La CIB appelle les planteurs à ajuster les surfaces emblavées en 2012
Cette année, les arrachages précoces et les températures douces des mois de novembre et décembre ont compliqué la gestion de la conservation des silos de betteraves. - © CGB
Des betteraves arrachées le jour de la rentrée des classes. C’est en effet le 5 septembre que les premières betteraves de cette campagne 2011-2012 ont été sorties de terre, « du jamais vu jusqu’ici », affirme Guy Boulard, directeur adjoint de la Commission interdépartementale betteravière du Nord et du Pas-de-Calais (CIB). Comme tous les ans, les responsables syndicaux et administratifs de la CIB ont tenu des réunions dans la région pour informer les adhérents de l’actualité betteravière. Un bilan sur la campagne en cours (2011-2012) a été fait.
Des conditions de récoltes très favorables
Le rendement effectif de cette campagne s’établit à 81 t/ha dans le Nord-Pas de Calais (95,5 t/ha à 16°) et la richesse s’élève à 18,3°. Les semis ont débuté de manière précoce le 17 mars. Suivis d’une bonne levée. La sécheresse de mai et juin a ensuite pénalisé la culture, mais sans graves conséquences grâce aux pluies de l’été et de l’arrière-saison.
La récolte s’est ensuite déroulée dans des conditions particulièrement favorables. « Il n’y a pratiquement pas eu d’eau jusqu’à fin novembre », observe Guy Boulard. Sur les premiers arrachages, des problèmes de décolletage ont été observés, sans doute causés par un mauvais réglage des machines. À l’inverse, certains lots avaient beaucoup de feuilles. Pour M. Boulard, le débat sur la qualité du scalpage et sur le niveau auquel il doit être fait est toujours d’actualité.
Les arrachages précoces ont par ailleurs posé des problèmes de conservation des silos. « Fin novembre, toutes les betteraves étaient arrachées et celles qui ne sont enlevées que maintenant présentent des dégradations avec des pertes pouvant atteindre de 10 à 12 % de la récolte, souligne Guy Boulard. Quand les températures sont douces, il est d’autant plus nécessaire de ne pas arracher trop tôt. »
Les bonnes conditions d’arrachage ont permis de facilement limiter le taux de tare terre, qui s’établit en moyenne sur la campagne à 8,3 % pour les 4 usines de réception de la région. « C’est à partir du 24 novembre, avec l’arrivée de la pluie, que la tare terre a commencé à augmenter, passant de 8 à 12 % en 3 semaines », détaille Guy Boulard. Pour Xavier Laude, président de la CIB : « Même en bonnes conditions d’arrachage, il reste un problème de déterrage quand le silo subit la pluie ».
Emblavements et contrats pour la prochaine campagne
Du côté de Tereos, les contrats de cette campagne ont été reproposés aux planteurs pour 2012-2013. « Pour les emblavements, il va falloir ajuster les surfaces, prévient Xavier Laude. Jusqu’ici, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a fait le nécessaire pour trouver des débouchés pour la surproduction, mais il faut être prudent pour les années suivantes, les importations pourraient augmenter et nous n’avons pas de garantie concernant la requalification. ». Et d’ajouter : « Depuis 9 ans, les moyennes de rendements ne descendent pas en dessous de 80 t/ha, c’est jouer avec le feu ».
Virginie Charpenet
Zoom sur... 3 Sica pulpes bientôt dans le giron de Tereos
C’est désormais acquis : à partir de la récolte 2012, les sites de déshydratation de la région détenus par les planteurs (Sica pulpe à Boiry, Sodeca à Escaudœuvres, et Sica PHP à Ste Émilie) vont passer sous le giron de Tereos. Xavier Laude a précisé aux planteurs coopérateurs de ces sites qu’ils peuvent revendre leurs parts à Tereos. Le président de la CIB n’a pas caché que ce rachat des outils de surpressage devrait entraîner une baisse de rémunération pour les livreurs des 3 usines. « Il y avait un écart de rémunération trop important entre ceux qui livraient aux Sica et le prix de rachat de Tereos, justifie-t-il. Cette mesure permet à Tereos de constituer un ensemble plus homogène. »
Un supplément de prix de 3 €/t
L’accord interprofessionnel sur le supplément de prix, signé en 2009 entre les planteurs et l’industrie sucrière, s’applique une nouvelle fois pour la campagne 2010-2011. Le prix du marché du sucre se situe aux alentours de 500 € la tonne, soit près de 100 € de plus que le prix réglementaire (404 €/t) fixé par Bruxelles. « Dans ces conditions, le supplément de prix s’élève à 3 €/t pour les planteurs français », indique Roland Cuni, directeur adjoint de la CGB. Par ailleurs, à Tereos, un complément de prix de 4 €/t a été accordé aux planteurs pour cette même campagne. Ces 2 chiffres viennent s’ajouter au prix minimum établi depuis la campagne 2009-2010 à 26,30 €/t. Enfin, pour les planteurs Tereos, le prix de la betterave hors-quota s’établit à 27,70 €/t.
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