L’AFA va poursuivre sa régionalisation en 2011
Jean-Bernard Bayard avait convié Georges-Pierre Malpel du ministère de l’Agriculture pour un débat sur la « gestion des aléas économiques ». - © DR
« Les agriculteurs du Nord ont aujourd’hui le choix en terme d’accompagnement et de conseil », a lancé Jean-Bernard Bayard, président du Conseil d’administration de l’AFA, lors de l’Assemblée générale 2011 du cabinet d’expertise comptable associatif à Fruges.
Implantée historiquement dans le Pas-de-Calais, l’AFA dispose depuis 2009 d’une antenne sur le site de Sars-et-Rosières, et entend poursuivre le développement de son réseau vers la Flandre intérieure.
« Des réflexions sont en cours pour l’ouverture d’un bureau à Hazebrouck », confie le président de l’AFA. Avec un objectif affiché : gagner de nouveaux adhérents nordistes, tout en se rapprochant de ceux qui ont déjà choisi l’AFA. D’ailleurs, la prochaine Assemblée générale pourrait se tenir dans le Nord, comme le laisse entendre Jean-Bernard Bayard : « En 2012, nous serons très certainement amenés à nous rapprocher, lors de notre AG, de nos adhérents du département du Nord ».
Logique de partenariat régionale
Cette orientation s’inscrit dans une logique de partenariat régionale avec les FDSEA 59 et 62. « L’AFA a noué des partenariats avec les OPA dans un esprit de partage, de synergie et de complémentarité des services, indique Jean-Bernard Bayard. Notre stratégie est bien un travail avec des partenaires à tous les échelons : Département, Région, voire même au niveau national (au sein du réseau AS), pour gagner en efficacité, efficience et proximité, afin de répondre avec professionnalisme aux préoccupations de nos adhérents. »
Une collaboration initiée depuis quelques temps, notamment sur les questions « Conditionnalité et PAC » : l’AFA organise, avec le concours de la FDSEA, de nombreuses réunions d’informations en matière « de contrôle et d’appui à la réalisation des déclarations PAC », propose à ses adhérents des formations Télépac (18 sont prévues au printemps), et assure en avril et mai des permanences PAC afin « d’apporter appui et conseil dans la réalisation ou la vérification des documents liés à la déclaration PAC ».
Toujours dans cette logique, l’AFA et les FDSEA 59 et 62 ont mis en place le Pôle conseil emploi (PCE), qui permet aux adhérents employeurs de main d’œuvre de bénéficier d’un accompagnement en matière de réalisation de fiches de paie et de toutes les déclarations qui y sont liées. « Au-delà de cet accompagnement technique, précise le président de l’AFA, notre mission pour ceux qui le souhaitent, est également de les appuyer et de les conseiller en matière d’embauche, de contrat de travail, de rupture anticipée ou lors de contrôle de l’Inspection du Travail ». 350 entreprises de la région bénéficient de ce service, soit la réalisation de plus de 6 500 fiches de paie.
Accompagnement renforcé et personnalisé
Avec la crise de 2009, « qui a lourdement pénalisé les trésoreries », l’AFA s’est investie en 2010 dans l’accompagnement de la mise en œuvre des différents plans de soutien aux exploitants agricoles. L’association de gestion et de comptabilité a réalisé près de 90 audits Dacs Agri.
« Au-delà de l’obtention d’aides, ceux-ci ont permis de faire bénéficier les exploitations les plus fragilisées d’un point de situation avec un conseiller d’entreprise, sans facturation supplémentaire », souligne Jean-Bernard Bayard. Afin d’accompagner au mieux ses adhérents, l’AFA leur a proposé l’expertise de spécialistes en matière de fiscalité (transmission du patrimoine, ISF et optimisation de la retraite) et d’environnement et énergie (réalisation de diagnostic énergétique).
À cela s’ajoute la généralisation pour 2011-2012 du « point annuel » avec un comptable conseil : un moment privilégié d’échange pour évoquer, avec un conseiller, vos sujets de préoccupations et vos projets professionnels ou privés, au-delà de la comptabilité et du conseil fiscal courant.
MDS
Zoom sur... Le projet de Mutualisation de l’information agricole (MIA)
L’AFA forme et met à disposition de ses adhérents « une solution informatique de qualité à coût maîtrisé » au travers de l’outil MIA. Un logiciel voulu par le Conseil régional et les OPA, développant l’autonomie des agriculteurs, et leur permettant un suivi de la gestion et du cadre réglementaire lié à leur exploitation : suivi des exigences de la conditionnalité tant en productions végétales qu’en productions animales, et préparation de la déclaration PAC avant sa télétransmission sur Télépac. « L’AFA, fidèle à ses valeurs, est partenaire MIA afin d’accompagner ses adhérents et de les rendre acteurs et maîtres de leurs démarches et décisions », insiste Jean-Bernard Bayard.
Précisions... Gestion des aléas économiques : « besoin de transparence sur les marchés à terme »
Georges-Pierre Malpel, inspecteur général auprès du ministère de l’Agriculture, est intervenu à l’issue de l’Assemblée générale de L’AFA. Ce dernier a apporté son éclairage sur « la gestion des aléas économiques », « une thématique importante que chaque agriculteur doit maintenant intégrer dans la gestion de son exploitation suite aux différentes réformes de la PAC », indique Jean-Bernard Bayard.
Le contexte a changé pour l’agriculture européenne, longtemps encadrée voire protégée. « Plus ouverte et plus libérale, celle-ci doit faire face à de nouveaux risques : la volatilité des prix, sans doute structurelle et qui va durer, ainsi que le prix de revient », précise Georges-Pierre Malpel. D’où la nécessité de s’y adapter le mieux possible. « Il n’y a pas de modèle ni de solution unique, mais des modèles et des approches différentes, explique-t-il. Il faut en limiter les inconvénients pour limiter les aléas économiques. » L’une des solutions évoquée par le coauteur d’un rapport piloté par Daniel Perrin sur la gestion de risques en agriculture, reste le marché à terme.
Selon lui, le marché à terme, qui a « souvent fait l’objet de caricature ou de simplification », n’en demeure pas moins un outil « permettant une meilleure visibilité et une solution contre la spéculation », si on instaure des garde-fous afin de prévenir « les déviations ». « Cet outil n’est pas adapté à toutes les productions », insiste-t-il. Selon lui, si les acteurs doivent être formés à son utilisation (connaissance du coût de production et du seuil de commercialisation), il y a surtout besoin de plus de transparence. »
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