Le Syndicat Agricole 19 août 2016 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Pommes de terre : Premières impressions plutôt favorables à l’ouverture de la campagne

Surfaces plus importantes, rendements moyens, demande industrielle en hausse, évolutions de la consommation : les chiffres de la campagne 2016-2017.

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Le ministère de l’Agriculture prévoit une récolte 5,4 millions de tonnes, sur la base d’un rendement de 42,9 t/ha contre 5,36 Mt et 44,2 t/ha l’an dernier.
Le ministère de l’Agriculture prévoit une récolte 5,4 millions de tonnes, sur la base d’un rendement de 42,9 t/ha contre 5,36 Mt et 44,2 t/ha l’an dernier. - © Grimme

La campagne 2016-2017 de commercialisation de la pomme de terre de conservation s’ouvre, succédant à celle de primeurs close le 15 août sur un bilan très satisfaisant. La campagne 2015-2016, avait été marquée par une production modeste qui avait permis au marché de retrouver son équilibre et des prix en fort redressement après une précédente saison commercialement désastreuse. Comment se présente cette nouvelle campagne ? En premier lieu, les surfaces consacrées à cette culture ont progressé de 3,8 % par rapport à 2015, selon le ministère de l’Agriculture et de 5,3 % selon les prélèvements effectués par l’UNPT (Union des producteurs de pommes de terre) ; mais cette différence d’appréciation des surfaces en pourcentage ne devrait pas les empêcher d’atteindre, en valeur absolue, les 126 millions d’hectares. Le ministère prévoit une récolte de 5,4 millions de tonnes (Mt), sur la base d’un rendement de 42,9 t/ha contre 5,36 Mt et 44,2 t/ha l’an dernier. L’UNPT ne fournit pas d’estimation de production mais considère que les rendements sont en baisse de 10 % par rapport à la moyenne des 10 dernières années à date identique ; ils seraient aussi très hétérogènes. Les pluies excessives, voire les inondations de parcelles, ont occasionné des pertes estimées globalement à 1 % de la surface plantée. Dans l’état actuel de la présentation des cultures, l’UNPT considère que la récolte devrait tourner autour de 5,6 Mt contre 5,23 l’an passé et une dernière moyenne quinquennale de 5,3 Mt. La qualité globale s’annonce, pour le moment, « tout à fait satisfaisante », indique l’UNPT.

Côté consommation
La production, si ces prévisions se confirment, serait donc copieuse. La demande permettra-t-elle de l’équilibrer pour éviter une baisse des prix ? L’un des atouts qui permet de l’espérer est la croissance régulière de la transformation (frites, chips, flocons…) ; cette croissance est nette en Europe comme dans le monde. Pour ce qui est de l’UE, elle est particulièrement dynamique chez les industriels allemands, hollandais et surtout belges avec la mise en place d’unités de transformation, phénomène beaucoup plus limité en France alors que le pays dispose de tous les atouts pour développer une industrie de transformation. Sur le marché du frais, la consommation a évolué positivement lors de la dernière campagne en pommes de terre de conservation (tout comme en primeurs cette année). Cette bonne orientation devra être entretenue par une politique de qualité et un bon choix variétal (pomme de terre à chair ferme).
La France devra défendre sa position de leader sur les exportations de pomme de terre en l’état. Si le bilan à fin juin (11 mois de campagne) est modeste, avec 1,55 Mt exportées, contre 1,63 Mt pour la même période de 2014-2015, ce n’est pas le signe d’un moindre dynamisme, mais d’un manque de disponibilités, compensé par la hausse des prix qui a permis de réaliser un chiffre d’affaires export de 425 M€, en hausse de 70 % sur l’an dernier, malgré la réduction des tonnages.

Début de campagne sur de bonnes bases de prix
La nouvelle campagne de pommes de terre de conservation a effectivement commencé début août, avec les premiers arrachages de tubercules en Beauce et en Champagne. L’industrie s’approvisionne en « hâtives » surtout à travers ses contrats avec les producteurs, ses quelques interventions sur le marché libre révélant des prix proches de ceux de la fin de la dernière saison. Même constat sur le marché du frais, mais l’accroissement de l’offre avec l’accélération des arrachages va peser sur les cours. On ne peut cependant pas juger, en ce tout début de campagne, d’une orientation des prix, mais la conjoncture offre/demande devrait éviter de trop mauvaises surprises.

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