Licques Volailles se remplume grâce à une bonne année et de bonnes ventes
De gauche à droite, Albert Roussez, président de Licques Volailles, Julien Saint Maxent, directeur, et Olivier Dal, directeur commercial nouvellement arrivé. - © DR
Une partie de la soixantaine d’adhérents de la SA Coopérative de Licques s’est réunie dans les locaux de l’abattoir pour tenir son Assemblée générale annuelle.
Une année qualifiée d’ « exceptionnelle » par le président Albert Roussez. Le tonnage a progressé suite au transfert des activités de Bellebrune, ce qui a entraîné une diminution des coûts de production pour la coopérative d’abattage et la Sica de commercialisation.
Le chiffre d’affaires des ventes de marchandises est en hausse de 26,3 % (au total 5 473 140 €). Ceci est dû à une élévation de volume, mais surtout à des prix de vente en augmentation. Le résultat de l’exercice, clos au 30 avril 2010, est d’ailleurs largement positif, de 180 813 € (contre 38 792 € de pertes l’année précédente).
Des investissements pour moderniser l’outil
Une bonne année, tant mieux, car des investissements pour moderniser l’outil et des travaux d’entretien ont été ou sont en cours de réalisation. Le directeur, Julien Saint Maxent, rappelle les économies d’échelle qui ont été permises, notamment grâce à la reprise de Bellebrune : « Le recours aux heures supplémentaires et aux intérims a quasiment été réduit à zéro avec l’entrée des salariés de Bellebrune (total des effectifs 38,7 ETP). Le coût de transport a diminué, une seule mise à quai est désormais nécessaire, ce qui réduit les temps d’attente et les kilomètres. Nous bénéficions aussi des services de chauffeurs supplémentaires, anciens salariés de Bellebrune. Les investissements réalisés pour mécaniser et automatiser la chaîne d’abattage, de découpe et d’emballage, permettent d’augmenter la cadence et de réduire les coûts de production. D’une manière générale, de la maîtrise de la mise en production jusqu’à la vente, il est plus facile de travailler sur un seul site et d’avoir une vision globale de l’activité. » Pour remédier à la stagnation des ventes de découpe, les barquettes ont été modernisées. Licques propose des produits sous atmosphère contrôlée (durée de conservation plus longue). L’entreprise souhaite ainsi sécuriser ses débouchés (principalement la grande distribution et la restauration hors domicile) et les diversifier (vente de volailles entières, découpées, plats cuisinés en portions individuelles en plus des bocaux...). Enfin, un hangar de réception devrait prochainement être construit pour accueillir les volailles en attente d’abattage.
Des prix qui augmentent
Albert Roussez a profité de l’Assemblée générale pour annoncer un complément et une augmentation des prix. « Prudents l’année dernière avec le rachat de Bellebrune, la conjoncture et la pression de nos acheteurs pour revoir les prix, nous avons préféré baisser les prix producteurs. L’exercice clos étant positif, un complément de prix sera versé aux éleveurs (2 % du chiffre d’affaires). Par ailleurs, dès novembre, le prix au kilo est revalorisé de 10 centimes pour faire face à l’augmentation du prix des matières premières et surtout des aliments. » Cette concession des acheteurs suite aux négociations ne couvre pas complètement la hausse des aliments, mais c’est un plus.
D’autant que « l’année n’a pas été mauvaise, surtout si on la compare aux années difficiles ou à d’autres productions (porcs, bovins viande). Nous tirons un revenu de nos poulaillers. Arrêtons de montrer une mauvaise image des poulaillers qui ne donne pas envie à d’autres agriculteurs de nous rejoindre », a souligné le président de Licques. « Nous avons la chance d’être dans une région de polyculture-élevage. Cela permet aux agriculteurs de répartir les risques. Ne laissons pas partir nos outils de production. Certaines régions le regrettent amèrement. »
La volonté d’Albert Roussez est de maintenir un outil détenu par les producteurs. Pour cela, il faut le développement. Les ambitions de la coopérative sont donc bien sûr de reconduire les bons résultats de l’année, mais aussi de conforter son outil de production en augmentant les volumes. Pour cela, l’arrivée de nouveaux éleveurs est indispensable.
Marianne BOUTRY
Zoom sur... Un acheteur de la grande distribution pour développer les ventes
Olivier Dal a pris depuis un mois la direction commerciale de la société. Son objectif est de conforter les volumes, mais surtout de les développer. Son expérience dans la grande distribution devrait être un atout pour Licques.
À 36 ans, Olivier Dal a passé 16 ans au sein du groupe Auchan, d’abord comme employé de magasin, puis comme chef de rayon puis de secteur. Les 4 dernières années, il a occupé le poste d’acheteur volaille pour la centrale d’achat qui fournit les magasins Auchan, Atac et Simply.
Pour lui, intégrer une PME comme Licques est un choix, guidé « par un produit qu’il aime, la volaille ». « La volaille de Licques est bien connue de la grande distribution. C’est une viande qui est et restera peu onéreuse par rapport au bœuf. Mais surtout, la volaille est une source de protéine animale qui bénéficie de l’appui des nutritionnistes. » Olivier Dal est persuadé qu’il est possible de regagner des parts de marché, d’autant plus avec un produit régional qui bénéficie d’un label. « La proximité est demandée par les clients des grandes surfaces, ajoute le responsable commercial. Autre atout : les éleveurs de Licques bénéficient d’un abattoir neuf dont les capacités de production ne sont pas saturées. »
Pour atteindre ses objectifs, Olivier Dal a rappelé le nécessaire « soutien des éleveurs et le besoin de plus de volumes à vendre ».
M.B.
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