Le Syndicat Agricole 14 août 2015 à 08h00 | Par Le Syndicat Agricole

Pour l’instant la région s’en sort bien

Premiers éléments sur la campagne betteravière en cours dans le Nord-Pas de Calais.

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La campagne devrait se situer dans la moyenne des cinq dernières années.
La campagne devrait se situer dans la moyenne des cinq dernières années. - © J.C. Gutner

Il est un peu tôt dans l’année pour obtenir plus de précisions. Mais grâce aux tous premiers prélèvements réalisés en parcelles, la profession « pense pouvoir situer la campagne dans la moyenne des cinq dernières années », assure Xavier Laude, président de la Commission interdépartementale betteravière du Nord et du Pas-de-Calais (CIB). Les conditions d’implantation ont été correctes. À la mi-mars, l’ensemble des semis avait été réalisé et les betteraves sont « bien parties » poursuit le responsable. Le nombre d’hectare est toutefois en baisse cette année, à 53 000 ha contre 57 800 l’an dernier. Notamment parce que le groupe coopératif sucrier « Tereos a proposé des contrats annuels à la baisse », explique Xavier Laude.

Dans la moyenne
Alors que le sud de la Picardie, la Marne ou encore l’Alsace connaissent un retard végétatif (lié principalement au manque d’eau), le Nord-Pas de Calais s’en sort mieux. « Les betteraves ont une végétation plus importante, assure Xavier Laude. Certes moins forte que certaines années, mais nous sommes moins inquiets que les autres régions. » La région bénéficie en effet d’un sol plus profond et des réserves en eau plus grandes. Le taux de sucre devrait se situer autour de 16 %. « C’est un taux classique, il n’y a rien d’exceptionnel », commente le président de la CIB. Dans les autres régions ce taux est parfois très élevé en raison de la petite taille de la plante, mais l’écart pourrait ne pas durer. « Il faut attendre le mois qui arrive pour voir comment les choses vont évoluer », ajoute Xavier Laude.
Si l’état sanitaire « n’est pas mauvais », l’Institut technique de la betterave (ITB) a tout de même appelé à la vigilance la semaine dernière : « le nombre de parcelles atteignant le seuil de nuisibilité s’accroît fortement. La progression atteint 61 % et pourrait dépasser 90 %, si on se réfère à l’évolution des années antérieures. Ce pic d’arrivée des maladies correspond à une date d’année moyenne (10 jours plus tard que 2014 et 15 jours plus tôt que 2013) », observe l’Institut dans une note d’information du 4 août publiée sur son site internet. « Les premiers traitements ont pu être réalisés mais pas nécessairement dans toutes les zones », précise Xavier Laude, qui conclut sur la campagne : « On garde l’espoir d’être dans une année correcte ».

Les stocks fondent
Concernant le prix du sucre (cf. encadré Zoom sur…), Xavier Laude ne cache pas que la profession aimerait que le marché mondial se redresse. D’après lui le marché européen semble se stabiliser plus depuis le mois de juin : « Le prix est actuellement autour de 420 € la tonne. On se contente du fait que ça ne baisse plus ». Il pourrait même y avoir un petit redressement, avance-t-il, mais qui reste à confirmer. « Les stocks européens ont fondu et on se demande si cela ne va pas s’accentuer, explique-t-il. En Allemagne la situation n’a pas l’air exceptionnelle non plus, donc si récolte n’est pas très bonne les stocks vont diminuer encore. Reste à savoir comment va réagir la Commission européenne ; car si les prix augmentent trop vite, elle peut mettre en place des aides à l’importation. »
Concernant la campagne 2016, des contrats supplémentaires devraient être proposés aux agriculteurs par le groupe Tereos notamment. « Pour l’instant les planteurs ont été prévenus mais il n’y a pas de propositions concrètes, précise Xavier Laude. L’idée est d’anticiper 2017. » Il s’agira alors de la dernière campagne avant la fin des quotas.

Laura Béheulière

Zoom sur... Le cours atteint son plus bas niveau en Europe depuis cinq ans

En Europe, le dernier prix du sucre publié début août (pour le mois de mai) a atteint son plus bas niveau depuis cinq ans à 419 euros la tonne. « Depuis cinq ans, l’excédent de sucre sur le marché mondial est de sept millions de tonnes. Cela pèse sur le prix », explique Gilles Vanackere, directeur adjoint des fabricants français de sucre (SNFS). Pour la prochaine campagne 2015-2016, il est difficile d’avoir des certitudes sur les cours. Néanmoins, Gilles Vanackere, citant l’Iso (Organisation mondiale du sucre), explique avec prudence : « L’augmentation des stocks mondiaux pourrait ralentir voir se stabiliser. Cela entraînerait une stabilisation du prix mondial ». Côté européen, les surfaces communautaires de betteraves pour la campagne 2015/16 sont, à ce stade, estimées en recul de 14 % à moins de 1,4 millions d’hectares, niveau le plus faible depuis 2006.

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