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La production régionale mise sur la fraîcheur et la proximité

Avec les conditions d’ensoleillement de ces dernières semaines, la production régionale de fraises compte entre 7 et 10 jours d’avance par rapport à 2010.

28 avril 2011 Le Syndicat Agricole Vu 1677 fois
Sur cette photo: des Gariguettes, production marginale dans la région. Darselect, Daroyal ou Clery sont parmi les principales variétés de saison cultivées dans la région. Pour les remontantes, Annabelle et Charlotte font parties des plus produites.

Sur cette photo: des Gariguettes, production marginale dans la région. Darselect, Daroyal ou Clery sont parmi les principales variétés de saison cultivées dans la région. Pour les remontantes, Annabelle et Charlotte font parties des plus produites. - © DR

En ce printemps 2011, le soleil a rendez-vous avec les fraises. Résultat : 7 à 10 jours d’avance par rapport à l’an dernier pour la production régionale selon les secteurs. Sous l’effet du beau temps, les fraises ont commencé à rougir précocement, « la taille des fruits s’en ressent, ils ont poussé plus vite, avec un calibre légèrement inférieur à la normale », précise Frédéric Dumortier, conseiller technique pour le groupe Fruits rouge en Nord à la Chambre d’agriculture régionale. Mais il ajoute que, concernant les 80 producteurs de Fruits rouges en Nord qu’il suit, « la qualité gustative des fruits déjà ramassés est tout à fait satisfaisante ». C’est primordial, car la production de fraises dans le Nord-Pas de Calais mise sur la qualité pour se différencier des grands bassins de production français et surtout espagnols. En 2010, la production régionale s’établit à 1 500 t*.


Cueillie le matin, mangée à midi !
« La qualité d’une fraise dépend de sa variété, du degré de maturité auquel elle est cueillie, de l’itinéraire cultural (météo, maladie) et de la fraîcheur du produit. Dans l’idéal, une fraise doit être cueillie le matin et mangée le midi », assure Bruno Roussel, directeur de la coopérative des 4 saisons à Campigneulles-les-Petites (62). La structure regroupe une dizaine de producteurs qui cultivent essentiellement des variétés remontantes, de mai à septembre.
Au Marché de Phalempin, cette exigence de qualité et de fraîcheur se traduit par un cahier des charges précis à respecter par le producteur. Il doit assurer la traçabilité du plant : date de plantation, interventions et traitements, date de cueillette...
La coopérative réalise 50 analyses inopinées de phytotoxicité par an. « S’ils veulent répondre aux demandes des consommateurs de la région, les producteurs doivent respecter leur engagement de qualité. C’est essentiel si l’on veut vendre au prix juste notre marchandise. Et le plus compliqué n’est pas de produire, mais bien de vendre les fraises », affirme Pascal Deconinck. C’est pourquoi il préconise une vraie réflexion avant de s’installer comme producteur de fraises susceptible de fournir Phalempin. « Les fraises de nos producteurs commencent à avoir une réputation auprès des consommateurs », ajoute David Lefranc, responsable recherche et développement au sein de la coopérative.


Une consommation régionale
La production régionale est pour l’essentiel commercialisée dans le Nord-Pas de Calais. « Au Marché de Phalempin, c’est le cas à 90 % », affirme David Lefranc. Pascal Deconinck ajoute que « la cueillette doit être terminée pour 10 h 30 maximum et la livraison à la coopérative doit s’effectuer dans la foulée. Il s’agit d’avoir 24 h d’avance sur les autres bassins de production. » Le gros du volume du Marché de Phalempin s’effectue en mai avec les fraises de saison. « Les remontantes nous permettent d’entretenir nos relations clientèles jusqu’en octobre », explique David Lefranc.
Les producteurs de la coopérative des 4 saisons commercialisent leurs fraises par le biais de la vente directe ou des circuits courts (1 seul intermédiaire : revendeurs au détail, marchés, épiceries, quelques GMS travaillant en direct avec les producteurs) Ils livrent eux-mêmes la marchandise chaque jour, ce qui leur permet de garantir la fraîcheur des produits.
Au sein du groupe Fruits rouges en Nord, bon nombre de producteurs vendent leur production via les circuits courts, la vente directe ou même la libre cueillette.
Cette année, la commercialisation est soumise à une pression accrue due à la météo ensoleillée de ces dernières semaines. La production régionale se télescope de manière plus importante avec les principaux bassins de production français. « D’habitude, notre production est en décalage avec celle du sud-est et du sud-ouest, la précocité du démarrage de la saison nous met en concurrence plus directe », souligne Pascal Deconinck.
Côté prix, si pour l’instant ils se maintiennent, « la surproduction n’est jamais bien loin, raison de plus pour s’organiser et fixer des prix de marché rémunérateurs pour les producteurs », rappelle M. Deconinck.


Virginie Charpenet

* Source : SRISE Nord-Pas de Calais

 

Zoom sur… Production de fraises : la situation au niveau national

Les principaux bassins de production sont le sud (est et ouest) et le centre-ouest. Selon les 1res estimations du service de la Statistique et de la prospective (SSP), les surfaces de fraisiers devraient augmenter très légèrement pour la campagne 2011 en France. Les surfaces abris haut « pleine terre » diminueraient de 2 %, tandis que celles hors sol progresseraient encore cette année de près de 8 % et représenteraient près de 25 % du total des surfaces.
Le transfert de la culture de la tomate vers celle de la fraise semble se poursuivre. Compte tenu à la fois de l’augmentation des surfaces et des prévisions des rendements estimés corrects, les volumes au plan national devraient être en hausse par rapport à ceux de l’an passé, d’autant que les conditions climatiques de la campagne précédente avaient limité la production.

Source : Agreste, ministère de l’Agriculture.

 

La fraise de Phalempin en chiffres


- 50 producteurs
- Production totale moyenne : 650-700 tonnes
- Surface moyenne : entre 3 000 et 4 000 m2
- 60 % d’installation hors-sol, 40 % en pleine terre
- 45 % de la production vendue à des grossistes (principalement au MIN de Lomme)
- 55 % de la production vendue à des centrales d’achats (Leclerc, Match, Métro, Carrefour, Scofel...)
- 90 % de la marchandise est commercialisée dans le Nord-Pas de Calais
- Engagement des producteurs pour une durée de 5 ans minimum
- Visite une fois par semaine d’un technicien dans chaque exploitation
- Aide possible pour l’investissement dans le matériel de traitement

 

 

 
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