Le Syndicat Agricole 17 novembre 2016 à 14h00 | Par Le Syndicat Agricole

Rallonger le cycle de vie des appareils

Les associations de consommateurs ont décidé que le futur président de la République et les futurs parlementaires devront traiter la question de l’obsolescence programmée.

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Opé 2017 est une plateforme participative qui invite les consommateurs-citoyens et les professionnels à appeler les candidats aux futures élections sur ce sujet. Elle est accessible sur : www.ope2017.org, jusqu’au 20 décembre.
Opé 2017 est une plateforme participative qui invite les consommateurs-citoyens et les professionnels à appeler les candidats aux futures élections sur ce sujet. Elle est accessible sur : www.ope2017.org, jusqu’au 20 décembre. - © DR

Rien n’est plus agaçant, de nos jours, que de devoir changer d’appareil, qu’il soit ménager, électronique ou autre, simplement parce qu’il ne fonctionne plus. Derrière ce sujet se cache la notion de l’obsolescence programmée, un truc de constructeurs qui permet de mettre fin à la vie d’un produit par avance. « L’obsolescence programmée désigne l’ensemble des pratiques qui raccourcissent la durée de vie ou d’utilisation d’un produit. Qu’il s’agisse d’obsolescence par défaut (panne), logicielle (mises à jour ralentissant un ordinateur) par incompatibilité (un téléphone seulement compatible avec des écouteurs Bluetooth), ou esthétique, le procédé est aujourd’hui répandu dans des produits de consommation devenus quasi-indispensables, et conduit à un rachat plus rapide du même bien » précise notamment l’UFC-Que Choisir.

Enjeu économique et écologique majeur
Au-delà de cet inconfort pour les consommateurs, d’autres problèmes sont liés à cette manière de faire : produits moins durables, épuisement des matières premières, production accrue de déchets et impact à long terme sur le pouvoir d’achat des consommateurs… Côté écologique, « l’obsolescence programmée réduit la durée de vie des produits, avec comme conséquence une exploitation accrue des matières premières et une surproduction de déchets. Ce système de production et de consommation dépossède les individus de leurs droits à un usage durable des biens » poursuit l’association, tout en expliquant que du côté économique, « l’obsolescence affecte également le pouvoir d’achat des consommateurs. Au moment de l’achat, ces derniers ne sont pas en mesure de choisir le couple durée de vie/prix qui leur convient le mieux. Souvent, ils payent un produit injustement cher pour un produit de faible durée de vie ».

Propositions
Autant de remarques qui ont amené un ensemble d’associations à lancer une opération dédiée pour faire prendre conscience de tout cela aux futurs élus du pays en 2017. De nombreuses propositions sont possibles et seront évaluées à travers cette consultation publique. Parmi elles, le fait de penser un produit durable dès sa conception (écoconception) pour éviter des machines à laver dotée d’un tambour en plastique, au lieu de l’acier, ne supportant pas la chaleur et les vibrations ou des cafetières avec des vis impossibles à dévisser, tout cela étant synonyme de réparation très chère ou impossible, avec rachat de l’appareil en cas de problème. D’où l’idée aussi d’interdire les techniques destinées à rendre impossible la réparation.
Un autre sujet concerne la réparabilité du produit en posant le principe qu’un produit durable doit être un produit réparable. « Or aujourd’hui, il est difficile de faire réparer son bien (indisponibilité des pièces détachées, accès et coût de la réparation, réparation impossible en dehors du circuit constructeur) ou dans certains cas, le prix peut être dissuasif forçant ainsi les consommateurs à racheter un produit neuf « insiste le collectif d’associations ». On peut dès lors obliger les fabricants à rendre disponibles les pièces détachées essentielles au bon fonctionnement du bien, indiquer clairement au consommateur lorsque les pièces détachées ne sont pas disponibles, libéraliser la vente de pièces détachées et favoriser leur réemploi ou encore prendre des mesures incitatives en faveur du développement de la réparation (fiscalité, formation des réparateurs, accès aux points de réparation).
L’autre grand sujet du XXIe siècle dans ce secteur est l’obsolescence logicielle : la mise à jour des systèmes d’exploitation ou des logiciels des ordinateurs, des tablettes ou des smartphones entraîne parfois le ralentissement voire la panne des appareils. Et certains logiciels ne fonctionnent plus qu’avec les dernières versions du système d’exploitation. Les associations proposent donc d’instaurer un principe de réversibilité du système d’exploitation (l’utilisateur pourrait revenir à la version n-1, n-2... en cas de ralentissement) et de valoriser l’écoconception logicielle.

Thierry Michel

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