Le Syndicat Agricole 24 février 2017 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Premier grand concours pour le Gaec du Petit champ

« Image », jeune vache Rouge flamande de trois ans, représentera pour la première fois l’élevage de la famille Quaeybeur au Salon de l’agriculture de Paris.

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La famille Quaeybeur au grand complet autour d’Image, Rouge flamande en partance pour le SIA. De gauche à droite : Gautier, Pierre, Benjamin Leprohon, Franck, Adrien, Lilian et Sylvie.
La famille Quaeybeur au grand complet autour d’Image, Rouge flamande en partance pour le SIA. De gauche à droite : Gautier, Pierre, Benjamin Leprohon, Franck, Adrien, Lilian et Sylvie. - © DR

La famille Quaeybeur n’en revient toujours pas. « Il y a quatre mois, les équipes du Centre régional des ressources génétiques (CRRG) et de l’Union Rouge flamande ont réalisé une tournée de reconnaissance dans les élevages régionaux, racontent Franck et Sylvie Quaeybeur. Quelque temps après, elles nous ont annoncé que trois de nos vaches avaient été repérées pour participer au Concours général agricole 2017 ». Oui, celui du prestigieux Salon international de l’agriculture (SIA) de Paris. Parmi les trois animaux sélectionnés, les éleveurs de l’Avesnois ont choisi Image, une Rouge flamande de trois ans pour représenter les couleurs de l’exploitation laitière. C’est tout simplement la première fois que le Gaec du Petit champ, situé à Dimont (59), participe à un concours d’élevage. L’épreuve reine… pas mal pour un début !

« Présenter une vache à Paris, c’est un rêve de gosse »
Féru de génétique bovine depuis toujours, Franck Quaeybeur n’avait jamais envisagé, ou osé, s’inscrire à un concours. Foires locales, Fête du lait ou Terres en fête, l’éleveur est plus spectateur que compétiteur. Lorsque la nouvelle est tombée, il est d’abord étonné et avoue avoir hésité quelques jours. « Avec la conjoncture et les difficultés de trésorerie dans lesquelles se trouvent beaucoup de fermes, je ne me voyais pas aller fanfaronner à la capitale, admet Franck Quaeybeur. Le déplacement demande aussi beaucoup de préparation et de temps ». Mais la passion a vite repris le dessus. « Présenter une vache à Paris, c’est un rêve de gosse, admet-il, non sans émotion. C’est également une récompense du travail fourni depuis plusieurs années. Le fait de participer au concours est un retour, un remerciement aux techniciens qui suivent la race et notre exploitation ». La famille se lance donc dans l’aventure parisienne avec Image, jeune Rouge flamande qui porte assez bien son nom.

Sage comme une « Image »
La robe pourpre typique, la tête haute, « un bon bassin et une bonne mamelle », Image affiche en plus de ces qualités un caractère serein. Idéal pour les concours. « Elle est issue d’un lot d’embryons provenant de la ferme de l’Institut agricole de Genech (59) et de la fameuse Toscane, une Rouge flamande qui a déjà remporté plusieurs prix », explique Benjamin Leprohon, salarié agricole du Gaec. Du haut de ses 23 ans, c’est lui qui accompagnera la génisse au salon. Depuis une quinzaine jours, il est aux petits soins pour la belle prétendante. « Nous avons acheté un licol et nous l’entraînons régulièrement à marcher à nos côtés, comme elle devra le faire lors de l’épreuve, indique-t-il. Image reste très calme et réceptive aux exercices, c’est déjà très important ». Par sécurité, l’animal doit s’habituer à rester attaché en permanence dans les enclos aménagés de la porte de Versailles. Image l’est donc depuis quelques jours à l’intérieur de la stabulation, contrairement à ses 130 congénères. Autre traitement particulier, la Rouge flamande a été méticuleusement lavée lundi et tondue intégralement mardi. « Il faut mettre les courbes et la mamelle en évidence pour plaire aux juges officiels », souligne le jeune passionné. Image a aussi subi une batterie de tests (vaccins, prises de sang…) avant d’embarquer pour la « Ville lumière » et, qui sait, peut-être décrocher le trophée tant convoité.

Benjamin et sa vache sur le grand ring, les autres devant la petite lucarne
Ce matin à l’aube, Image a quitté son étable pour gagner Paris. Le transport s’effectue en camion, spécialement affrété pour les animaux régionaux participant au SIA 2017. En attendant l’ouverture officielle des allées et le crépitement des flashs des visiteurs, Image va prendre ses nouveaux quartiers dans le hall réservé aux éleveurs du Nord-Pas de Calais. « Durant l’événement, l’entraide entre éleveurs est de mise, ainsi que la convivialité, témoigne Franck Quaeybeur. Chacun s’occupe de sa vache, mais également de celles des autres ». Un dispositif de traite mobile est notamment à gérer matins et soirs. Sur place, Benjamin Leprohon sera logé à l’hôtel, comme tous les agriculteurs sur place. « Il s’est proposé pour emmener Image au salon, explique Sylvie Quaeybeur avec le sourire. Nous avons accepté tout de suite ; c’est évidemment une récompense pour lui aussi. Nous, nous devons rester sur la ferme ». Heureusement, à l’heure du numérique, de Paris à Dimont, il n’y a plus qu’un pas. Ou plutôt qu’un fil. Lundi 27 février à 10 heures, la famille Quaeybeur au grand complet sera en effet devant l’ordinateur de la maison. « Le concours est diffusé en direct, nous allons pouvoir suivre les premiers pas d’Image sur le ring de présentation », assurent les Nordistes, impatients et fiers. Elle concourt au titre de « 1re lactation jeune vache ». Seule une victoire dans cette catégorie peut lui permettre de poursuivre le concours dans la division supérieure, celle de « championne jeune ». Dans l’arène, les dés sont jetés.

Simon Playoult

Zoom sur... Le maintien et la promotion d’une race locale

La Rouge flamande est arrivée « un peu par hasard » au Gaec du Petit champ. Membre du réseau Savoir vert, la ferme accueille 60 à 70 groupes d’enfants à l’année pour des visites. « Il y a cinq ans, nous avons acheté trois veaux dans le but de les montrer aux visiteurs, se remémore Franck Quaeybeur. De fil en aiguille, nous nous sommes pris au jeu… ». Aujourd’hui, l’élevage compte 15 Flamandes. Le reste du cheptel comprend des Montbéliardes et des Holsteins. « La race a presque été décimée après la Seconde Guerre mondiale et bénéficie aujourd’hui d’un plan de sauvegarde, rappelle l’agriculteur. Le progrès génétique reste lent mais les animaux sont rustiques et “haut de gamme”, c’est ce que je recherche ». Aux côtés des autres éleveurs de l’Union Rouge flamande, les Quaeybeur contribuent au maintien d’une race locale ancienne. « Le SIA est une vitrine unique où nous pouvons communiquer à grande échelle, ajoute-t-il. Peu importe le résultat lors du concours, c’est déjà une victoire pour nous ».

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