Le Syndicat Agricole 14 février 2013 à 14h27 | Par Le Syndicat Agricole

PRODUITS TRANSFORMÉS - « Une fraude et une tromperie vis-à-vis du consommateur »

L’affaire Findus met en évidence des zones d’ombre.

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«Avant tout, il s’agit de dire qu’on est en présence d’une fraude, d’une tromperie et non d’un problème sanitaire ou vétérinaire. Le système de traçabilité sanitaire n’est pas en cause. Le problème posé ici concerne les contrôles d’un produit normal », précise, d’entrée de jeu, Marc Tarabella, député européen (Belgique) spécialisé dans les questions de protection des consommateurs et d’agriculture. Cette idée est également défendue par les Groupements de défense sanitaires (GDS) en France, qui rappellent que la crise actuelle des « lasagnes au bœuf de cheval n’est pas une crise sanitaire » et que les « comportements mercantiles(...) d’opérateurs des filières économiques ne sauraient mettre en cause la qualité et la sécurité sanitaire des produits d’élevage français, fruits des efforts des producteurs... ».

Que faire ?
Avant tout, et d’après les premiers éléments connus, c’est surtout une question de gros sous – recherche d’un profit plus important à tout prix – qui est à mettre en cause. En remplaçant le bœuf par du cheval – moins cher du côté de la Roumanie – certains opérateurs sans scrupule auraient empoché une confortable somme d’argent.
Ceci étant, il apparaît clairement un défaut de contrôles et un manque de vigilance sur la matière traitée pour produire les lasagnes. On peut toujours accuser le voisin (que ce soit une entreprise ou un pays), on peut toujours avancer que la loi n’oblige pas à effectuer certains contrôles, il n’en reste pas moins vrai qu’au nom de la confiance qu’ont les consommateurs à certaines marques, on ne peut pas s’absoudre de certaines responsabilités. « Pour moi, un contrôle doit s’opérer en fin de chaîne, chez l’industriel. Quand un consommateur achète Findus, il achète une marque, une forme de confiance. L’industriel ne peut donc pas se dérober en accusant le reste de la chaîne de fabrication », indique Marc Tarabella.
Les outils sont connus : tests ADN, étiquetage sur l’origine des produits, contrôles sur les préparations à base de viande... Mais pour cela, il faut une volonté européenne pour agir dans ce sens. Il faut aussi que les moyens alloués à ces contrôles soient suffisamment budgétés pour être efficaces. Or, en France comme en Angleterre et sans doute dans d’autres pays, les financements de ces mesures sont plutôt en baisse.

Porter des mesures au niveau européen
« La France a l’obligation d’effectuer un geste fort. Lors de la réunion entre professionnels de la filière et ministres concernés, il a été décidé de demander la mise en œuvre immédiate de l’apposition de la mention d’origine du produit préparé à base de viande », a expliqué Dominique Langlois, président d’Interbev, au lendemain de ce tour de table. Au besoin, si l’Europe n’entend pas ce besoin, les ministres de l’Agriculture et de la Consommation français ont pris des positions fermes pour le mettre en œuvre le plus rapidement possible au niveau national.

Thierry Michel

Réaction FNSEA/JA: Déconnectés !

Au moment où l’affaire Findus réclame urgence, efficacité et transparence, la Commission européenne s’enferme et s’enferre. D’après elle, il serait « prématuré » d’envisager de rendre obligatoire un étiquetage d’origine de la viande présente dans les produits transformés... il faudrait donc attendre un futur rapport d’un futur rapporteur pour une future décision ! Déconnectés, voilà le bon mot !
Face à l’urgence, face à la crise, face à la fraude, il faut réagir maintenant ! On peut légitimement se poser des questions : qu’est-ce qui bloque ? Qui empêche ? Qu’en pensent Findus et Picard ? Le lobbying des grandes firmes est-il si efficace pour en oublier une Europe au service des consommateurs citoyens ? Le travail des éleveurs est remarquable et exigeant ; que tout le monde suive cette voie.
À force de baisses de prix, de marges indues, de négociations commerciales sous haute pression et d’une grande distribution qui, sous couvert de défense du pouvoir d’achat, se permet tout, tout est possible, le pire aussi.

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