Le Syndicat Agricole 03 juillet 2015 à 09h00 | Par Le Syndicat Agricole

Pour une moissonneuse-batteuse efficace, quelques réglages s’imposent

Régler sa moissonneuse-batteuse est primordial pour assurer rendement et efficacité.

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Le plus important est de limiter la casse et les pertes de grains, deux paramètres intimement liés.
Le plus important est de limiter la casse et les pertes de grains, deux paramètres intimement liés. - © S. Leitenberger

Savoir bien régler sa moissonneuse-batteuse est  un point essentiel en grandes cultures. Lorsque l’on sait que les pertes à la récolte peuvent monter jusqu’à 10 % dans le cas de batteuses très mal réglées, on comprend aisément l’importance de cet enjeu. Pour cette raison, plusieurs Geda (Groupe d’études et de développement agricole), en partenariat avec la Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais, ont mis en place il y a 3 ans des sessions de formation sur cette thématique, en présence de Nicolas Thibaud, une référence nationale sur le sujet.
Avant de se poser la question du réglage, il faut déjà se poser la question du choix de la bonne batteuse. À ce niveau, il n’y a qu’une certitude : l’année de fabrication compte plus que le modèle. Certains modèles conçus une année donnée sont bons, les mêmes modèles conçus une autre année peuvent être mauvais.
L’exigence demandée aux batteuses d’aujourd’hui est de plus en plus importante. Depuis 15 ans, le volume de paille qui passe dans les machines a été multiplié par deux. Or, il y a 15 ans, les secoueurs étaient déjà débordés... Certaines adaptations sont déjà possibles à ce niveau par exemple en colza où le volume de pailles est très important. Pour cette culture, les agriculteurs ont tendance à positionner la barre de coupe très bas pour récupérer seulement 500-600 grains de plus à l’hectare. Or, une barre de coupe un peu plus haute de 10 cm permet de limiter les pailles dans les machines (deux fois moins) et augmente l’efficacité du battage.
Au niveau du réglage, le plus important est de limiter la casse et les pertes de grains, deux paramètres intimement liés comme le montre le graphique 1.
Ainsi, si derrière la batteuse on a plus de 10-12 grains de blé sous la main, alors on casse trop de grains : il faut donc modifier les réglages. Limiter la casse de grains (et donc limiter les pertes de rendement) est l’enjeu essentiel. Battre un blé, un colza ou une orge n’est pas une course de vitesse, il vaut mieux ralentir un peu la vitesse d’avancement pour réduire les casses.


Les principaux points de réglage :
Au niveau de la vis d’alimentation, il faut viser une vitesse périphérique de 5 m/s (18 km/h) et non de 7 m/s (25 km/h). Car si la vis d’alimentation tourne trop vite :
- on concentre le flux de paille sur le centre de la machine ;
- on augmente l’égrenage ;
- on augmente les phénomènes de bourrage ;
- on augmente les phénomènes d’enroulement autour de la vis d’alimentation.
Attention aux spires sur la vis d’alimentation, il ne faut pas qu’elles soient trop longues. Leur longueur doit être adaptée à la largeur du convoyeur. Si la vitesse de la vis d’alimentation est trop importante et/ou si la longueur des spires sur la vis d’alimentation n’est pas adaptée à la largeur du convoyeur, on aura alors une concentration du flux de paille sur le centre de la machine (et ce du convoyeur jusqu’aux secoueurs). Par conséquent, cela entraînera une usure prématurée de la machine (davantage pour les batteuses conventionnelles, moins pour les batteuses axiales).
Les rabatteurs doivent tourner 2-3 % plus vite que la vis d’alimentation, les doigts doivent rester parfaitement verticaux. Lorsqu’il y a des épis au sol (cas de l’escourgeon notamment), on ne pourra pas les récupérer quels que soient les réglages.
Si vos parcelles sont exemptes de pierres, vous pouvez mettre une tôle sur le bac à pierres, cela limitera les phénomènes de bourrage.
Le batteur : pour les céréales, le batteur doit tourner aux alentours de 800 tours/minute. Le soir, on peut monter à 900 voire 1 000 tours/minute. Pour les protéagineux et le colza, il faut se situer entre 350 et 400 tours/minute. Pour un meilleur battage, on peut faire appel aux barres d’alourdissement. Elles multiplient par 3 le poids du batteur, et par 9 son inertie. Au final, avec les barres d’alourdissement, on peut baisser de 100 tours/minute le régime du batteur et donc moins consommer de carburant.
La vitesse périphérique du batteur doit être de 25 m/s pour les céréales, et de 8-12 m/s pour les oléo-protéagineux.
Au niveau du contre-batteur : le batteur a pour fonction de faire circuler la paille. Le véritable organe de battage est le contre-batteur. Pour cette raison, il est important d’avoir des contrebattes nombreuses et agressives.
La distance entre batteur et contre-batteur : à l’entrée (L), elle doit être égale au diamètre de l’épi, à la sortie ( l ), elle doit être égale au diamètre du grain.
Au niveau des grilles du séparateur : le triage permet de récupérer la minorité des grains qui ne sont pas passés par le contre-batteur.
- La prégrille : lorsqu’elle est présente sur la moissonneuse-batteuse, elle doit être fermée en oléo-protéagineux et ouverte à seulement 3 mm en céréales. Ce réglage s’explique par la forte présence de biomasse issue du batteur qui a tendance à surcharger la grille inférieure.
- La grille supérieure : son ouverture ne doit pas être trop importante car son rôle, avant tout, est de trier et non de récupérer des imbattus. Si leur présence est trop importante, le problème vient du battage.
- La grille inférieure : elle est tout le temps un peu plus fermée que la grille supérieure car on affine le triage. Si le résultat, c’est-à-dire ce qui monte dans la trémie, n’est pas satisfaisant, il faut revoir le réglage du batteur.
Une extension de barre de coupe à colza permet de récupérer quasiment toutes les graines produites et améliore le rendement jusqu’à 3 q/ha. Cet équipement augmente le débit du chantier (vitesse de travail augmentée de plus de 30 %) et facilite la récolte en cas de verse, il est donc vite rentabilisé. L’essentiel des pertes se situe juste avant l’entrée du convoyeur au moment où les doigts rétractables viennent frapper les végétaux récoltés. Les graines sont alors projetées devant la machine et retombent au sol. Avec une extension de barre de coupe suffisamment profonde, ces graines sont récupérées sur le tablier et finissent par revenir dans le convoyeur. Pour plus d’information, n’hésitez pas à vous rapprocher de votre conseiller de secteur Chambre.

Yannick COSPEREC, Chambre d’agriculture de région Nord-Pas de Calais


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