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La filière défend ses intérêts à Bruxelles

La coopérative Opalin a profité de son Assemblée générale le 20 décembre dernier à Le Parcq pour faire le point sur la PAC avec ses adhérents.

05 janvier 2012 Le Syndicat Agricole Vu 2243 fois
Opalin assure le teillage d’environ 2 000 ha de lin cultivés par ses 170 adhérents.

Opalin assure le teillage d’environ 2 000 ha de lin cultivés par ses 170 adhérents. - © DR

Pour la campagne 2012, les choses changent pour les liniculteurs. « Le découplage des aides à la transformation du lin textile et des aides à la semence sera effectif et désormais intégré dans les DPU », a indiqué Christophe Mallet, directeur de l’Association générale des producteurs de lin (AGPL) lors de l’Assemblée générale de la coopérative linière Opalin. Précisant que désormais, « le montant de l’aide sera calculé à partir de la moyenne des 4 campagnes de 2005, 2006, 2007 et 2008 ». Pour les aides à la transformation, le montant pourrait être compris entre 175 et 180 €/ha. Les liniculteurs seront informés sur ce point par l’Agence de services et de paiement (ASP), au plus tard au mois de mars 2012.
Mais Christophe Mallet, également chargé du lobbying auprès des institutions européennes pour le secteur du lin, l’affirme : « Dans la nouvelle PAC, il y a des portes d’entrées et des opportunités pour les producteurs de lin ».

Un travail de lobbying efficace
Suite aux interventions de l’AGPL auprès de la Commission européenne, le secteur du lin a pu être réintégré au sein du chapitre « régime de soutien couplé » du projet de PAC 2014-2020, présenté en octobre par le Commissaire à l’agriculture, Dacian Ciolos. Les premières pistes de la Commission concernant la PAC post-2013 ne prévoyaient pas de possibilité de recouplage. « Cette disposition a été décidée pour les secteurs qui, sans les aides couplées, seraient en danger. Ce qui est le cas du lin », affirme Christophe Mallet. Et de préciser qu’« avec le découplage, au niveau du teillage, la diminution du montant des aides pourrait atteindre 180 €/ha ».
Par ailleurs, le travail de lobbying de Cipalin et de la Copa-Cogeca a permis de confirmer l’éligibilité de la fibre de lin au stockage communautaire privé. Ces propositions vont bien sûr faire l’objet de débat au sein du Parlement européen et entre États membres tout au long de l’année, avant d’être adoptées définitivement. « Nous allons donc mener un travail auprès des parlementaires », confie Christophe Mallet.

Les portes d’entrée pour aborder la nouvelle PAC
Le secteur lin dispose d’arguments pour faire valoir ses intérêts auprès de Bruxelles. « Dans la logique de la future PAC, le lin a une carte à jouer concernant le réchauffement climatique. C’est en effet une plante qui stocke efficacement le carbone. Nous avons donc intérêt à monter un dossier afin d’obtenir une contrepartie financière pour valoriser cet atout », envisage Christophe Mallet.
Dans le même esprit, le directeur de l’AGPL considère que le secteur pourrait tirer partie du verdissement de la PAC. Le projet prévoit que 30 % des aides du 1er pilier soient consacrées à des pratiques agricoles dites « durables ». L’une des propositions précise notamment que 7 % de la SAU devront être consacrés à des zones dites « d’intérêt écologique ». « C’est peut-être une opportunité pour nous, estime M. Mallet, le lin pourrait par exemple être éligible pour entrer dans ces 7 % ». Et de conclure : « Nous devons maintenant être force de propositions auprès du Parlement européen et du ministre de l’Agriculture afin de défendre les intérêts de la filière ».

Virginie Charpenet

 

À savoir: 2010, une récolte homogène

Pour André Fenaux, « la récolte 2010 se caractérise par des filasses argentées et d’une grande finesse ». Le bilan effectué lors de l’AG d’Opalin concerne principalement la récolte 2010, soit 1 555 ha, ainsi que 464 ha de la récolte 2009. Les lins ont été semés dans de bonnes conditions entre le 12 mars et le 12 avril, suite à un hiver froid qui a bien régénéré les structures du sol. Les levées se sont bien déroulées, mais le printemps sec a pénalisé la croissance des lins et le poids de paille. Les pluies de fin mai et les températures clémentes du mois de juin ont permis d’homogénéiser les linières les moins abîmées. Au final, la bonne surprise de la récolte est la richesse des fibres. « L’optimisation du rouissage a permis de rentrer des filasses courtes, mais marchandes », observe-t-on à Opalin. Hubert Brisset, président de la coopérative, se félicite : « 85 % des lins d’Opalin ont été rentrés secs, rouis à l’optimum, entre le 19 et le 21 août. Globalement, cette récolte 2010 est homogène. »
Concernant l’aspect commercial, l’année 2010 a permis une bonne valorisation du stock de la coopérative qui baisse de manière significative. Les recettes des coopérateurs s’étendent de 656 €/ha à 4 429 €/ha, avec une moyenne de 2 512 €/ha. Enfin, l’intérêt aux parts s’élève à 20 €/ha. Lors de l’Assemblée générale, une résolution proposant une ristourne de 125 €/ha a été adoptée à l’unanimité par les adhérents présents. « Une décision prise eu égard à la bonne valorisation des stocks et aux bons résultats de la coopérative », explique Hubert Brisset.

 

Zoom sur... Les débouchés d’avenir pour la filière

Raquette, planche à voile, canne à pêche, vélo... L’utilisation du lin pour d’autres fins que le tissu ou l’alimentation animale se développe. Prendre la voie de l’innovation est « une des conditions pour semer du lin rémunérateur », d’après Christian Mekerke, président d’honneur d’Opalin et dirigeant de la société Sifalin. L’industrie du composite s’intéresse de plus en plus à la fibre de lin pour ses caractéristiques. Elles sont jugées meilleures que celles de la fibre de carbone, issue du pétrole, ou de la fibre de verre, coûteuse en énergie et potentiellement mauvaise pour la santé. À la recherche de ressources plus naturelles et plus durables, le secteur des matériaux composites se tourne donc vers le lin ou le jute. « Aujourd’hui, au sein de la société Sifalin, nous effectuons même des tests pour utiliser la fibre de lin dans les structures de fenêtre en remplacement du bois, du PVC ou de l’aluminium, précise Christian Mekerke. Le lin présente l’avantage d’être un matériau dit « bio-sourcé » (d’origine végétale ou animale, ndlr), c’est une ressource renouvelable et ses propriétés mécaniques sont supérieures à celles du PVC ou du bois. »

 
En chiffres: Les résultats d’Opalin en 2010

1 555: Le nombre d’hectares de lin cultivés par les coopérateurs d’Opalin.
5 424: En kg, la quantité de paille à l’hectare.
1 189: En kg, la quantité de filasse à l’hectare.
128: Le prix du teillage facturé aux adhérents en €/t.
2 512: En €/ha, la recette moyenne des adhérents d’Opalin.
 

 

 
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