiant ce code :
Retrouvez, chaque semaine, toute l'information dans votre journal Le Syndicat Agricole.
Ne passez plus à côté de l'info : » Abonnez-vous
Droits de reproduction et de diffusion réservés © Copyright 2012 -
Le Syndicat Agricole.
Usage strictement personnel. L'utilisateur du site reconnaît avoir pris connaissance de la licence de
droits d'usage,
en accepter et en respecter les dispositions.




