Endives : « l’outil collectif existe, mais il manque la volonté des hommes »
La situation de la filière endive a une nouvelle fois été au cœur des discussions entre responsables professionnels et représentant du ministère de l’Agriculture. - © .
Faut-il revoir en amont de la distribution la manière de commercialiser les fruits et légumes ? Quel rôle la nouvelle organisation de la filière a à jouer dans le maintien de la production de fruits et légumes, et en particulier de l’endive, dans la région ?
À ces questions, cinq responsables professionnels et représentant du ministère de l’Agriculture ont apporté leurs réponses et réflexions lors de l’Assemblée générale du Marché de Phalempin. Car, depuis la mutation des comités économiques en AOP nationales et par produits, avec la création de l’Association des producteurs d’endives de France, force est de constater que la situation n’a guère changé en ce qui la concerne.
Un outil qui cherche l’intégralité de son action
Forte de son poids économique dans la région Nord-Pas de Calais et de son importance dans l’activité de la coopérative Marché de Phalempin, l’endive reste soumise à des aléas qui font craindre un avenir difficile aux producteurs.
Vue du ministère de l’Agriculture, représenté par Alain Vernède, « la situation est pourtant claire. L’Association des producteurs d’endives de France (Apef) est reconnue par les instances nationales » explique le DRAF. Au même titre que l’AOP « Tomates-concombres » ou « raisin ».
Pour son président, Philippe Bauwin, les débuts difficiles de l’Apef sont essentiellement dus au fait « que l’on est dans un système d’adhésion volontaire ». Par conséquent, rien ne peut se faire sans l’adhésion du plus grand nombre d’organisations de producteurs. « L’outil collectif existe, il manque la volonté des hommes » regrette Philippe Bauwin.
Car, si jusqu’à présent l’Apef a pu jouer son rôle en matière d’appui technique et de publi-promotion, ses responsables constatent que sur le marché de l’endive, rien n’a vraiment changé, avec des prix considérés comme insuffisants pour espérer maintenir la production. Et de quel autre moyen disposent les producteurs d’endives si ce n’est d’intervenir davantage dans la formation du prix de leur produit ? Les avis partagés lors de la table ronde sont unanimes : la reconquête du revenu doit passer par une (re) prise en main de la commercialisation par les producteurs.
« Aujourd’hui, il est regrettable de voir que les producteurs produisent sans se soucier de ce que devient leur production » constate le président de la coopérative Marché de Phalempin, André Tondeur. Qui évoque l’idée de la fixation d’un prix de retrait, qui permettrait d’éviter une descente de prix « incontrôlable » lorsque l’offre devient excédentaire.
« Si on ne prend pas conscience qu’il doit y avoir un lien entre production et commercialisation, on passera à côté » note Jean-Bernard Bayard, président de la Chambre régionale d’agriculture. « Par rapport à l’évolution du contexte économique et de la place de l’économie dans l’agriculture, il ne peut pas y avoir de mise en marché autrement que collective » a-t-il dit. Rappelant que face à lui, le monde de la production a un secteur de la grande distribution tout puissant du fait de son organisation. « La mise en marché des produits agricoles, qu’elle soit privée ou coopérative, doit être organisée. Le commerce a toujours été et restera un rapport de force » a insisté le président de la Chambre régionale d’agriculture.
Une organisation pour défendre un prix
Citant la filière endive, André Tondeur a rappelé son opposition à la politique du frigo vide qui consiste à vendre le produit à n’importe quel prix, sous prétexte d’éviter des stocks trop importants. « Il faut arrêter de mettre à disposition des endives qu’on ne saura pas vendre à un prix correct faute de trop d’apports. » Car, pour le Président du marché de Phalempin, le revenu endivier ne doit pas provenir du volume, mais bien du prix sur lequel les opérateurs de mise en marché devraient pouvoir influer par une gestion différente de leurs approvisionnements.
Et Jean-Bernard Bayard de conclure sur l’attention qui doit être portée aux attentes du consommateur, de sorte qu’il puisse continuer à consommer. « Notre objectif doit être de satisfaire le consommateur en ayant une organisation qui permette de le faire, ce qui dépend d’une responsabilisation en amont des producteurs » a-t-il dit.
Regrouper
De l’avis des intervenants, la filière endive ne peut envisager un avenir serein sans une meilleure organisation de l’offre
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